La popu­la­tion du monde fran­co­phone dépasse celle de l’U­nion euro­péenne

La popu­la­tion du monde fran­co­phone dépasse celle de l’U­nion euro­péenne

Par Ilyes Zoua­ri

Pré­sident du CERMF (Centre d’é­tude et de réflexion sur le Monde fran­co­phone)
Spé­cia­liste du Monde fran­co­phone, Confé­ren­cier.

www.cermf.org

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Après avoir dépas­sé l’es­pace his­pa­no­phone, le monde fran­co­phone compte désor­mais 512,5 mil­lions d’ha­bi­tants, et vient ain­si de dépas­ser l’U­nion euro­péenne, hors outre-mer fran­çais (mais Royaume-Uni inclus). Une pro­gres­sion essen­tiel­le­ment due à l’A­frique fran­co­phone, dont l’é­mer­gence démo­gra­phique et éco­no­mique fait tou­te­fois face à une cer­taine indif­fé­rence contre-pro­duc­tive de la France.

En se basant sur les sta­tis­tiques démo­gra­phiques détaillées publiées en sep­tembre 2019 par le PRB (Popu­la­tion Refe­rence Bureau), orga­nisme pri­vé amé­ri­cain et une des réfé­rences mon­diales en matière de démo­gra­phie, la popu­la­tion du monde fran­co­phone, qui avait atteint la barre des 500 mil­lions d’ha­bi­tants fin 2018, peut être esti­mée à envi­ron 512,5 mil­lions au 1er jan­vier 2020. Soit légè­re­ment plus que celle de l’U­nion euro­péenne, hors outre-mer fran­çais (512,4 mil­lions) (1).

512 mil­lions d’ha­bi­tants début 2020

Cette esti­ma­tion cor­res­pond à la popu­la­tion du monde fran­co­phone dans sa défi­ni­tion géo­gra­phique la plus stricte et la plus sérieuse, qui ne tient compte que des pays et ter­ri­toires réel­le­ment fran­co­phones, dans les­quels la popu­la­tion est en contact quo­ti­dien avec la langue fran­çaise, et où l’on peut donc « vivre en fran­çais ». Un ensemble qui ras­semble 33 pays répar­tis sur quatre conti­nents, et dans lequel ne sont pas comp­ta­bi­li­sés les ter­ri­toires non fran­co­phones de pays comme la Bel­gique, la Suisse ou le Cana­da, tout comme un cer­tain nombre de pays membres à part entière de l’or­ga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale de la fran­co­pho­nie (OIF), mais ne rem­plis­sant aucun des cri­tères néces­saires afin de pou­voir être consi­dé­rés comme fran­co­phones (tels que le Liban, la Rou­ma­nie ou encore le Rwan­da). Le fran­çais n’y étant pas, seul ou avec une langue locale par­te­naire, la langue de l’ad­mi­nis­tra­tion, de l’en­sei­gne­ment pour l’en­semble de la popu­la­tion sco­laire (au moins à par­tir d’un cer­tain âge), des affaires et des médias (ou au moins la langue mater­nelle de la popu­la­tion, sous sa forme stan­dard ou sous une forme créo­li­sée, un peu comme l’a­rabe dia­lec­tal par rap­port à l’a­rabe stan­dard dans les pays du Magh­reb).

Dans ce vaste espace, qui s’é­tend sur près de 16,3 mil­lions de km2, soit près de quatre fois l’U­nion euro­péenne tout entière (et aux­quels l’on peut éga­le­ment ajou­ter les zones éco­no­miques exclu­sives mari­times – ZEE, dont celle, gigan­tesque, de la France, seconde plus grande au monde avec ses près de 10,2 mil­lions de km2), les cinq pre­miers pays fran­co­phones sont aujourd’­hui la Répu­blique démo­cra­tique du Congo (RDC,  88,2 mil­lions d’ha­bi­tants), la France (67,7 mil­lions, ter­ri­toires ultra­ma­rins inclus), l’Al­gé­rie (43,9 mil­lions), le Maroc (36,4 mil­lions) et la Côte d’I­voire (25,8 mil­lions).

Avec une crois­sance démo­gra­phique annuelle de 2,2 %, le monde fran­co­phone consti­tue l’es­pace lin­guis­tique le plus dyna­mique au monde, devant l’es­pace ara­bo­phone (2,1 % et 443 mil­lions d’ha­bi­tants) (2), et avait dépas­sé en 2012 l’es­pace his­pa­no­phone dont la popu­la­tion est aujourd’­hui esti­mée à 466 mil­lions d’ha­bi­tants (+ 1,0 % par an, avec une esti­ma­tion de popu­la­tion légè­re­ment revue à la baisse par rap­port aux pré­cé­dentes). Une crois­sance démo­gra­phique qui devrait demeu­rer supé­rieure à celle des autres espaces lin­guis­tiques, bien qu’é­tant sur une ten­dance bais­sière comme presque par­tout ailleurs dans le monde, et qui devrait por­ter la popu­la­tion du monde fran­co­phone à un peu plus d’un mil­liard d’ha­bi­tants en 2060. À cet égard, Il convient d’ailleurs de rap­pe­ler que ce der­nier demeure assez lar­ge­ment sous-peu­plé, même en tenant compte des ter­ri­toires déser­tiques ou recou­verts par de denses forêts équa­to­riales. À titre d’exemple, sa popu­la­tion actuelle est à peu près égale à celle de l’U­nion euro­péenne (UE), qui est pour­tant répar­tie sur une super­fi­cie près de quatre fois moins éten­due.

Par ailleurs, il convient aus­si de rap­pe­ler que le chiffre de 300 mil­lions de fran­co­phones fré­quem­ment avan­cé par l’OIF, ne cor­res­pond à aucune réa­li­té éco­no­mique (seule la popu­la­tion totale d’un pays ou ter­ri­toire fran­co­phone devant être prise en compte pour éva­luer l’im­por­tance d’un mar­ché), ou encore géo­po­li­tique. D’un point de vue social, il est éga­le­ment lar­ge­ment inap­pro­prié pour la simple rai­son que de nom­breuses choses de la vie cou­rante se font en fran­çais dans les pays et ter­ri­toires fran­co­phones, où l’en­semble de la popu­la­tion est en contact quo­ti­dien avec la langue fran­çaise, y com­pris dans les zones les plus recu­lées (en consul­tant les médias, en deman­dant cer­tains ser­vices à l’ad­mi­nis­tra­tion publique, en rece­vant ou en rédi­geant une fac­ture…).

Toute sta­tis­tique ne tenant pas compte de l’en­semble de la popu­la­tion des pays et ter­ri­toires fran­co­phones, et dif­fu­sée à un large public (au-delà, donc, de cer­tains fonc­tion­naires, notam­ment au sein de l’É­du­ca­tion natio­nale), n’a donc pour seule et unique consé­quence que d’in­duire en erreur les acteurs et déci­deurs éco­no­miques et poli­tiques, ain­si que l’en­semble de la socié­té civile, en déva­lo­ri­sant consi­dé­ra­ble­ment à leurs yeux le monde fran­co­phone et la langue fran­çaise.

L’é­mer­gence démo­gra­phique et éco­no­mique de l’A­frique fran­co­phone

La pro­gres­sion démo­gra­phique du monde fran­co­phone résulte essen­tiel­le­ment du dyna­misme de l’A­frique fran­co­phone, qui croît actuel­le­ment à un rythme de 2,6 % par an (2,9 % pour sa par­tie sub­sa­ha­rienne). Ce vaste ensemble de 25 pays ras­semble désor­mais 418 mil­lions d’ha­bi­tants (ou 81,6 % de la popu­la­tion de l’es­pace fran­co­phone) contre seule­ment 74 mil­lions en 1950, soit à peu près autant que l’Al­le­magne seule, à ce moment-là (69,5 mil­lions). Cette même année, la popu­la­tion du monde fran­co­phone était d’ailleurs esti­mée à seule­ment 128 mil­lions d’ha­bi­tants, soit quatre fois moins qu’au­jourd’­hui.

Ce dyna­misme de l’A­frique fran­co­phone se tra­duit notam­ment par la mon­tée en puis­sance des villes afri­caines, qui occupent désor­mais huit des dix pre­mières places du clas­se­ment mon­dial des métro­poles fran­co­phones. À par­tir des der­nières don­nées publiées par l’O­NU, dans son rap­port « Les villes du monde en 2018 », la capi­tale congo­laise, Kin­sha­sa, conforte sa posi­tion au som­met du clas­se­ment avec une popu­la­tion pou­vant être esti­mée à 14,0 mil­lions d’ha­bi­tants au 1er jan­vier 2020, et creu­sant ain­si consi­dé­ra­ble­ment l’é­cart avec la capi­tale fran­çaise, Paris (11,0 mil­lions). Suivent ensuite les agglo­mé­ra­tions d’A­bid­jan (5,2 mil­lions), de Mont­réal (4,2 mil­lions), de Yaoun­dé (3,9), de Casa­blan­ca (3,8), de Doua­la (3,6), d’An­ta­na­na­ri­vo (3,3), de Dakar (3,1) et d’Al­ger (2,8), ville « ara­bo-ber­bé­ro-fran­co­phone » à l’ins­tar de Casa­blan­ca.  Il est éga­le­ment à noter que la ville de Port-au-Prince, en Haï­ti, occupe la 12e place (2,7 mil­lions).

Mais cet essor démo­gra­phique s’ac­com­pagne éga­le­ment d’un grand dyna­misme éco­no­mique, et notam­ment en Afrique fran­co­phone sub­sa­ha­rienne qui consti­tue le moteur de la crois­sance afri­caine, en plus d’être glo­ba­le­ment et his­to­ri­que­ment l’es­pace le plus stable au sud du Saha­ra (avec le moins de conflits et de ten­sions eth­niques, et avec une moindre cri­mi­na­li­té). Ain­si, cet ensemble de 22 pays a enre­gis­tré les meilleures per­for­mances éco­no­miques du conti­nent pen­dant six des sept années de la période 2012 – 2018, avec une crois­sance annuelle de 4,2 % en moyenne (4,9 % hors cas très par­ti­cu­lier de la Gui­née équa­to­riale), contre 2,9 % pour le reste de l’A­frique sub­sa­ha­rienne. Un dyna­misme notam­ment dû aux nom­breuses réformes accom­plies par une majo­ri­té de pays afin d’a­mé­lio­rer le cli­mat des affaires et de pro­gres­ser en matière de bonne gou­ver­nance, et qui est par­ti­cu­liè­re­ment impor­tant dans les pays de l’UE­MOA (en Afrique de l’Ouest fran­co­phone), qui conti­nue à être la plus vaste zone de forte crois­sance de l’en­semble du conti­nent (6,3 % en moyenne annuelle sur la période 2012 – 2018, et 6,4 % en 2018), en plus d’en être la zone la plus inté­grée, devant la CEMAC (qui recouvre une par­tie de l’A­frique cen­trale fran­co­phone).

Enfin, il convient éga­le­ment de sou­li­gner que les bonnes per­for­mances de l’A­frique fran­co­phone s’ac­com­pagnent d’un endet­te­ment glo­ba­le­ment infé­rieur à celui du reste du conti­nent. À titre d’exemple, et selon les der­nières esti­ma­tions four­nies par le FMI en octobre 2019, seuls deux pays fran­co­phones font par­tie des dix pays les plus endet­tés du conti­nent début 2020 (Dji­bou­ti, 5e, et la Mau­ri­ta­nie, 9e).

Un cer­tain manque d’in­té­rêt de la France

Pour­tant, force est de consta­ter un cer­tain manque d’in­té­rêt de la France pour l’A­frique fran­co­phone, où, et même si elle est assez pré­sente éco­no­mi­que­ment dans cer­tains pays qui lui per­mettent de faire glo­ba­le­ment à peu près jeu égal avec la Chine en matière de part de mar­ché, en par­ti­cu­lier grâce au lien lin­guis­tique (envi­ron 11,9 % pour la France dans l’en­semble de l’A­frique fran­co­phone en 2016, contre envi­ron 13,7 % pour la Chine), est presque absente d’autres, dont les pays stra­té­giques que sont la RDC et Dji­bou­ti.

En RDC, pre­mier pays fran­co­phone du monde et vaste comme plus de la moi­tié de l’UE, la part de mar­ché de la France aurait ain­si été infé­rieure à 4 % en 2017, selon le CIA World Fact­book, soit bien loin der­rière la Chine qui aurait four­ni 19,9 % des impor­ta­tions du pays. La France pour­rait pour­tant, et sans grande dif­fi­cul­té, accroître sa pré­sence en RDC, dont la forte dépen­dance vis-à-vis du par­te­naire chi­nois pour­rait, à terme, nuire aux inté­rêts du pays (la Chine en aurait notam­ment absor­bé 41,4 % des expor­ta­tions la même année !). Pire encore, la RDC ne béné­fi­cie géné­ra­le­ment que de moins de 1 % des aides ver­sées par l’Hexa­gone à des pays tiers (0,6 % du total en 2016, et 1,3 % de l’APD), et des auto­ri­sa­tions de finan­ce­ment accor­dées à des pays étran­gers par le groupe AFD (moins de 0,2 % en 2016 !). Cette qua­si-absence de la France se tra­duit éga­le­ment au niveau de la part des étu­diants ori­gi­naires du pays dans l’en­semble des étu­diants pré­sents en France (0,5 % du total, et seule­ment un peu plus de 1,0 % des étu­diants afri­cains), ou encore au niveau de la part infime des pro­jets y étant réa­li­sés par les col­lec­ti­vi­tés et struc­tures inter­com­mu­nales fran­çaises au titre de la coopé­ra­tion décen­tra­li­sée en Afrique (< 1 %).

Quant à Dji­bou­ti, un des six pays de l’A­frique de l’Est fran­co­phone, seule une dizaine d’en­tre­prises tri­co­lores sont implan­tées dans ce pays qui a enre­gis­tré une crois­sance annuelle de près de 7 % en moyenne sur la période 2012 – 2018, et qui est en passe de deve­nir une plaque tour­nante du com­merce inter­na­tio­nal grâce à sa situa­tion géo­gra­phique stra­té­gique et à des inves­tis­se­ments mas­sifs en pro­ve­nance de Chine. Par ailleurs, il est à noter que la com­pa­gnie aérienne Air France n’as­sure qu’un seul vol heb­do­ma­daire direct avec Paris, contraste sai­sis­sant avec les sept vols directs assu­rés par Tur­kish Air­lines en direc­tion d’Is­tan­bul, ou encore avec les trois liai­sons assu­rées par le groupe Emi­rates vers Dubaï.

Tout cela vient s’a­jou­ter à une répar­ti­tion défa­vo­rable des aides publiques au déve­lop­pe­ment ver­sées chaque année par la France, et qui ne béné­fi­cient que très mino­ri­tai­re­ment au monde fran­co­phone. Ain­si, les 27 pays fran­co­phones du Sud n’ont reçu en 2016 qu’en­vi­ron 15,4 % du mon­tant total de ces aides (soit 2,8 mil­liards d’eu­ros sur un total de 17,7 Mds, hors Wal­lis-et-Futu­na qui ne peut être comp­ta­bi­li­sé car ter­ri­toire fran­çais), bien loin des 52,0% accor­dés aux pays membres de l’UE (9,2 Mds, dont 89,3% aux treize pays membres d’Eu­rope orien­tale – UE 13, pour­tant déjà assez déve­lop­pés et qui ne ras­semblent que 115 mil­lions d’ha­bi­tants, soit 10,1 fois plus d’aides par habi­tant). Et ce, en dépit de toute logique éco­no­mique ou géo­po­li­tique. D’un point de vue éco­no­mique, parce que les prin­ci­paux pays béné­fi­ciaires de l’UE s’o­rientent prin­ci­pa­le­ment – et his­to­ri­que­ment – vers l’Al­le­magne, qui a enre­gis­tré une part de mar­ché de 20,8% en 2016 dans les pays de l’UE 13, contre seule­ment 3,9% pour la France (dont les aides mas­sives reviennent donc qua­si­ment à sub­ven­tion­ner les expor­ta­tions alle­mandes, poli­tique que l’on pour­rait résu­mer par la célèbre expres­sion « tra­vailler pour le roi de Prusse »). Par ailleurs, toutes les études éco­no­miques démontrent clai­re­ment que les échanges peuvent être bien plus impor­tants entre pays et peuples par­ta­geant une même langue. À ce sujet, un seul exemple suf­fit à démon­trer l’im­pact éco­no­mique du lien lin­guis­tique : les tou­ristes qué­bé­cois sont pro­por­tion­nel­le­ment quatre fois plus nom­breux que les tou­ristes amé­ri­cains à venir chaque année en France… et à y dépen­ser. Enfin, parce que c’est en Afrique fran­co­phone qu’il convient d’in­ves­tir mas­si­ve­ment, d’une part afin de tirer plei­ne­ment pro­fit des oppor­tu­ni­tés et du dyna­misme que l’on trouve dans ce vaste ensemble qui est aujourd’­hui l’un de prin­ci­paux relais de la crois­sance mon­diale, et d’autre part parce que c’est bien en accé­lé­rant l’é­mer­gence éco­no­mique de ce der­nier qu’aug­men­te­ra encore plus for­te­ment le nombre d’ap­pre­nants du fran­çais à tra­vers le monde, et ce, au béné­fice éco­no­mique et géo­po­li­tique de la France, mais éga­le­ment au béné­fice de l’en­semble des pays du monde fran­co­phone. Quant au niveau géo­po­li­tique, jus­te­ment, parce que la majo­ri­té des pays de l’UE vote régu­liè­re­ment contre les posi­tions fran­çaises au sein des grandes ins­tances inter­na­tio­nales, contrai­re­ment à la majo­ri­té des pays fran­co­phones avec qui la France par­tage nombre de valeurs com­munes en matière de poli­tique étran­gère.

Par ailleurs, ce manque d’in­té­rêt des gou­ver­nants fran­çais pour le monde fran­co­phone a donc natu­rel­le­ment des réper­cus­sions très néga­tives sur le niveau d’in­té­rêt des Fran­çais eux-mêmes, qui, main­te­nus dans une cer­taine igno­rance, ne savent pra­ti­que­ment rien de ce vaste espace. À titre d’exemple, la qua­si-inté­gra­li­té de la popu­la­tion fran­çaise ignore tout des Jeux de la Fran­co­pho­nie qui se sont tenus en juillet 2017 à Abid­jan (contraste frap­pant avec la cou­ver­ture média­tique dont jouissent les Jeux du Com­mon­wealth au Royaume-Uni), de la Basi­lique Notre-Dame de la Paix de Yamous­sou­kro en Côte d’I­voire (qui n’est autre que le plus grand édi­fice chré­tien au monde, qua­si-réplique de la basi­lique Saint-Pierre de Rome), du concours musi­cal « The Voice Afrique fran­co­phone » (qui fût dans sa sai­son 2016 – 2017 le plus grand concours musi­cal au monde en termes d’au­dience cumu­lée, avec son équi­valent ara­bo­phone), ou encore du peuple aca­dien et de son dra­peau, qui n’est autre que le dra­peau tri­co­lore orné d’une petite étoile aux cou­leurs papales et sym­bole de la Vierge Marie.

Une large mécon­nais­sance du monde fran­co­phone et de sa dimen­sion mon­diale aux consé­quences for­te­ment pré­ju­di­ciables, fai­sant perdre à bon nombre de citoyens fran­çais (inves­tis­seurs et socié­té civile) de nom­breuses oppor­tu­ni­tés d’é­change et de par­te­na­riat mutuel­le­ment béné­fiques, et rédui­sant consi­dé­ra­ble­ment l’at­ta­che­ment des Fran­çais à leur langue. Eux, qui n’ont jamais été si peu inté­res­sés par la dif­fu­sion et la pro­mo­tion de celle-ci à tra­vers le monde, alors même qu’elle n’a jamais été autant par­lée et apprise. Et ce, au grand éton­ne­ment des fran­co­phones extra-euro­péens, aux­quels est aujourd’­hui entiè­re­ment attri­buable la pro­gres­sion constante de l’ap­pren­tis­sage du fran­çais dans le monde en tant que langue étran­gère, face à une France qui consti­tue plu­tôt un frein en la matière (et qui est incons­ciente des graves consé­quences éco­no­miques et géo­po­li­tiques de son atti­tude irres­pon­sable, et déno­tant une cer­taine imma­tu­ri­té).

De grands efforts doivent donc être faits dans l’Hexa­gone afin de rat­tra­per un retard consi­dé­rable en matière d’in­for­ma­tion et d’é­du­ca­tion. Par ailleurs, l’é­mer­gence démo­gra­phique et éco­no­mique de l’A­frique fran­co­phone devrait en toute logique s’ac­com­pa­gner, à terme, du trans­fert d’un cer­tain nombre d’ins­ti­tu­tions pan­fran­co­phones des villes du Nord vers celles du Sud, et notam­ment vers Abid­jan et Kin­sha­sa, res­pec­ti­ve­ment troi­sième et pre­mière ville fran­co­phone du monde.

1. Concer­nant les loin­tains ter­ri­toires ultra­ma­rins, et contrai­re­ment à ceux du Royaume-Uni et des Pays-Bas, cer­tains des ter­ri­toires d’outre-mer fran­çais font par­tie inté­grante de l’U­nion euro­péenne (en l’oc­cur­rence ceux ayant le sta­tut de dépar­te­ment, ain­si que Saint-Mar­tin).

2. Le monde ara­bo­phone recouvre l’en­semble des pays membres de la Ligue arabe (hors Dji­bou­ti et les Comores, où la pré­sence de la langue arabe se limite prin­ci­pa­le­ment au domaine reli­gieux), ain­si que les ter­ri­toires majo­ri­tai­re­ment ara­bo­phones de la Tur­quie, d’Is­raël, de l’I­ran, du Mali, du Niger et du Tchad. 

Voir aus­si : Défense de la langue fran­çaise