Le legs d’Ac­tion fran­çaise

Le legs d’Ac­tion fran­çaise

Par Gérard LECLERC

Après l’éditorial du n° 58 de la Nou­velle Revue Uni­ver­selle publié en quatre rubriques, le blog quo­ti­dien de l’Action fran­çaise pour­suit son été mili­tant 2020 avec la publi­ca­tion par mor­ceaux de la confé­rence de Gérard Leclerc, don­née au Camp Maxime Réal Del Sarte de 2019.

Cette seconde série est à mettre en rela­tion avec le quatre rubriques de Chris­tian Fran­chet d’Esperey sur «  Le nou­vel âge du maur­ras­sisme ».

1 – Est-il oppor­tun de s’accrocher à un homme aus­si décrié ?

2 – Les posi­tions les plus contes­tées de Maur­ras ne doivent plus faire écran à ses décou­vertes majeures

3 – maur­ras­sisme intra-muros et maur­ras­sisme hors les murs

4 – Une demarche d’aggiornamento cest-a-dire de mise au jour

Et main­te­nant voi­ci la pre­mière rubrique de la confé­rence de Gérard Leclerc : Le legs d’Action fran­çaise.

Ce n’est pas sans une cer­taine émo­tion, voire une cer­taine crainte, que je prends la parole ce matin devant vous, parce que le sujet que j’ai choi­si est un peu redou­table.

Com­ment trai­ter en envi­ron une heure, cette ques­tion consi­dé­rable qu’est le legs de l’Ac­tion fran­çaise ? Ce que l’Ac­tion fran­çaise a appor­té sur le plan intel­lec­tuel et poli­tique, ce dont nous sommes les héri­tiers aujourd’­hui, il s’a­git de le faire fruc­ti­fier en tirant toutes les leçons de cette longue his­toire. Elle n’a pas été un long fleuve tran­quille, c’est le moins que l’on en puisse dire. Si je me per­mets d’a­bor­der ce sujet moi-même, c’est d’abord parce que je suis, effec­ti­ve­ment, un héri­tier.

Quel héri­tier ? J’a­vais dix ans au moment de la mort de Charles Maur­ras, et je me suis trou­vé asso­cié à un cer­tain nombre de séquences. Ame­né assez jeune à prendre des res­pon­sa­bi­li­tés à l’Ac­tion fran­çaise, j’ai été l’ad­joint de Pierre Pujo pen­dant plu­sieurs années, très tôt édi­to­ria­liste à Aspects de la France, etc. …

J’ai par­ti­ci­pé à la rup­ture, dou­lou­reuse pour moi, de 1971, puis j’ai connu un cer­tain nombre des grands témoins, des grands acteurs de cette his­toire, qui s’ap­pellent Pierre Pujo, déjà nom­mé, Pierre Juhel, Louis-Oli­vier de Roux et aus­si deux per­son­nages dont je vais par­ler ce matin : Pierre Debray dont j’é­tais assez proche, et Pierre Bou­tang, dont je peux dire que j’ai été l’in­time pen­dant de nom­breuses années.

C’est donc en tant que témoin de cette his­toire que je vais essayer de la retra­cer, et de vous la trans­mettre. En y ajou­tant un cer­tain nombre de réflexions, de cri­tiques que vous serez libres d’approuver ou non, car, comme le disait Charles Maur­ras, « la tra­di­tion est cri­tique ». Si la tra­di­tion n’est pas cri­tique, elle ne sert à rien… car cela signi­fie­rait que les échecs ne nous ont pas ser­vi de leçon. Pour­quoi faire une his­toire lisse, pure­ment posi­tive et opti­miste, de l’Ac­tion fran­çaise, alors qu’elle nous pose de vrais pro­blèmes ? Si nous vou­lons nous com­por­ter en véri­tables héri­tiers, il faut nous atta­cher à tirer de l’héritage le maxi­mum de leçons.

L’Ac­tion fran­çaise est un mou­ve­ment qui a déjà cent vingt ans d’his­toire der­rière elle. Elle est née en 1899 et Charles Maur­ras est mort en 1952. L’his­toire de l’Ac­tion fran­çaise après Maur­ras, après le décès du maître, est déjà plus longue que la période de pré­sence active de Maur­ras. Quand il s’a­git d’en­vi­sa­ger le legs his­to­rique de l’Ac­tion fran­çaise, il nous faut donc en faire l’his­toire com­plète. Aujourd’­hui, je n’ai pas cette ambi­tion, je ne pour­rai que choi­sir un cer­tain nombre de séquences, mais il faut que nous ayons bien en tête que l’his­toire de l’Ac­tion fran­çaise ne se ter­mine pas en 1952, qu’elle s’est ensuite pour­sui­vie, et qu’elle est inté­res­sante et impor­tante à étu­dier, sur­tout pour nous qui en sommes les héri­tiers immé­diats.

A suivre