L’arrestation de Féli­cien Kabu­ga, ou quand les médias rajoutent un cha­pitre à la fausse his­toire du géno­cide du Rwanda
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L’arrestation de Féli­cien Kabu­ga, ou quand les médias rajoutent un cha­pitre à la fausse his­toire du géno­cide du Rwanda

Par Ber­nard Lugan

Féli­cien Kabu­ga qui vient d’être arrê­té en France est pré­sen­té comme étant à la fois le finan­cier de l’Aka­zu, une cel­lule fami­liale qui aurait pré­pa­ré le géno­cide, et le fon­da­teur des Inter­ahamwe, milice asso­ciée au géno­cide des Tut­si et des Hutu alliés au FPR du géné­ral Kaga­mé, les « Hutu modé­rés » des médias. Or, l’Akazu n’a jamais exis­té et Féli­cien Kabu­ga n’a pas fon­dé les Inter­ahamwe.
1) L’Aka­zu n’a jamais exis­té
Devant le TPIR, le Pro­cu­reur a échoué à convaincre les juges « au-delà de tout doute pos­sible », que :- le géno­cide du Rwan­da avait été pla­ni­fié au sein de l’Aka­zu, une pré­ten­due cel­lule fami­liale pos­tu­lée avoir été finan­cée par Féli­cien Kabu­ga et diri­gée par Pro­tais Zigi­ra­nyi­ra­zo, beau-frère du pré­sident Habya­ri­ma­na, ‑que le maître‑d’œuvre de cette opé­ra­tion cri­mi­nelle était le colo­nel Théo­neste Bago­so­ra, qu’il pré­sen­tait comme le« cer­veau du géno­cide ».
Consi­dé­rant que le Pro­cu­reur n’avait « pas éta­bli le bien-fon­dé de sa thèse » , dans leur juge­ment du 18 décembre 2008, tout en le condam­nant pour n’avoir pas su contrô­ler ses pré­ten­dus subor­don­nés, les juges acquit­tèrent le colo­nel Bago­so­ra du prin­ci­pal chef d’accusation, l’ « entente en vue de com­mettre un géno­cide ». Celui qui avait été pré­sen­té comme le « cer­veau » du géno­cide n’avait donc pas pro­gram­mé ce dernier…Puis, le 16 novembre 2009, la Chambre d’appel du TPIR acquit­ta Pro­tais Zigi­ra­nyi­ra­zo, le chef du pré­ten­du Aka­zu. Il était d’ailleurs dif­fi­cile de faire autre­ment car la Défense avait démon­tré que l’Aka­zu n’avait jamais exis­té puisqu’il s’agissait d’une inven­tion de l’opposition au pré­sident Habyarimana…Les deux « inven­teurs » vinrent même témoi­gner devant le TPIR pour expli­quer toute l’affaire (voir à ce sujet mes publi­ca­tions citées en fin de communiqué).

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