L’é­co­lo­gisme inté­gral, néces­si­té publique.

L’é­co­lo­gisme inté­gral, néces­si­té publique.

Par Jean-Phi­lippe Chauvin

semaine pas­sée devait être la semaine de « l’insurrection civique pour le cli­mat », pro­mise et ini­tiée par le groupe Extinc­tion Rébel­lion, mais elle s’est plu­tôt sol­dée par un échec assez reten­tis­sant, mal­gré un sou­tien média­tique cer­tain mais désor­mais un peu iro­nique, voire aga­cé : il semble que le dis­cours « sep­tem­bri­seur » de Gre­ta Thun­berg à la tri­bune de l’ONU ait mar­qué la fin de la bien­veillance à l’égard de sa croi­sade, pour­tant hono­rable au regard de son ambi­tion affi­chée d’alerte sur les ques­tions envi­ron­ne­men­tales, et que, désor­mais, le « reflux éco­lo­giste » soit pré­vi­sible mal­gré les dan­gers qui s’accumulent sur notre pauvre pla­nète, bien mal en point depuis que les socié­tés humaines ont bas­cu­lé dans un consom­ma­to­risme débri­dé et « indi­vi­dua­liste de masse ». Le fait que le prix Nobel de la Paix, que l’on annon­çait comme des­ti­née à la jeune mili­tante sué­doise dans cette semaine par­ti­cu­lière, ne lui ait pas été attri­buée mal­gré ces pro­nos­tics qui le lui offraient sans concur­rence, est sans doute le sym­bole de ce reflux et de ce retour­ne­ment en cours.
Faut-il se réjouir de la fin (pro­vi­soire ?) de cette illu­sion éco­lo­giste ? Je n’en suis pas cer­tain, car il est à craindre que ce soit tout le sou­ci envi­ron­ne­men­tal et la réac­tion éco­lo­gique tel­le­ment néces­saire à notre ave­nir et à celui de la beau­té du monde, mais aus­si à notre propre huma­ni­té aujourd’hui mena­cée par l’horreur trans­hu­ma­niste, qui soient ain­si oubliés, en atten­dant de nou­velles catas­trophes et pas seule­ment en Ama­zo­nie… Mais il faut repen­ser le com­bat éco­lo­gique, et le rai­son­ner sans for­cé­ment le dépas­sion­ner, l’ordonner sans le for­ma­ter : en ce sens, l’écologie inté­grale, si chère aux roya­listes (et née dans leurs milieux au début des années 1980), est sans doute la meilleure pro­po­si­tion éco­lo­giste pos­sible et la plus com­plète, même si elle n’est pas la plus facile et si ses formes peuvent être mul­tiples, com­plexes et par­fois encore mal défi­nies, mal­gré les réflexions ini­tiales de Jean-Charles Mas­son, pre­mier théo­ri­cien de celle-ci (1), et celles de ses suc­ces­seurs monar­chistes (2), jusqu’aux catho­liques lec­teurs de l’encyclique Lau­da­to Si’, le texte éco­lo­giste le plus lu et dif­fu­sé sur la pla­nète.
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