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L’énigme éco­lo­gique

Par Gérard Leclerc

Lais­sons aux poli­to­logues, aux experts en socio­lo­gie élec­to­rale, le soin d’analyser les résul­tats de cet étrange second tour des élec­tions muni­ci­pales. Le record d’abstention est for­cé­ment à mettre en rela­tion avec la crise sani­taire dont nous ne sommes pas sor­tis. Est-il vrai­ment pos­sible, avec une par­ti­ci­pa­tion si faible, d’accomplir un diag­nos­tic sur la réa­li­té des mou­ve­ments internes à l’opinion fran­çaise ? Il est tout de même sin­gu­lier que les deux for­ma­tions qui obtiennent les scores les plus impor­tants aux élec­tions natio­nales, à savoir le Ras­sem­ble­ment natio­nal et La Répu­blique en marche, soient sous-repré­sen­tés à l’échelon com­mu­nal. Cela s’explique évi­dem­ment pour des rai­sons d’implantation locale. Les Répu­bli­cains et les socia­listes conservent leurs fiefs, grâce aux per­son­na­li­tés qui les tiennent soli­de­ment. Mais il n’est pas avé­ré qu’il seront en capa­ci­té de recon­qué­rir pro­chai­ne­ment la pré­si­dence de la Répu­blique et le Parlement.

En revanche, il ne fait pas de doute que ceux qui ont mar­qué le plus de points dans cette com­pé­ti­tion, avec les réserves qui s’imposent, sont les éco­lo­gistes. Des éco­lo­gistes qui mani­festent leur puis­sance dans les plus grandes villes du pays. Socio­lo­gi­que­ment, c’est inté­res­sant, car si l’on se réfère aux tra­vaux de Chris­tophe Guilluy et de Jérôme Four­quet, c’est là où les flux de la mon­dia­li­sa­tion s’avèrent les plus posi­tifs qu’ils ren­contrent leurs suc­cès, et non dans la France péri­phé­rique, celle des Gilets jaunes pré­ci­sé­ment. La sen­si­bi­li­té éco­lo­giste semble s’épanouir de façon pri­vi­lé­giée dans les classes aisées. C’est une pre­mière remarque.

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