Gilets Jaunes : Bâtir un pro­jet commun

Gilets Jaunes : Bâtir un pro­jet commun

Comme mon père le Comte de Paris qui est inter­ve­nu plu­sieurs fois récem­ment, je suis inquiet de la situa­tion de notre pays.

Le contrat poli­tique et social d’après-guerre ne tient plus. Nous nous accor­dons tous pour dire qu’il faut chan­ger nos sché­mas de pen­sée et nos com­por­te­ments, ne pas vivre au des­sus de nos moyens, res­pec­ter notre envi­ron­ne­ment. Mais si nous n’arrivons pas à résoudre les frac­tures de notre socié­té, nous n’arriverons à rien. Elle sont nom­breuses et pro­fondes, entre les riches et les pauvres, les élites déra­ci­nées et la popu­la­tion, les villes et les ter­ri­toires, les religions.

Les Gilets Jaunes résument ces frac­tures mul­tiples. Ils repré­sentent tous ces Fran­çaises et Fran­çais, qui sup­portent tout depuis plus de trente ans mais qui n’y arrivent plus. Ils n’en peuvent plus de la cher­té de la vie, du poids des impôts et taxes, d’un Etat qui ne les défend pas et qui ne les com­prend même plus. S’agit-il de la France péri­phé­rique ? Je n’aime pas cette expres­sion, elle est très pari­sienne. J’ai été pari­sien, mais depuis que je vis à Dreux je vois les choses autre­ment. D’ailleurs, sur le ter­rain et dans les ter­ri­toires où les gens on gar­dé un cer­tain bon sens, les mani­fes­ta­tions de Gilets Jaunes sont autres. Aux ronds-points l’atmosphère est ami­cale, les échanges sont pos­sibles, les soli­da­ri­tés fonctionnent.

Le grand défi qui attend notre pays, c’est de retrou­ver au plus vite un déno­mi­na­teur com­mun à par­tir duquel avan­cer, un socle com­mun a mini­ma sur lequel nous puis­sions bâtir un pro­jet fédé­ra­teur. Mais com­ment deman­der aux Fran­çaises et aux Fran­çais des sacri­fices, lorsqu’ils n’ont plus confiance dans leurs élites ? Com­ment se pro­je­ter dans l’avenir s’il n’y a pas de vision à long terme ? Com­ment réunir la popu­la­tion autour d’un pro­jet com­mun lorsqu’on est l’élu d’une par­tie de la France contre l’autre ?

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