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Pam­phlets anti­sé­mites de Céline : Macron plu­tôt contre une réédi­tion, mais refuse la censure

Emma­nuel Macron au dîner du Crif, à Paris, le 7 mars 2018. ©LUDOVIC MARIN, AFP

Ne « pas occul­ter la figure de Maurras »

Le chef de l’E­tat a, en revanche, esti­mé qu’il ne fal­lait « pas occul­ter la figure de (Charles) Maur­ras », l’é­cri­vain d’ex­trême droite que sa ministre de la Culture Fran­çoise Nys­sen a fait reti­rer du livret des com­mé­mo­ra­tions 2018 après des pro­tes­ta­tions d’as­so­cia­tions anti­ra­cistes. « Nous devons la regar­der comme fai­sant par­tie de l’his­toire de France, l’oc­cul­ter c’est vou­loir recons­truire une autre forme de refou­lé post-mémo­riel et post-his­to­rique et cela dit quelque chose de nos propres fai­blesses », a‑t-il estimé.

Gal­li­mard a sus­pen­du le pro­jet de réédi­tion, mais sans y renon­cer, après une levée de boucliers.

Emma­nuel Macron a lais­sé entendre qu’il désap­prou­vait le pro­jet de Gal­li­mard de réédi­ter les pam­phlets anti­sé­mites de Céline, mer­cre­di 7 mars lors du dîner du Crif. Le pré­sident s’est cepen­dant dit oppo­sé à la cen­sure et « heu­reux » qu’un tel débat puisse avoir lieu.

« Il n’y a pas dans notre pays de police mémo­rielle et morale des édi­tions dans le sens où je dirais “j’in­ter­dis la publi­ca­tion de ces écrits”. Je ne vais pas tran­cher ce débat mais je veux don­ner quelques indi­ca­tions », a‑t-il expli­qué devant le mil­lier d’in­vi­tés pré­sents, dont une quin­zaine de ses ministres.

« Je ne crois pas que nous avons besoin de ces pamphlets »

« Céline avait sou­hai­té que ces écrits ne soient pas repu­bliés car il en avait en par­tie honte » et « nous avons beau­coup d’oeuvres de Céline qui per­mettent de l’en­sei­gner. Je ne crois pas que nous avons besoin de ces pam­phlets », a‑t-il dit.

« Mais je suis très heu­reux que dans notre pays il puisse y avoir des édi­teurs qui se posent cette ques­tion sans la pur­ger » et sus­citent un « débat adulte ». « Mais vous avez com­pris, je crois, de quel côté j’in­cli­nais », a‑t-il conclu.