Contre la PMA et l’immigration : un même combat pour l’homme

Contre la PMA et l’immigration : un même combat pour l’homme

Par François Marcilhac

L’impressionnante manifestation  –  quelque 600 000 opposants à la dénaturation de la filiation – de ce dimanche 6 octobre contre la PMA et, plus généralement, contre un projet de loi de bioéthique qui  fait se demander si le pays légal n’est pas tombé sur la tête, aura été une réponse cinglante à un pouvoir qui croyait que la PMA, c’était plié, alors que 83  % des Français pensent que les enfants nés de la PMA ont le droit d’avoir et un père et une mère comme tous les autres. Certes, la société Occurrence, in-dé-pen-dan-te,comme il se doit, mais tout de même très très proche du pouvoir, a fait un compte différent  : 74 500 manifestants – nous apprécions particulièrement les  500  : pourquoi ne pas être allé à l’unité près  ? Qu’importe ! Macron, qui a fait ses classes chez Hollande, emploie sur la dénaturation de la filiation les mêmes recettes éculées et, finalement ridicules, que son prédécesseur sur la dénaturation du mariage. Le principal est que le socle civilisationnel ait pu être réaffirmé avec force dimanche, contre les délires du pays légal. Non, les Français ne sont pas des veaux. Ils refusent qu’on leur impose à chaque nouveau quinquennat un délire sociétal supplémentaire – au prochain  : la GPA  ? Et ils le disent avec force. Même Libération est forcé de le reconnaître, qui parle d’un «  retour réussi  » de ce que le quotidien ulta-sociétal appelle les «  ultraconservateurs »et que nous, nous nous contenterons d’appeler les Français de bon sens. On verra si, comme pour le mariage «  pour tous  », la mobilisation ne fera que s’étoffer encore pour les prochaines manifestations, les 1er décembre,19 janvier, 8 mars – pour la journée internationale de la femme  –, 17 mai – pour la journée internationale de lutte contre l’homophobie – et 14 juin prochains : on le voit certaines de ces dates ont été judicieusement choisies.

Le comte de Paris a publié un communiqué, dimanche, dont chaque mot est pesé, la référence à Bernanos ne pouvant que nous aller droit au cœur  : car le Prince va à l’essentiel en dénonçant les fruits monstrueux de l’alliance de la technique et du Marché  : «  Les lois de bioéthique actuellement débattues au Parlement sont extrêmement inquiétantes pour notre société. Un monde gagné pour la technique est perdu pour la liberté, écrivait Georges Bernanos. Il est encore temps d’empêcher le Marché de se saisir de nos désirs pour nous entraîner dans un monde inhumain.

Notre système de santé doit continuer à servir l’humanité, et non l’asservir, à être l’instrument d’une vraie justice sociale et non celui de l’assouvissement de tous nos désirs. En libéralisant sans limite l’usage de la PMA, nous organisons un marché de l’enfant à plusieurs vitesses  ; qui garantira les droits de chacun et d’abord ceux de l’enfant  ?

J’appelle notre pays à prendre le vrai recul nécessaire à des décisions si déterminantes pour notre futur commun.  »

Oui, prendre le recul nécessaire permettra, en effet,de juger l’abomination de réformes qui sapent toujours plus les fondements de notre société, au service d’un individualisme consumériste devenu pathologique.

Macron joue de malchance : après la réussite de la manif contre la PMA, dont les médias aux ordres ont évidemment très peu parlé, ne voilà-t-il pas que son grand débat sur l’immigration, déplacé de lundi dernier à ce lundi 7 octobre en raison de la mort de Jacques Chirac, fait un flop aussi retentissant que justifié ! Lui qui voulait en faire un moment fondateur de l’ « acte II » de son quinquennat et une arme de destruction massive de ce qu’il reste des Républicains… C’est devant un hémicycle clairsemé que le Premier ministre, puis trois ministres – rien que ça ! – ont déballé leur « en même temps » immigrationniste. Philippe a ainsi exprimé son souci d’aborder la question « sans tabou », mais « sans rien renier de nos principes », républicains, va sans dire, car il est favorable à « une politique d’immigration sans coups de menton et sans naïveté », avouant tout de même, que « le système français d’asile est saturé » mais déclarant que l’ « immigration zéro » et la fin du droit du sol, sont des « fausses solutions ». Bref, circulez, y rien à voir !Continuons comme avant ! Il a bien évidemment ressorti le serpent de mer des quotas pour l’immigration professionnelle, tout en assurant, bien entendu,que l’asile et l’immigration familiale seraient exclus de cette politique. L’asile,s’entend, du moins si elle n’est plus détournée, mais le regroupement familial,encore élargi il y a quelques mois ?

Toutefois, faut-il croire le très chiraquien Guillaume Larrivé, en campagne électorale pour la présidence de LR, quand il préconise, sur le mode de la charte de l’environnement, une charte de l’immigration adossée à la constitution, ainsi que de revenir sur plusieurs engagements internationaux, voire sur le droit du sol issu de la loi 1889 qui, en l’état,en effet, n’est plus tenable  ? Car qui dit droit du sol, dit souveraineté du sol, ce qui n’est plus le cas de la France depuis Maastricht. De plus, qu’est-ce qu’un droit du sol étendu depuis des décennies aux enfants des clandestins  ? Mais comment oublier que de Giscard à Sarkozy en passant par Chirac, c’est la droite qui est la première responsable, bien avant la gauche, du chaos migratoire, puisque c’est elle qui a organisé les filières de l’immigration légale et tolérer, voire encouragé l’immigration illégale  ? Comment croire aussi qu’un LR européiste aura le courage de rompre avec la doxa de l’Union en matière d’immigration, voire avec différents traités  ? Marine Le Pen n’a pas eu tort de dénoncer, chez les immigrationnistes, cet «  homme interchangeable, sans identité ni repère, qui n’est qu’un rouage dans le grand commerce mondial  ». Et de réclamer «  un grand référendum  » plutôt qu’un «  petit débat sans vote  ». Ou comment la lutte contre le déferlement migratoire et le combat contre la PMA relèvent d’un même refus  : celui d’un marché tout puissant, destructeur des familles comme des nations.