Mai­son de la trêve et ter­ri­toires per­dus de la Répu­blique

Mai­son de la trêve et ter­ri­toires per­dus de la Répu­blique

Par Ger­main Phi­lippe

Concer­nant le terme de « sépa­ra­tisme », l’utilisation d’un voca­bu­laire pré­cis, contrai­re­ment à celui en trompe‑l’œil de l’élite média­tique du pays légal, jette un éclai­rage cru sur la réa­li­té de l’Islam. Nous décou­vrons ain­si que la France appar­tient à la « mai­son de la guerre » vouée à la conquête musul­mane. Après une telle prise de conscience, recon­nais­sons que le reste relève de la poé­sie !

Est-ce exa­gé­ré de le pen­ser ? N’en dou­tons pas, les démo­crates nous en accu­se­dé­jà. Ils font mine d’ignorer qu’on ne choi­sit pas son enne­mi mais que c’est l’ennemi qui vous choi­sit. C’est l’Islam qui désigne les mécréants comme ses enne­mis et la France – la mai­son de la guerre – comme un ter­ri­toire à conqué­rir. Le dire clai­re­ment peut ne pas plaire, mais que l’on aime ou que l’on n’aime pas, c’est un fait et les faits sont têtu.

Parce que pour les fran­çais, cette véri­té est raide à ava­ler, l’Islam a mis au point untroi­sième concept inter­mé­diaire, celui de la mai­son de la trêve : Dar as-sulh. C’est l’organisation d’origine égyp­tienne des Frères musul­mans qui a mis au point cette ruse. Leurs juristes ont inven­té cette troi­sième mai­son valable pour les pays comme la France, qui abritent l’immigration musul­mane. Cer­tains com­man­de­ments qui choquent les fran­çais comme la lapi­da­tion des femmes adul­tères ou la poly­ga­mie peuvent ain­si faire l’objet d’un mora­toire. Ce qui per­met en contre­par­tie de deman­der aux auto­ri­tés fran­çaises de ne pas inter­ve­nir dans le domaine de l’Islam.

Cette ruse de la France comme « mai­son de la trève » et de l’islam comme reli­gion de paix, trou­va assez tôt par­mi nos com­pa­triotes, des com­plai­sances, sinon des com­plices, du moins des alliés, voir des col­la­bo­ra­teurs. • Il y eu d’abord le patro­nat d’après 1945, pra­ti­quant l’appel à la main d’œuvre immi­grée, plus docile et moins exi­geante, pour rem­pla­cer les jeunes fran­çais qui se détour­naient des tâches répé­ti­tives au pro­fit du tra­vail « dans les bureaux ». On oublie trop cet escla­vage moderne mis en place par la socié­té indus­trielle.• Il y eu bien sur la géné­ra­tion des jeunes chré­tiens de 1950, tom­bés sous le charme trouble de Louis Mas­si­gnon (1883 – 1962) et de sa thèse du dia­logue avec l’Islam dont l’in­fluence figure dans la décla­ra­tion « Nos­tra Ætate » du concile Vati­can II. Dia­logue d’ailleurs de plus en plus en vogue dans la hié­rar­chie de l’Eglise, alors qu’il est à sens unique.• Il y eut bien enten­du les gau­chistes qui après mai 68 et la décon­fi­ture du grand récit mar­xiste, se détour­nèrent de l’ouvrier fran­çais, deve­nu le « beauf », au pro­fit de la nou­velle figure du pro­lé­taire : le tra­vailleur migrant.• Il y eu vers 1970 les tech­no­crates du pays légal qui favo­ri­sèrent les mesures de type regrou­pe­ment fami­lial afin que les devises ne repartent pas au Magreb mais relancent la consom­ma­tion de masse pour ali­men­ter la fis­ca­li­téde l’Etat-providence. 

Toutes les pla­nètes sem­blaient donc ali­gnées pour assu­rer le suc­cès de la « ruse » de la mai­son de la trêve. Celle qui per­met­tait aux musul­mans de vivre hors de la mai­son de la paix. Effec­ti­ve­ment la loi musul­mane tra­di­tion­nelle inter­di­sait au croyant de s’établir et même de séjour­ner lon­gue­ment par­mi les infi­dèles. Cette ruse de la mai­son de la trêve répon­dait donc à la nou­velle pro­blé­ma­tique de la déco­lo­ni­sa­tion et de la dia­spo­ra musul­mane d’une ampleur tout à fait excep­tion­nelle. Pour­tant c’est bien à par­tir de cette ruse de la mai­son de la trêve que sont éclos les nom­breux « ter­ri­toires per­dus de la Répu­blique ». Ces ter­ri­toires ou presque chaque semaine la loi et les mœurs fran­çaises sont non plus seule­ment bafouées mais bel et bien ouver­te­ment pro­vo­quées. Là encore ne nous lais­sons pas ber­ner par l’embrouille démo­cra­tique qui cherche à renom­mer ces ter­ri­toires per­dus en « TRR », c’est-à-dire Ter­ri­toires de Recon­quête Répu­bli­caine. Comme si la Répu­blique était capable de recon­qué­rir quoi que ce soit, elle qui cède pro­gres­si­ve­ment sur tout.

Les pra­ti­quants de la reli­gion laïque – car la laï­ci­té répu­bli­caine est une reli­gion – ne com­prennent tou­jours pas com­ment cela a pu se pas­ser. Com­ment la République,qui était par­ve­nu à mettre au pas les catho­liques fran­çais, a pu perdre la main jus­qu’à lais­ser la cha­ria rem­pla­cer la loi répu­bli­caine dans plus de 150 « ter­ri­toires » du vieux sol fran­çais ? Une police impuis­sante, une jus­tice com­pré­hen­sive jusqu’au laxisme, une presse abu­si­ve­ment silen­cieuse et l’intégration du tra­fic de drogue dans le cal­cul du Pro­duit Inté­rieur Brut…

Dans notre pro­chaine rubrique, nous allons éclai­rer les parois­siens laï­cistes, sur la grande révo­lu­tion isla­miste de 1979, qui est pour le monde musul­man aus­si impor­tante que l’est pour la France la Révo­lu­tion de 1789. Elle a effec­ti­ve­ment joué un rôle clé dans la situa­tion dra­ma­tique dans laquelle se trouve la France.

Expres­sion employée pour la pre­mière fois au 8e siècle, par l’imam juriste Abou Hani­fah

2 Euro­stat conseille de mul­ti­plier la quan­ti­té consom­mée par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en fai­sant jouer le para­mètre du « ratio de pure­té » des pro­duits stu­pé­fiants et des « coûts de trans­port et de sto­ckage » des nar­co­tra­fi­quants

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1  France,  mai­son de la guerre