« Le Che­val rouge » d’Eugenio Cor­ti, roman talisman

« Le Che­val rouge » d’Eugenio Cor­ti, roman talisman

Il y a une quin­zaine d’années, sur les pres­santes exhor­ta­tions de mon édi­teur Vla­di­mir Dimi­tri­je­vic, je lus, d’une traite, Le Che­val rouge, le magni­fique roman-fleuve d’Eugenio Cor­ti (1921 – 2014). Bien m’en prit, tant cette lec­ture fut pour moi, comme pour des mil­liers d’autres lec­teurs, bou­le­ver­sante. Le regret­té Dimi­tri m’avait dit et répé­té sur tous les tons qu’il s’agissait d’un chef‑d’œuvre, que je devais lire ce livre publié par miracle par un petit édi­teur et qui, mal­gré le silence obs­ti­né de la cri­tique offi­cielle d’obédience maté­ria­liste et éga­li­taire, gagnait de nou­veaux lec­teurs par mil­liers, par le simple bouche-à-oreille.

C’est dire mon émo­tion quand j’ai reçu sa belle réédi­tion aux édi­tions Noir sur blanc, qui reprennent, sous la hou­lette de mon ami Mar­ko Des­pot, naguère res­pon­sable édi­to­rial à L’Age d’Homme, les titres publiés in illo tem­pore par Dimi­tri dans une col­lec­tion jus­te­ment inti­tu­lée La Biblio­thèque de Dimitri.

Fresque épique comme Le Gué­pard

Il y a des livres qui sont des talis­mans et des signes de recon­nais­sance ; Le Che­val rouge, si j’ose dire, incarne l’un d’eux. Com­ment résu­mer mille quatre cents pages relues avec pas­sion ? Disons qu’il s’agit d’une fresque à la fois épique, com­pa­rable aux grands romans tels que Le Gué­pard ou Guerre et paix (dont il consti­tue une forme de syn­thèse), qui nous fait par­ta­ger la vie – et par­fois la mort tra­gique – d’un groupe de jeunes gens d’un hameau de la cam­pagne lom­barde de 1940 à 1975.

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