L’ex­cep­tion fran­çaise

L’ex­cep­tion fran­çaise

Par Sté­phane Blan­chon­net

La notion d’ex­cep­tion fran­çaise est sou­vent uti­li­sée dans le domaine artis­tique, par­ti­cu­liè­re­ment ciné­ma­to­gra­phique, pour célé­brer notre capa­ci­té à conser­ver une pro­duc­tion natio­nale là où d’autres pays se sont lais­sé tota­le­ment sub­mer­ger par la sous-culture mon­diale, essen­tiel­le­ment états-unienne. On remar­que­ra en pas­sant le sou­tien una­nime dont béné­fi­cie cette forme de pro­tec­tion­nisme, y com­pris dans des milieux qui font pro­fes­sion de mépri­ser toute forme de sou­ve­rai­nisme ou de patrio­tisme éco­no­mique dans tous les autres domaines !

Mais l’ex­cep­tion fran­çaise gagne­rait à être inter­pré­tée plus lar­ge­ment : tout Fran­çais ayant un peu voya­gé sait à quel point son pays se sin­gu­la­rise par l’o­ri­gi­na­li­té et le raf­fi­ne­ment de ses mœurs, notam­ment dans les rap­ports entre les sexes, son art de vivre, par­ti­cu­liè­re­ment sur le plan culi­naire, ou son goût pour les débats d’i­dées, qui peuvent hélas assez régu­liè­re­ment dégé­né­rer en guerre civile. Mais l’ex­cep­tion fran­çaise est d’a­bord et sur­tout poli­tique.

La suite