La répu­blique fédé­rale fran­co-alle­mande
©Federico Gambarini/DPA/MAXPPP

La répu­blique fédé­rale fran­co-alle­mande

Emma­nuel Macron pour­suit son rêve euro­péen avec toute l’intransigeance et la rigueur de l’idéologue que ni le pas­sé ni le pré­sent ne sau­raient éclai­rer. Alors qu’il n’y a jamais eu de couple fran­co-alle­mand mais une Alle­magne qui n’a eu de cesse de domi­ner l’Europe, mili­tai­re­ment ou éco­no­mi­que­ment, alors que la France sort de quatre ans de célé­bra­tions per­met­tant de mesu­rer ce qu’est véri­ta­ble­ment l’Allemagne et de quelle manière des euro­péistes, les paci­fistes et les pré­ten­dus démo­crates ont pré­pa­ré les catas­trophes nazies et com­mu­nistes, voi­là que Macron décide de signer à Aix-la-Cha­pelle (Aachen) un nou­veau trai­té de coopé­ra­tion et d’in­té­gra­tion fran­co-alle­mand après celui de l’Élysée.

Le seul « réseau sans pré­cé­dent de rela­tions bila­té­rales entre leurs socié­tés civiles et leurs pou­voirs publics à tous les niveaux » qui a jamais exis­té depuis 1963 est la manière dont la France a presque tou­jours ser­vi­le­ment obéi à l’Allemagne au pré­texte d’une construc­tion euro­péenne que la répu­blique fran­çaise croyait diri­ger et qui ne lui a per­mis que d’être le mar­che­pied de la nou­velle conquête alle­mande de l’Europe (ce que Macron décrit, en vrai ravi de la crèche, comme « l’a­mi­tié étroite entre la France et l’Al­le­magne [qui] a été déter­mi­nante et demeure un élé­ment indis­pen­sable d’une Union euro­péenne unie, effi­cace, sou­ve­raine et forte »).

Chaque mot du pré­am­bule et de chaque article est soit un men­songe, soit une illu­sion, soit une tra­hi­son. Voi­ci donc Macron qui veut faire conver­ger « de façon ascen­dante » les éco­no­mies et les modèles sociaux alle­mands et fran­çais, en signant avec une chan­ce­lière en bout de course un trai­té qui ne pour­ra abou­tir qu’à nous dépouiller du peu qu’il nous reste : que signi­fie ren­for­cer la coopé­ra­tion indus­trielle quand nous n’avons plus d’industrie et que l’Allemagne pèse sans cesse à la baisse sur les coûts du tra­vail ? Va-t-on don­ner nos bre­vets à l’Allemagne, après avoir raté la fusion Alstom-Sie­mens ? Que signi­fie ren­for­cer notre coopé­ra­tion dans les expor­ta­tions d’armement alors que l’Allemagne a déci­dé, seule, de ne plus rien expor­ter vers l’Arabie saou­dite ? Que signi­fie réaf­fir­mer un ordre inter­na­tio­nal mul­ti­la­té­ra­liste quand l’Allemagne donne sans cesse des gages à Donald Trump, qui ne veut pas de cet ordre ?

Que signi­fie ces ahu­ris­sants articles 5 et 8, où l’on com­prend que les diplo­mates alle­mands et fran­çais sont inter­chan­geables, y com­pris « au sein de leurs repré­sen­ta­tions per­ma­nentes auprès des Nations Unies à New York, en par­ti­cu­lier entre leurs équipes du Conseil de sécu­ri­té, leurs repré­sen­ta­tions per­ma­nentes auprès de l’Or­ga­ni­sa­tion du trai­té de l’At­lan­tique Nord et leurs repré­sen­ta­tions per­ma­nentes auprès de l’U­nion euro­péenne » ?! Et n’a‑t-on défait les nazis que pour écrire, aujourd’hui, que « l’ad­mis­sion de la Répu­blique fédé­rale de l’Al­le­magne en tant que membre per­ma­nent du Conseil de sécu­ri­té des Nations Unies est une prio­ri­té de la diplo­ma­tie fran­co-alle­mande » ?!

Macron, reje­té par­tout en Europe dans toutes ses pro­po­si­tions, que notre “allié” n’a jamais sou­te­nues, veut ins­ti­tuer la répu­blique fédé­rale fran­co-alle­mande, abo­lis­sant les fron­tières qui nous pro­tègent encore un peu de l’ogre éco­no­mique alle­mand, der­nier ava­tar de la volon­té de puis­sance sans frein qui anime cette nation.

L’Ac­tion fran­çaise rejette ce trai­té per­vers et dénonce la tra­hi­son d’Emmanuel Macron et des ins­ti­tu­tions répu­bli­caines qui per­mettent une telle for­fai­ture.