La Chro­nique de Fré­dé­ric WINKLER

La Chro­nique de Fré­dé­ric WINKLER

Liber­tés, des racines à la Quête 

TERE DE FRANCE, MULT ESTES DULZ PAIS (Chan­son de Roland)

Lan­za del Vas­to disait : « Tais-toi beau­coup pour avoir quelque chose à dire qui vaille d’être enten­du. Mais encore tais-toi pour t’entendre toi-même ». 
La terre de France est ven­due aux plus offrants, lorsque l’on ne la donne pas, comme ce fut le cas pour les Min­quiers et les Ecre­hous en 1953. Lorsque nos « prê­teurs » finan­ciers récla­me­ront les dettes abys­sales de l’Etat ripou­bli­cain, inca­pable de payer, qui sait ce qu’ils pren­dront ! On ne res­pecte plus ni les Champs, châ­teaux, domaines, jar­dins, mai­sons, rivières et lacs jus­qu’aux églises que l’on détruit et les monas­tères qu’on exporte, pierre par pierre à l’étranger. Tout est sol­dé dans notre pays de cocagne ! Les sites avec vue impre­nable, ports et décors de vacances deviennent pro­prié­tés pri­vées pour des tou­ristes d’ailleurs. 

Mais ce n’est pas tout car l’u­sine est fer­mée, raflée. L’a­te­lier et l’en­tre­pôt, la spé­ci­fi­ci­té fran­çaise et le savoir-faire dis­pa­raissent. Le maga­sin, la bou­tique, les champs, croulent sous une fis­ca­li­té hon­teuse. Cela même avec, quel­que­fois des ministres se ridi­cu­li­sant en lais­sant croire aux bonnes affaires pour la France, lors­qu’un fleu­ron de notre éco­no­mie part à l’é­tran­ger. On délo­ca­lise, mot la mode, pour ne pas dire que l’on dévi­sage et déshu­ma­nise nos spé­ci­fi­ci­tés. Voi­là triste mais véri­dique la consta­ta­tion de notre vécu d’au­jourd’­hui. 

Les métros sont deve­nus des lieux de vie pour men­diants et « SDF » dont cer­tains, don­nèrent pour­tant leur sang pour la liber­té de ceux qui, par dédain, les croisent en les oubliant. Alors que nous assis­tons à cette socié­té du spec­tacle où l’argent coule à flot et navigue, quand il n’en­graisse pas des inutiles, simu­lant la gou­ver­nance de nos ins­ti­tu­tions.

Le libé­ra­lisme a cou­vert au nom du pro­gres­sisme, nos villes, de tours immondes où s’est entas­sé par néces­si­té, le peuple désar­gen­té. Alain Pau­card avait par­lé du règne des « Cri­mi­nel du béton » dans un pam­phlet. Ces loge­ments sont à l’i­mage de l’homme dési­ré par nos tech­no­crates : ano­nymes, cos­mo­po­lites et déra­ci­nés… L’homme ne res­pec­te­ra son envi­ron­ne­ment cita­din que lorsque celui-ci sera har­mo­ni­sé avec la nature, dans le sens du beau, du bon et du bien, non pas, comme trop sou­vent, dépour­vu de vie, de beau­té, d’es­pace verts, véri­tables ghet­tos agres­sifs aux cou­leurs criardes, tout à fait étran­ger à notre éthique his­to­rique. 

Quant aux pay­sans, ils sont endet­tés. Ce n’est que sou­pirs, plaintes dans les autres pro­fes­sions, comme pour la jeu­nesse, cela se ter­mine quel­que­fois par la dépres­sion et le sui­cide ! Ce sys­tème a créé les cultures inten­sives, favo­ri­sé les regrou­pe­ments des terres avec les Safer, de tristes mémoires, pour le pro­fit des plus gros, détrui­sant des cultures mul­ti­sé­cu­laires, fruit de la souf­france comme de la richesse d’un monde pay­san en dis­pa­ri­tion. Mais pas seule­ment car ces des­truc­tions imbé­ciles, mas­sives des haies ances­trales, pro­té­geaient la faune et la flore, que l’on refait benoi­te­ment aujourd’­hui, se ren­dant compte de la catas­trophe dont l’incidence est aus­si cli­ma­tique. La poli­tique révo­lu­tion­naire du « table rase » est une uto­pie intel­lec­tuelle, il était temps de s’en rendre compte ! 

Mais était-ce pour décou­ra­ger de « nou­veaux Chouans » qui dési­re­raient s’y cacher, comme le dit la chan­son de Gilles Ser­vat : « Madame la col­line », véri­table plai­doyer contre les bull­do­zers et les tron­çon­neuses. La répu­blique aurait-elle peur d’une autre révolte à l’Ouest, n’a-t-elle pas fait déjà ce qu’il fal­lait pour éli­mi­ner les Bre­tons ? De la Révo­lu­tion à la Guerre de 14 en pas­sant par le Camp de Conlie !!!

Bref, la répu­blique détruit l’a­gri­cul­teur, métier jadis libre par excel­lence et dont la voca­tion est de nour­rir son prochain…Cet uni­vers croule aujourd’­hui sous les charges et les contraintes éta­tiques les plus diverses. L’emprise des trusts finan­ciers se fait de plus en plus sen­tir, la nour­ri­ture indus­trielle tente de rem­pla­cer la tra­di­tion­nelle pro­duc­tion nutri­tive. La com­mu­nau­té euro­péenne dirige l’é­co­no­mie Fran­çaise, « geler » la terre, lais­ser en friche, quelle honte, exode rural, pol­lu­tion, déser­ti­fi­ca­tion, aban­don des com­mu­nau­tés rurales, arra­chage des vignes, quo­tas lai­tiers, des­truc­tion du chep­tel, recon­ver­sion, remem­bre­ment. N’ou­blions jamais que le monde rural est la sève de notre peuple et sa dis­pa­ri­tion sera sans retour. Pour se libé­rer des fléaux comme la fis­ca­li­té, il faut éta­blir de saines ins­ti­tu­tions pour remé­dier aux inac­cep­tables situa­tions des dému­nis comme aux pres­sions sur la com­mu­nau­té natio­nale. De nom­breuses mesures per­met­traient de réduire la misère morale et sociale qui règne dans notre pays et ain­si redon­ner aux citoyens l’es­pé­rance d’un ave­nir meilleur. L’ur­ba­nisme mieux géré per­met­tra à notre jeu­nesse de connaître d’autres hori­zons que l’u­ni­vers res­treint des tours grises, par­kings et centres com­mer­ciaux des ban­lieues étouf­fantes. 

Un Etat qui depuis des années laisse s’ins­tal­ler la misère du monde sur notre ter­ri­toire, appau­vris­sant un peu plus sa popu­la­tion qu’il devrait pro­té­ger, ne lais­sant aucune chance d’intégration pour ceux qui le dési­rent réel­le­ment. Un Etat qui auto­rise des « zones de non droit » dans les­quelles s’ins­tallent des com­merces paral­lèles et des tra­fics, tolé­rant chaque jour des agres­sions, des viols, des tra­fics, des enlè­ve­ments, des bra­quages, des assas­si­nats, des tor­tures. Un Etat qui laisse des armes de guerre cir­cu­ler dans des endroits bien connus et dont nos com­merces en sont, chaque jour, les vic­times. Une jus­tice à deux vitesses, trou­vant conti­nuel­le­ment des excuses à des agres­seurs alors que la popu­la­tion souffre de ses inco­hé­rences
La répu­blique détruit tout ce qui nous est cher comme le tis­su social. Le bilan est lourd aujourd’hui, depuis plus de deux cent ans, ce n’est que men­songes, révoltes et mas­sacres, endet­te­ment, déshu­ma­ni­sa­tion, vols des biens sociaux ouvriers et pillage des valeurs qui fai­saient la gran­deur de la France. Aujourd’hui, à coup d’Ordonnances, elle limite les droits sociaux comme les pro­tec­tions élé­men­taires du peuple. Une caste de par­ve­nus confisque l’énergie éco­no­mique et finan­cière de notre pays au nom d’une soi-disant « liber­té » ayant détruits les liber­tés réelles, vécues jadis. C’est ain­si en s’y récla­mant, que la répu­blique berne le peuple dont elle a enle­vé toute volon­té et pou­voirs. Bref qu’elle soit maquillée de rose, rouge ou bleu, elle entraîne notre pays vers sa dis­pa­ri­tion, trans­for­mant les citoyens en « agent éco­no­mique » cor­véables à mer­ci, numé­ro­tés, éti­que­tés, contrô­lés, comme le disait Prou­dhon. Bref des robots qui demain seront délo­ca­li­sables pour le pro­fit des puis­sances d’argent qui dirigent les pal­to­quais poli­ti­ciens, tou­jours entou­rés d’ailleurs de « cor­ni­chons » à l’abri des cou­rants d’air, chers à Ber­na­nos, for­ma­tés BFMTV, nous entraî­nant chaque jour, un peu plus vers l’a­bime… Il suf­fit pour­tant de regar­der ce sys­tème, d‘avoir un peu d’analyse, de sens cri­tique et ne pas perdre de temps à croire inlas­sa­ble­ment à une bonne répu­blique, comme à une Vie, comme les « benêts » devant un rêve impos­sible !

Mais qu’importe, notre espé­rance est ailleurs, dans les esprits libres de demain, qui repren­dront leur des­tin en main et déci­der dans tout ce qui les touche, c’est le prin­cipe de sub­si­dia­ri­té. Cette res­pon­sa­bi­li­té, ce sens des liber­tés, que nous avons oublié par paresse, par­fois sou­mis­sion ou confort mais que le sys­tème s’est appro­prié bou­li­mi­que­ment. 

Il est temps en effet, que la France retrouve le che­min de l’é­lé­va­tion, celui des pro­messes de son bap­tême, comme aimait à dire Jean Paul II, celui d’une des­ti­née com­mu­nau­taire et non maté­ria­liste aux ordres d’un inter­na­tio­na­lisme finan­cier. Pour sym­bo­li­ser ce che­min oublié, écou­tons Jean Gio­not dans « La Chasse au Bon­heur » : « Il faut faire notre bilan. Nous avons un héri­tage lais­sé par la nature et par nos ancêtres…Une his­toire est res­tée ins­crite dans les pierres des monu­ments ; le pas­sé ne peut pas être entiè­re­ment abo­li sans assé­cher de façon inhu­maine tout ave­nir. Les choses se trans­forment sous nos yeux avec une extra­or­di­naire vitesse. Et on ne peut pas tou­jours pré­tendre que cette trans­for­ma­tion soit un progrès…Nos « des­truc­tions » sont innom­brables. Telle prai­rie, telle forêt, telle col­line sont la proie des bull­do­zers et autres engins ; on apla­nit, ou rec­ti­fie, on uti­lise ; mais on uti­lise tou­jours dans le sens maté­riel, qui est for­cé­ment le plus bas. Telle val­lée, on la barre, tel fleuve, on le cana­lise, tel eau on la tur­bine. On fait du papier jour­nal avec des cèdres dont les croi­sés ont rame­né les graines dans leurs poches. Pour rendre les routes « rou­lantes » on met à bas les ali­gne­ments d’arbres de Sul­ly. Pour créer des par­kings, on démo­lit des cha­pelles romanes, des hôtels du XVIIe, de vieilles halles…Qu’on rejette avec un dégoût qu’on ne va pas tar­der à payer très cher tout ce qui jusqu’ici, fai­sait le bon­heur des hommes »

Nous dési­rons appor­ter une ana­lyse struc­tu­rée afin de construire. Les moyens de com­mu­ni­ca­tion res­tent un outil créant une opi­nion sym­pa­thi­sante, plus qu’hier, néces­saires à la solu­tion libé­ra­trice et empi­ri­que­ment royale. L’Etat répu­bli­cain s’écroulera de ses incom­pé­tences et scan­dales, comme de l’exaspération de la popu­la­tion. 

Mais tant que la majo­ri­té des citoyens vivra dans un faux bon­heur maté­ria­liste, tant que l’homme se cou­che­ra au lieu de s’élever, rien n’avancera. Il ne s’agit pas de refaire ce qui a exis­té, comme disait Paul Valé­ry, mais de retrou­ver l’esprit qui ani­mait les bâtis­seurs de cathé­drales. Cela ne veut pas dire qu’il faille attendre. Cela veut dire qu’il faut, chaque jour, faire avan­cer ses idées et convaincre. Il faut que cha­cun prenne conscience de l’a­ve­nir que nous pré­pare les finan­ciers du Nou­vel ordre Mon­dial. Le « prêt à pen­ser » cou­plé par le maté­ria­lisme que nous avons, par fai­blesse accep­té nous entraînent vers l’a­bê­tis­se­ment et l’a­bais­se­ment de l’es­prit humain. Non qu’il faille se détour­ner de ce que la tech­nique apporte mais ne pas en être dépen­dant, gagner en auto­no­mie dans l’alimentation comme dans le com­por­te­ment. S’alimenter chez les petits pro­duc­teurs proches comme se détour­ner des super­mar­chés du mon­dia­lisme, c’est un che­min deman­dant un effort sur soi-même, une révo­lu­tion inté­rieure.

Les liber­tés à reprendre se nomment : famille, métiers, com­munes, villes, salaires, repos, condi­tions de vie, de tra­vail, retraites et appren­tis­sages, iden­ti­té et culture, fran­co­pho­nie et langues régio­nales, bref la citoyen­ne­té pleine et entière, telle que l’en­ten­daient les grecs anciens dans la Cité. Amé­na­ger le maxi­mum de nature et d’es­pace verts dans nos cités pour retrou­ver l’har­mo­nie et l’é­qui­libre dans nos vies. Recher­chez dans vos archives muni­ci­pales, dans les affran­chis­se­ments des com­munes aux temps médié­vaux et vous ver­rez l’am­pleur des droits et pou­voirs per­dus. Il n’y a pas de régime idéal mais reste seule­ment celui qui for­gea notre his­toire. Celui qui apporte cette pos­si­bi­li­té du bien, cette vie com­mu­nau­taire dis­pa­rue et oubliée. 

Chaque jour, être imper­méable aux sirènes du régime comme retis­ser les rela­tions sociales. Trou­ver, retrou­ver ce temps où nous nous regar­dions, dans notre pays, en frères. Ne jamais pen­ser que c’est irréa­li­sable et que vous êtes seule, le sys­tème s’é­ver­tue à vous le faire croire. Lorsque des dizaines de gens com­men­ce­ront à réagir ain­si, beau­coup de choses chan­ge­ront. Retrou­ver l’hu­ma­nisme de notre sang par l’é­thique che­va­le­resque que nous défen­dons, cour­toi­sie, sens du ser­vice, res­pect et hon­neur, voi­là ce qui fera la dif­fé­rence demain. Il est temps et puis qu’importe les rési­gnés, nous devons renouer ce lien sécu­laire de Peuple et Roi. Scel­ler un nou­veau des­tin com­mun, une nou­velle aven­ture, retrou­vons ce fil conduc­teur comme l’envol de l’oiseau France qui, au-delà de la droite et la gauche, tel un phé­nix renaît de ses cendres, pour le sou­rire demain aux visages de nos enfants… Notre jour vien­dra !