L’U­nion euro­péenne inquiète

L’U­nion euro­péenne inquiète

Com­mu­ni­qué de presse

Les urnes ayant par­lé, les pré­ten­dues élites donnent de la voix : le peuple, une fois de plus, s’est trom­pé. Il ne croit pas aux béné­fices de la mon­dia­li­sa­tion, il méprise les ver­tus de l’immigration, il est insen­sible aux charmes des dik­tats tech­no­cra­tiques de Bruxelles. Bref, les Ita­liens sont des sots, des gueux et des méchants, comme les Hon­grois qui ont réélu Orban, les Alle­mands qui ont voté AfD, etc. Le suf­frage uni­ver­sel, nous fait-on savoir, est deve­nu un ins­tru­ment impré­vi­sible et dan­ge­reux qui laisse le peuple déci­der, alors que le peuple doit obéir à ses doux maîtres euro­péens. Ces mêmes maîtres qui mani­festent leur com­pé­tence, leur téna­ci­té et leur volon­té face aux attaques de Trump, à la concur­rence chi­noise, aux menaces d’Erdogan et ne conçoivent l’exercice du pou­voir que comme le déni constant de la volon­té des peuples. La chose est d’une iro­nie constante, et ce déni per­ma­nent de la légi­ti­mi­té de votes régu­liè­re­ment expri­més en faveur de par­tis auto­ri­sés, dit assez la valeur véri­ta­ble­ment accor­dée au Peuple, à la Démo­cra­tie et à la Liber­té par tous ceux qui ont pour­tant en per­ma­nence ces grands mots à la bouche !

Il est bien trop tôt pour éva­luer la per­ti­nence du choix des Ita­liens, et nous ne pou­vons en juger qu’en fonc­tion de notre inté­rêt natio­nal fran­çais. Il est aus­si trop tôt pour pré­dire l’échec ou le suc­cès des poli­tiques ita­liennes à venir, qui auront contre elles toute la puis­sance sans frein des tech­no­crates de l’UE et des sec­ta­teurs euro­péistes, qui ont mon­tré avec la Grèce l’étendue de leur pos­sible mal­fai­sance. Le pre­mier effet cer­tain, pour la France, est qu’Emmanuel Macron, qui se rêve en refon­da­teur d’une Europe encore plus mépri­sante des nations, est pri­vé d’un allié. Le pré­sident fran­çais, à défaut de des­tin euro­péen, va devoir se recen­trer sur son pays et, au lieu de légi­fé­rer sur la vitesse des routes dépar­te­men­tales, s’attaquer à ce qui consti­tue véri­ta­ble­ment sa mis­sion : le redres­se­ment natio­nal. Il est clair qu’il ne passe ni par la mon­dia­li­sa­tion, qu’il a constam­ment favo­ri­sée, ni par l’immigration, qu’il n’entend pas jugu­ler, ni par la dis­so­lu­tion dans l’UE, qui est de plus en plus contes­tée par les Européens.