Vote du Ceta : le libre-échange n’a plus la cote dans la politique française
French members of Parliament leaves the National Assembly hemicycle after a vote to ratify the CETA during a session at the French National Assembly in Paris on July 23, 2019 as screens indicated the result of the vote which has been voted by 266 votes for and 213 against the bill. - The Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) went into effect in practically its entirety in September 2017 and so far has been ratified by 13 of the 28 European Union member states and Canada. The pact removes tariffs on nearly all goods and services between Canada and Europe, which the EU says eliminates 590 million euros ($890 million Canadian/$665 million) in customs duties each year. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Vote du Ceta : le libre-échange n’a plus la cote dans la politique française

Les députés français ont ratifié le traité de libre-échange avec le Canada ce mardi 23 juillet. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP

FIGAROVOX.- La ratification du Ceta a été votée à l’Assemblée nationale par une petite majorité (à une cinquantaine de voix près). Cette décision divise jusque dans la majorité (52 « marcheurs » se sont abstenus et 9 ont voté contre). Qu’est-ce que cela nous apprend des rapports de force au sein de la majorité présidentielle ?

Benjamin MOREL.- Cela implique en fait deux choses : la première est que, en effet, il y a du « en même temps » dans le macronisme. Mais ce n’est pas propre au macronisme. En France pour gagner des élections avec le mode de scrutin en vigueur, il convient de réunir environ 35 % des inscrits. Or pour ce faire, il faut brasser large. Les partis à vocation majoritaire deviennent donc ce que l’on appelle des partis « attrape-tout », développant des discours divers et pas toujours conciliables entre eux. Ce fut le cas du PS et des Républicains. C’est aujourd’hui le cas de LREM et du RN et même de la France insoumise. Cela fonctionne très bien, tant que vous avez une chance de gagner les élections.

En l’occurrence, le macronisme a développé un discours à la fois écologiste, libéral et européen. Le problème, c’est que l’élément écologiste souffre de sa friction avec les deux autres éléments. Il n’est pas facile de prôner une réduction des émissions et le libre-échange. Emmanuel Macron a sur ce point été toutefois plus équilibré qu’on ne le dit. S’il fut, de loin, le plus enthousiaste des candidats en 2017 sur le sujet du Ceta, il n’a pas été d’un grand entrain pour pousser à la négociation des accords sur le Mercosour. Toutefois, Emmanuel Macron est aussi un Européen. Or l’Europe est isolée et l’Allemagne, dont il a besoin pour réformer l’Europe, doit trouver de nouveaux débouchés pour ses produits. D’une certaine façon, on peut dire qu’Emmanuel Macron est d’abord européen, ensuite libéral et enfin écologiste… Ce n’est pas le cas de tous les parlementaires LREM. S’ils sont tous d’accord pour plus d’Europe, de libéralisme et d’écologie… ils ne mettraient pas forcément ces éléments dans le même ordre.

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