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« Vous vou­lez faire l’Eu­rope ? Alors, faîtes un Roi ! ». Par­tie 1 : Quand les juges euro­péens servent les féodalités…

Par Jean-Phi­lippe Chauvin

Avec la déci­sion du Tri­bu­nal de l’Union euro­péenne qui donne rai­son à la trans­na­tio­nale Apple contre la Com­mis­sion et qui inva­lide le rem­bour­se­ment de 13 mil­liards d’euros à l’Irlande (que cette der­nière ne sou­haite pas, au demeu­rant), la construc­tion euro­péenne vient de connaître un échec ter­rible mais sur lequel les médias n’ont mal­heu­reu­se­ment guère insis­té, plus pré­oc­cu­pés en ce moment par la ques­tion du port du masque obli­ga­toire dans les espaces clos en France. Et pour­tant ! C’est en s’intéressant aux revers que les États et les peuples peuvent pré­ve­nir les risques du len­de­main, et se pré­mu­nir contre ceux-ci, s’ils ne peuvent être évi­tés. Loin de moi l’idée de plaindre la Com­mis­sion de Bruxelles, mais, pour le coup, il serait plus que mal­adroit de se réjouir des mal­heurs d’icelle sur ce sujet épi­neux de la fis­ca­li­té en Europe, au-delà même de l’UE : « la poli­tique du pire est la pire des poli­tiques » disait Maur­ras qui, avouons-le, a pu par­fois être infi­dèle à sa propre pen­sée en ce domaine.

« Double défaite », titre ain­si le quo­ti­dien La Croix dans son édi­tion du jeu­di 16 juillet, qui pour­suit : « Défaite cui­sante dans deux domaines. D’une part, la juste impo­si­tion des mul­ti­na­tio­nales du numé­rique. D’autre part, la lutte contre la concur­rence fis­cale entre les États membres de l’Union. » Effec­ti­ve­ment, cet échec poli­tique de la Com­mis­sion est un mau­vais signal face aux géants de la toile, et en par­ti­cu­lier face à ceux que l’on regroupe sous les vocables de GAFAM (entre­prises états-uniennes : Google, Apple, Face­book, Ama­zon, Micro­soft) et de BATX (entre­prises chi­noises : Bai­du, Ali­ba­ba, Tencent, Xiao­mi), qui semblent orga­ni­ser et orien­ter la mon­dia­li­sa­tion vers une forme de gou­ver­nance numé­rique qui, en défi­ni­tive, n’est abso­lu­ment pas neutre et, même, extrê­me­ment inquié­tante par son aspect de plus en plus glo­bal et intru­sif, voire « obli­ga­toire », par­ti­cu­liè­re­ment depuis le Grand confi­ne­ment du prin­temps 2020. Notre époque semble ain­si mar­quer le triomphe d’un « glo­ba­li­ta­risme » dont les roya­listes d’Action Fran­çaise ont été par­mi les pre­miers à s’inquiéter après la dis­lo­ca­tion du com­mu­nisme euro­péen, le com­mu­nisme asia­tique res­tant bien vivant, voire triom­phant à tra­vers la puis­sance chi­noise, qui a su habi­le­ment évo­luer d’un modèle tota­li­taire clas­sique du temps de Mao Tsé Toung à un sys­tème glo­ba­li­taire (que la Chine espère orien­ter à son pro­fit) en défi­ni­tive plus effi­cace pour tenir la socié­té et inter­ve­nir sur la scène mondiale…

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