Nos enjeux européens

Nos enjeux européens

La cam­pagne en vue des élec­tions au Par­le­ment de Stras­bourg mêle les consi­dé­ra­tions sur l’avenir de l’Union euro­péenne et les affron­te­ments entre les for­ma­tions poli­tiques de notre pays. Ma voca­tion à l’arbitrage dans le sou­ci pri­mor­dial du bien com­mun et de l’unité du pays me place au-delà des affron­te­ments par­ti­sans. Je n’en méprise pas l’importance pour la vita­li­té de notre sys­tème poli­tique mais je tiens à faire part aux Fran­çais, enga­gés ou non dans cette cam­pagne, des réflexions que m’inspire la tra­di­tion mil­lé­naire que j’incarne.

Fran­çais de toutes reli­gions, classes et ori­gines, nous appar­te­nons à la même nation sou­ve­raine. Nous n’avons pas à reven­di­quer cette sou­ve­rai­ne­té, qui est une réa­li­té his­to­rique et juri­dique. Depuis le roi de France se pro­cla­mant « empe­reur en son royaume » jusqu’au Pré­am­bule de notre Consti­tu­tion réaf­fir­mant que « le prin­cipe de toute sou­ve­rai­ne­té réside essen­tiel­le­ment dans la nation », la France n’a ces­sé de défendre son indé­pen­dance – dont nous avons si sou­vent et si dure­ment payé le prix.

Quand nous étions un royaume et depuis que nous sommes deve­nus une nation, dans les tour­mentes de l’histoire mais tou­jours avec l’État sous la forme de la monar­chie royale, du régime d’Assemblée puis de la monar­chie élec­tive, nous n’avons jamais conçu notre sou­ve­rai­ne­té dans l’isolement. Hor­mis la paren­thèse napo­léo­nienne, la France s’est tou­jours pen­sée et vou­lue comme par­tie pre­nante du concert des nations ; par ses alliances et à défaut par la guerre, la France a tou­jours cher­ché à pré­ser­ver ou à réta­blir l’équilibre euro­péen face aux volon­tés de puis­sances hégémoniques.

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