Tech­no­cra­tie et risque européiste

Tech­no­cra­tie et risque européiste

Par Ger­main Philippe

La tech­no­cra­ture, mala­die sénile de la démo­cra­tie : 12/14

Expec­to­cra­tie transnationale ?

On com­prend mieux com­ment l’utopie exper­to­cra­tiste des tech­no­crates peut diluer le poli­tique au pro­fit des experts. A suivre Taguieff  : «  La dilu­tion de I’i­déal démo­cra­tique dans des sys­tèmes oli­gar­chiques ou il se réduit à un décor pro­cé­du­ral, ain­si que la pha­go­cy­tose de I ‘espace public par le sys­tème média­tique obéis­sant à des règles spé­ci­fiques (mais demeu­rant pour la plu­part impli­cites), sont indis­so­ciables de la for­ma­tion d’une nou­velle classe éli­taire, trans­na­tio­nale, com­po­sée de spé­cia­listes de la mani­pu­la­tion des sym­boles abs­traits, iden­ti­fiables comme des « experts-entre­pre­neurs », dont on peut dire que la démo­cra­tie est le moindre de leur sou­ci, n’é­tant guère à leurs yeux qu’un cadre per­met­tant le fonc­tion­ne­ment opti­mal du mar­ché mon­dial, dont ils sont les prin­ci­paux acteurs et béné­fi­ciaires.1 » Si en 2000 Taguieff n’utilise pas le mot, un maur­ras­sien recon­nait la Tech­no­cra­tie. Ces tech­ni­ciens de l’organisation, légi­ti­més par un concours de grande école, sont effec­ti­ve­ment les spé­cia­listes de la mani­pu­la­tion des sym­boles abstraits.

L’utopie exper­to­cra­tiste mar­che­rait donc de paire avec une inter­na­tio­na­li­sa­tion de la tech­no­cra­tie. Un tel point de vue ne peut sur­prendre l’Action fran­çaise car dès 1933, l’un de ses his­to­riens, le mar­quis de Roux2 avait révé­lé la puis­sance du « trust du cer­veau », ces tech­no­crates entou­rant le pré­sident amé­ri­cain Roo­se­velt. En Angle­terre ils s’étaient regrou­pés der­rière Keynes tan­dis qu’en Alle­magne Hit­ler s’appuyait sur les experts de Schacht. Vers 1960, Pierre Debray avait d’ailleurs abor­dé l’analyse inter­na­tio­nal de la Tech­no­cra­tie par un rap­pro­che­ment auda­cieux avec la Nomenk­la­tu­ra com­mu­niste. En revanche si pour l’Action fran­çaise, les dif­fé­rentes tech­no­cra­ties natio­nales par­tagent réfé­rences, état d’esprit, pra­tiques et sur­tout iden­ti­té d’intérêt par la mai­trise de la pro­prié­té col­lec­tive des moyens de pro­duc­tion, elle peine à conclure à la une confé­dé­ra­tion des Tech­no­cra­ties for­mant une classe transnationale.

Super-classe mon­diale ?

Au cas ou Taguieff en 2000 n’évoquait pas la Tech­no­cra­tie, que serait sa nou­velle classe éli­taire trans­na­tio­nale com­po­sée des prin­ci­paux acteurs et béné­fi­ciaires du mar­ché mon­dial ? Anti­ci­pait-il le concept de « super­classe », uti­li­sé par Samuel Hun­ting­ton et récem­ment concep­tua­li­sé par l’énarque Michel Geof­froy dans son ouvrage La super­classe contre les peuples3 ? Cette super­classe, l’ancien haut-fonc­tion­naire au minis­tère de l’É­co­no­mie et des Finances, la juge mon­diale et ouverte car ses membres se renou­vellent pério­di­que­ment. Elle suit un modèle concen­trique à quatre cercles. Au centre, celui de la richesse finan­cière et éco­no­mique, puis autour le cercle des médias et de la culture, arrive le troi­sième cercle des orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales et de la « socié­té civile » – c’est-à-dire les groupes sociaux qui appuient les inté­rêts de la super classe, enfin le der­nier cercle de la puis­sance publique. Le cercle de la richesse dirige, influence et achète les trois autres. Telle est cette super­classe dont les quatre cercles par­tagent la pré­ten­tion de bâtir le para­dis sur terre et d’y uni­fier le genre humain. C’est le Nou­vel Ordre Mon­dial nom­mé par le l’ancien pré­sident amé­ri­cain Oba­ma, la « Nou­velle Elite Inter­na­tio­nale4 ».

A cette grille d’interprétation, plus mobi­li­sa­trice que com­plo­tiste, l’Action fran­çaise reproche l’approfondissement insuf­fi­sant des pro­ces­sus de for­ma­tion de la super­classe mon­diale. Certes cette grille com­mente la pré­sence d’étrangers dans les conseils de sur­veillance et les conseils d’administration char­gés des affaires opé­ra­tion­nelles des groupes mais néglige leur comp­tage prou­vant que « le niveau de mobi­li­té trans­fron­ta­lière néces­saire à la for­ma­tion d’une classe ou d’une élite inter­na­tio­nale ou trans­na­tio­nale est encore loin d’être atteint5 ».

Pour l’Action fran­çaise ce qu’on nomme super­classe s’inscrit dans la conti­nui­té de la guerre froide. Son carac­tère « mon­dial » recouvre sim­ple­ment la géo­gra­phie du « monde-libre » – de 1945 au moment de la chute du mur de Ber­lin – dont le centre de gra­vi­té est les Etats-Unis. Ces Etats-Unis d’Amérique qui depuis le début du XX° siècle, sous la pous­sée du cou­rant « fonc­tion­na­liste6 » finan­cé par la Fon­da­tion Rock­fel­ler, pro­meuvent l’idée « d’Etats-Unis d’Europe ». L’histoire de cette influence amé­ri­caine est main­te­nant his­to­ri­que­ment bien docu­men­tée7 mais dès 1947 Maur­ras avait rele­vé le bon appé­tit des amé­ri­cains avouant « leur ambi­tion de for­mer un Etat Ter­rien unique dont ils seraient les rois8 ». Depuis l’Action fran­çaise a com­bat­tu cette influence. Son rôle fut non négli­geable dans l’échec de la Com­mu­nau­té Euro­péenne de Défense en 1954. Son his­toire témoigne d´un tra­vail intel­lec­tuel et mili­tant de longue haleine contre les avan­cées d´une com­mu­nau­té supra­na­tio­nale euro­péenne. Après le drame algé­rien de 1962, elle s’est oppo­sée à cette extrême-droite qui encou­ra­geait la rup­ture avec le natio­na­lisme fran­çais pour ins­crire sa stra­té­gie dans le natio­na­lisme euro­péen. Dans les années 2000, ses actions ont dyna­mi­sé9  les posi­tions dites « souverainistes ».

La Tech­no­cra­tie euro­péenne très concrète

Plus que dénon­cer une classe tech­no­cra­tique trans­na­tio­nale aux contours flous et une super­classe mon­diale molle, les maur­ras­siens luttent10 contre la Tech­no­cra­tie euro­péenne. C’est pour­quoi il convient de se retour­ner sur l’accélération du pro­ces­sus de for­ma­tion de cette classe euro­péenne. D’abord il y a l’évènement déclen­cheur, le rap­port11 de 1975, d’un orga­nisme inter­na­tio­nal à centre de gra­vi­té amé­ri­cain, concen­trant les grands patrons en vu de la mon­dia­li­sa­tion de l’économie. La Tri­la­té­rale12. qui s’emploie à défi­nir les cri­tères d’une « bonne gou­ver­nance » inter­na­tio­nale, y défi­nit les « Etats-Unis d’Europe » comme pas­sage obli­gé pour conte­nir les Etats-nation du vieux conti­nent inca­pables de gou­ver­ner dans le bon sens. Le moyen ? Pour reprendre Eric Zem­mour, c’est une « tutelle tech­no­cra­tique de fer serait peu à peu appo­sée sur les Etats à grand coup de direc­tives et de normes13 ». Et main­te­nant le dérou­lé de la for­ma­tion de cette classe européenne.

En 1984 le tech­no­crate Jacques Delors lan­ça le Mar­ché unique, per­met­tant à la Com­mis­sion euro­péenne d’imposer l’idéologie de la concur­rence aux Etats. Contrai­re­ment à une exper­to­cra­tie trans­na­tio­nale et une super­classe mon­diale, la Tech­no­cra­tie euro­péenne est concrète. Sa for­ma­tion s’est sur l’hypocrisie de l’élite poli­tique lais­sant prendre à la Tech­no­cra­tie bruxel­loise les déci­sions impo­pu­laires afin de mieux s’abriter der­rière elle. For­ma­tion résu­mée par Eric Zem­mour, « Au fil des ans, un jeu de rôle se mit en place ; les chefs de gou­ver­ne­ments met­taient en scène leur conflits au cours des « som­mets euro­péens » média­ti­sés, défen­dant leurs « inté­rêts natio­naux » ; mais der­rière la mise en scène de ce théâtre, le vrai pou­voir ins­tau­rait les règles et les normes qui s’imposaient à tous14 ». En réa­li­té, la Tech­no­cra­tie euro­péenne avait pour elle la conti­nui­té pour s’emparer de la réa­li­té du pou­voir. Le gros mor­ceau fut d’imposer le fédé­ra­lisme tech­no­cra­tique recom­man­dé par la Tri­la­té­rale. En 1992, la France vota d’extrême jus­tesse le OUI au trai­té de Maas­tricht. Les pays récal­ci­trants durent mar­cher au pas démo­cra­tique. Le Dane­mark ayant voté NON du revo­ter, tout comme l’Irlande pour avoir refu­sé le trai­té de Nice en 2001. Rien ne sem­blait pou­voir arrê­ter la Tech­no­cra­tie européenne.

En 2004 elle adop­ta à Rome, une nou­velle Consti­tu­tion. Rédi­gée par l’énarque fran­çais Gis­card d’Estaing elle com­pre­nait pré­sident du Conseil euro­péen, ministre des affaires étran­gères, dra­peau, hymne, une devise, des « lois » se sub­sti­tuant aux direc­tives et règle­ments. Le pays réel, por­tant très affai­bli, redres­sa la tête en 2005 et vota à 54,08 % NON, pour la rati­fi­ca­tion et la Hol­lande le reje­ta à plus de 60%.

La Tech­no­cra­tie euro­péenne ne pou­vait res­ter sur cet échec. Elle fit jouer les ficelles de la démo­cra­tie. On inven­ta la mys­ti­fi­ca­tion du « trai­té sim­pli­fié » dont les amen­de­ments repre­naient l’essentiel de la nou­velle Consti­tu­tion en les sou­met­tant au seul vote du par­le­ment en 2008. Bien joué, puis la crise de l’euro de 2010 per­mit à la Banque Cen­trale Euro­péenne de récu­pé­rer des pou­voirs réga­liens majeurs et en 2013 l’Union ban­caire lui attri­bua la super­vi­sion ban­caire lui per­met­tant le contrôle de l’Europe. Depuis, l’oligarchie des tech­no­crates euro­péens de la Cour, de la Com­mis­sion et de la Banque Cen­trale Euro­péenne dirigent l’Europe et donc la France.

L’utopie Euro­péiste depuis Napoléon

Quelle fut l’attitude de la Tech­no­cra­tie fran­çaise dans la construc­tion euro­péenne ? Uti­li­sons l’histoire et rai­son­nons par analogie.

Remon­tons d’abord à l’utopie euro­péiste de Napo­léon. Dans son Mémo­rial de Saint Hélène, il a évo­qué sa volon­té d’une fédé­ra­tion des peuples d’Europe car « une de mes grandes pen­sées a été l’agglomération, la concen­tra­tion des mêmes peuples géo­gra­phiques… ». Ce qu’il nomme son « Sys­tème » s’inspire de deux prin­cipes : ren­for­cer la tutelle poli­tique et mili­taire et assu­rer l’hégémonie par une poli­tique d’inspiration mer­can­ti­liste. L’analogie avec la visée amé­ri­caine sur l’Europe est immé­diate. Son uto­pie euro­péiste, Napo­léon l’a effec­ti­ve­ment déployée de Séville à König­sberg, de Lübeck à Reg­gio de Calabre, de Brest à Lublin. Pen­dant quinze années, s’appuyant sur une nou­velle haute-admi­nis­tra­tion, Napo­léon a construit une Europe avec d’abord une union par un grand mar­ché grâce au blo­cus conti­nen­tal, ensuite une uni­fi­ca­tion par le droit et enfin une ratio­na­li­sa­tion administrative.

De là, pas­sons l’observation de Zem­mour sur les tech­no­crates fran­çais impli­qués depuis 1957 dans la bureau­cra­tie euro­péenne : « Ils retrou­vaient aus­si, sou­vent sans s’en dou­ter, les reflexes et les ambi­tions des conseillers d’Etat de trente ans, envoyés par Napo­léon dans toute l’Europe pour gou­ver­ner et moder­ni­ser – aux normes fran­çaises – : code civil et admi­nis­tra­tion effi­cace et non cor­rom­pue – les royaumes d’alliés de l’Empire fran­çais.  A l’époque, l’Empereur jugeait que ces jeunes gens brillants oubliaient un peu trop les inté­rêts de « l’ancienne France », comme on disait alors, au béné­fice de leurs popu­la­tions d’adoption.15 » Effec­ti­ve­ment pen­dant que Napo­léon construi­sait l’Europe au pas lent de sa Grande Armée cos­mo­po­lite, ses haut-fonc­tion­naires tra­vaillaient à l’extension de la Révo­lu­tion aux dimen­sions de l’Europe. La Révo­lu­tion et ses Lumières deve­naient le règne de l’Etranger, d’où leur oubli de la France et son Etat, qu’ils étaient cen­sés servir.

D’où l’analogie avec ce qu’en 1965 De Gaulle nom­ma l’ « aréo­page tech­no­cra­tique, apa­tride », car nous savons que ce sont essen­tiel­le­ment des tech­no­crates fran­çais qui mirent en place la Com­mis­sion de Bruxelles autour de laquelle les lob­bies per­met­traient de faire du « Busi­ness » en usant de cor­rup­tion. L’utopie euro­péiste est bien le règne de l’Etranger et à croire Chris­to­pher Soames, ancien vice-pré­sident de la Com­mis­sion euro­péenne « Dans une orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale, il faut tou­jours mettre un fran­çais, car ils sont les seuls à ne pas défendre les inté­rêts de leur pays ».

Un trans­fert d’allégeance

Plus les tech­no­crates fran­çais s’impliquent dans l’Europe, plus ils opèrent un trans­fert d’allégeance au détri­ment de l’omnipotent Etat-pro­vi­dence fran­çais. Celui là même qui per­met le pillage de la nation à l’élite finan­cière, issue du Direc­toire. Et c’est bien là le second risque qu’a mal éva­lué l’Etablissement dans son scé­na­rio de sub­sti­tu­tion de l’élite poli­tique dis­qua­li­fiée par la Tech­no­cra­tie, avec laquelle pour­tant il a sou­vent éta­bli des liens matrimoniaux.

Les tech­no­crates fran­çais ont pris conscience que les car­rières se fabriquent au sein d’organismes inter­na­tio­naux. La tech­no­cra­tie répu­bli­caine a donc com­pris son inté­rêt à deve­nir le com­mis apa­tride de l’« inter­na­tio­na­li­sa­tion poly­morphe du mar­ché », sui­vant la belle expres­sion de Taguieff. Ne fan­tas­mons pas sur les liens entre Macron et la Tri­la­té­rale. Liens rele­vés par Monique Pin­çon-Char­lot et Michel Pin­çon : « Ain­si, infor­ma­tion peu relayée par les jour­na­listes dans la pro­fu­sion de sujets qui lui ont été consa­crés : Emma­nuel Macron a été l’invité du groupe Bil­der­berg en 2014 entre son départ du secré­ta­riat géné­ral de l’Élysée et sa nomi­na­tion comme ministre de l’économie16. » En revanche inter­ro­geons nous sur ce que feront les tech­no­crates une fois au pou­voir. Si ils se lais­saient aller dans le sens de leur uto­pie euro­péiste il est pro­bable que Monique Pin­çon-Char­lot et Michel Pin­çon aient vu vrai en pen­sant que l’ordre du jour serait « la dégra­da­tion des ser­vices publics au béné­fice des inves­tis­se­ments pri­vés. » C’est-à-dire pour l’Etablissement, la fin de la manne finan­cière issue des tra­vaux du ser­vice publique.

De quoi remettre en cause le modèle oli­gar­chique cir­cu­laire des dynas­ties répu­pli­caines. L’élite finan­cière serait en oppo­si­tion avec l’élite des tech­no­crates fran­çais et l’enjeu de leur lutte devuen­drait alors la mai­trise de l’élite médiatico-culturelle.

Du risque à l’opportunité

Oui, l’élite finan­cière pour­rait être « mena­cée de suc­cès » en cas de réus­site la can­di­da­ture Macron à la pré­si­den­tielle de 2017 car la Tech­no­cra­tie, porte deux ten­dances uto­pistes lourdes et com­pa­tibles : l’expertocratie et l’européisme.

C’est ain­si que si l’un ou les deux risques négli­gés par l’Etablissement venaient à s’avérer après la prise de pou­voir poli­tique par la Tech­no­cra­tie, leurs consé­quences pour­raient deve­nir une oppor­tu­ni­té pour la stra­té­gie d’un prince chré­tien du XXI° siècle.

Depuis les années 1970, le socio­logue d’Action fran­çaise Michel Michel, repre­nant17 une des clés de la démons­tra­tion maur­ras­sienne, a mis en évi­dence com­ment le sys­tème répu­bli­cain ne garde une cer­taine péren­ni­té qu’à la condi­tion d’asservir les fac­tions « natu­relles » du pays réel au pro­fit des couches sociales qui tirent direc­te­ment leur sub­sis­tance et leur pou­voir de cette forme de régime ; ces couches sociales ( nous avons iden­ti­fié quatre élites) consti­tuant le pays légal. Que l’oligarchie répu­bli­caine perde sa cohé­rence et le roya­lisme pour­rait cher­cher à pro­fi­ter des contra­dic­tions entre ces quatre élites,  ces groupes sociaux qui désor­ga­nisent la France.

Macron Pré­sident, si la Tech­no­cra­tie sera la grande gagnante, l’élite poli­tique lui gar­de­ra ran­cune d’avoir été « déga­gée » avec le sou­tien de l’élite média­tique finan­cée par l’élite finan­cière. Si de plus l’Etablissement était lâché par une Tech­no­cra­tie trans­fé­rant son allé­geance vers les puis­sances étran­gères et per­dait les avan­tages des grandes opé­ra­tions de l’Etat pro­vi­dence, il serait enclin à cher­cher une autre alter­na­tive. Bref, que le scé­na­rio Macron réus­sisse et l’avenir risque de ne plus appar­te­nir com­plè­te­ment à la démo­cra­tie. Nous devrons y revenir…

Ger­main Phi­lippe ( à suivre)

1 Pierre-André Taguieff, L’effacement de l’avenir, Galilée,200, P.411.
2 Mar­quis de Roux, « Les ins­pi­ra­teurs secrets de l’expérience Roo­se­velt », L’Action fran­çaise du 9 décembre 1933
3 Michel Geof­froy, La super­classe contre les peuples,
4 Cité par Michel Geof­froy, « La nou­velle révo­lu­tion vient des élites », entre­tien avec l’abbé Guillaume de Tanouarn dans Monde et Vie, n°960 du 27 sep­tembre 2018.
5 Michael Hart­mann, «  Inter­na­tio­na­li­sa­tion et spé­ci­fi­ci­tés natio­nales des élites poli­tiques et éco­no­miques », Actes de la recherche en sciences sociales n° 190, Le Seuil, 2011, p.11.
6Très impor­tant cou­rant amé­ri­cain de socio­lo­gie et d’anthropologie.
7Par exemple l’article syn­thé­tique de Chris­tophe Reveillard, « Le tor­pillage de l’Europe », Nou­velle Revue d’Histoire n°65, 2013.
8 Charles Maur­ras, Trois devoirs, Edi­tions B.C.M. , Lyon, 2001, p.47 – 48.
9 Voir Hum­ber­to Cuc­chet­ti, « L’Ac­tion fran­çaise contre l’Europe – Mili­tan­tisme roya­liste, cir­cu­la­tions poli­ti­co-intel­lec­tuelles et fabrique du sou­ve­rai­nisme fran­çais », Poli­tique euro­péenne n° 43, L’Har­mat­tan , 2014, pages 164 à 190.
10 Hum­bert Cuc­chet­ti, idem, p.171 – 175.
11 Michel Cro­zier, Samuel Hun­ting­ton et Joji Wata­nu­ki, The Cri­sis of Demo­cra­cy : Report on the Gover­na­bi­li­ty of Demo­cra­cies to the Tri­la­te­ral Com­mis­sion, New York Uni­ver­si­ty Press, 1975.
12 Oli­vier Boi­ral, « Trente ans d’une ins­ti­tu­tion secrète – Pou­voirs opaque de la Tri­la­té­rale », Le Monde Diplo­ma­tique, novembre 2003, p.14.
13 Eric Zem­mour, , Le sui­cide fran­çais, Albin Michel, 2014„ p..359.
14 Eric Zem­mour, idem, p.488.
15 Eric Zem­mour, Le sui­cide fran­çais, Albin Michel, 2014, p.486.
16 Monique Pin­çon-Char­lot et Michel Pin­çon « La mobi­li­sa­tion feu­trée des classes domi­nantes dans les pays riches », sur inter­net : www.causecommune-larevue.fr
17 Miche Michel, « Dos­sier Pays légél/pays réel », Ami­tiés Fran­çaises Uni­ver­si­taires n° 165, mail 1971.