Roya­listes et Gilets jaunes, aujourd’hui.
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Roya­listes et Gilets jaunes, aujourd’hui.

En ce début février, les mani­fes­ta­tions des Gilets jaunes n’ont pas ces­sé, et si le nombre des mani­fes­tants semble décroître, il n’est pas cer­tain que les rai­sons de mani­fes­ter, elles, sont moins nom­breuses ou moins impor­tantes. En ce sens, le grand débat natio­nal, pour moti­vant qu’il soit pour la réflexion et la pro­po­si­tion, n’est ni suf­fi­sant ni satis­fai­sant pour apai­ser les colères mul­tiples qui ont enva­hi le champ social et les lices poli­tiques, ce qui ne signi­fie pas qu’il faille le déser­ter mais sim­ple­ment qu’il ne faut pas en attendre grand-chose de concret, réfé­ren­dum ou non.

Désor­mais, le same­di est deve­nu, au fil des semaines, le mar­queur des mani­fes­ta­tions, et le calen­drier pas­sé en compte déjà douze depuis le 17 novembre, date inau­gu­rale des pro­me­nades en jaune. Les roya­listes y ont sor­ti régu­liè­re­ment leurs dra­peaux, comme nombre d’autres mou­vances, et la pho­to d’un sacré-cœur chouan côtoyant le por­trait de Che Gue­va­ra en est la plus récente illus­tra­tion, inat­ten­due autant que sur­pre­nante pour qui oublie les conjonc­tions para­doxales des temps d’épreuves et de tem­pêtes : en 1940, les roya­listes d’honneur que furent Hono­ré d’Estienne d’Orves, le colo­nel Rémy ou le came­lot du roi Luc Robet, et tant d’autres, ne se posaient pas la ques­tion des opi­nions de ceux qui par­ta­geaient leur aver­sion pour cette Occu­pa­tion mal­ve­nue et cho­quante que tous subis­saient. Bien sûr, et fort heu­reu­se­ment, nous ne sommes pas en 1940, mais, pour nombre de roya­listes sans œillères et lec­teurs de Ber­na­nos, l’alliance des « Blancs » et des « Rouges » contre le Pou­voir en place et pour la reven­di­ca­tion, fort légi­time, de jus­tice sociale (for­mule chère aux monar­chistes qui n’oublient pas que c’est le roi Louis XVI qui l’a « inven­tée » !), peut jus­ti­fier ces com­pa­gnon­nages étranges et limi­tés dans le temps. D’ailleurs, en réac­tion à cet état de fait, cer­tains pro­vo­ca­teurs se récla­mant d’un nihi­lisme bru­tal ou d’un trots­kisme sur­an­né n’ont pas hési­té à jouer les « épu­ra­teurs » contre les volon­taires du Roi, au risque de faire le jeu d’un Pou­voir qu’ils disent com­battre quand, concrè­te­ment, ils le pro­tègent par leurs exclu­sives politiciennes.

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