La condam­na­tion de l’Action fran­çaise par le Vati­can : mesure néces­saire ou erreur gros­sière ?

La condam­na­tion de l’Action fran­çaise par le Vati­can : mesure néces­saire ou erreur gros­sière ?

Le 29 décembre 1926 marque la condam­na­tion (1) par le Pape Pie XI du mou­ve­ment poli­tique l’Action fran­çaise, diri­gé par Charles Maur­ras, et sujette encore de nos jours à une inter­mi­nable contro­verse : cette sanc­tion était-elle jus­ti­fiée ?

D’une part, nombre d’historiens s’inscrivent dans la lignée de Phi­lippe Pré­vost, lequel, dans sa Condam­na­tion de l’Action fran­çaise, consi­dère que cette sanc­tion répond à des mobiles pure­ment poli­tiques. D’autre part, Jacques Pré­vo­tat, dans une thèse parue en 2001 (2), défend une posi­tion radi­ca­le­ment oppo­sée : la mise à l’Index de l’Action fran­çaise ne se jus­ti­fie­rait que par des consi­dé­ra­tions reli­gieuses. Il faut éga­le­ment men­tion­ner le tra­vail réa­li­sé par Emile Pou­lat par le biais d’un article paru dans la Revue fran­çaise d’histoire des Idées poli­tiques (3) et qui adopte une posi­tion modé­rée, cette crise ne serait qu’un « mélange instable d’un faux débat sur l’orthodoxie doc­tri­nale de ses adhé­rents catho­liques et d’un débat avor­té sur l’autonomie du poli­tique devant l’intégralité de la reli­gion ». (4)

Avant de se pen­cher sur la per­ti­nence d’une telle condam­na­tion, il faut expo­ser briè­ve­ment les posi­tions défen­dues par le Vati­can et l’Action fran­çaise.

D’une part, les posi­tions de l’Eglise romaine sont rela­ti­ve­ment com­plexes en rai­son de la « crise moder­niste » qui la tra­ver­sa à cette époque. Quoi qu’il en soit, le pape et une grande par­tie du cler­gé romain ont repro­ché à l’Action fran­çaise ses attaches non-confes­sion­nelles incar­nées par son fon­da­teur : Charles Maur­ras. Elle reproche aux catho­liques de l’Action fran­çaise de s’écarter de la foi catho­lique en met­tant de côté l’aspect reli­gieux pour ne s’attacher qu’à un posi­ti­visme poli­tique basé sur la Rai­son dans le but de réta­blir un régime monar­chique.

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