« Émeutes urbaines à Gre­noble ou gilets jaunes : l’in­di­gna­tion poli­tique à géo­mé­trie variable »
Firefighters extinguish a car set on fire in Le Mistral district of Grenoble, central-eastern France, on March 8, 2019 during clashes following the death of two teenagers during a police chase on March 2. - Clashes began on March 2 evening when two men, aged 17 and 19, were spotted by police riding a stolen scooter without a license plate and without helmets. They were being followed by a police vehicle when they crashed into a bus, according to the local prosecutor's office which is treating their deaths as accidental. (Photo by JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

« Émeutes urbaines à Gre­noble ou gilets jaunes : l’in­di­gna­tion poli­tique à géo­mé­trie variable »

Dans le Mis­tral, en proie à des vio­lences urbaines depuis dix jours, des pom­piers inter­viennent sur l’in­cen­die d’une voi­ture ven­dre­di 8 mars. JEAN-PIERRE CLATOT/AFP

Anne-Sophie Cha­zaud dénonce le déca­lage entre la condam­na­tion viru­lente des vio­lences com­mises par les « gilets jaunes », et le rela­tif silence de l’exé­cu­tif sur les émeutes urbaines à Gre­noble, qui font suite au décès acci­den­tel de deux délin­quants pour­sui­vis par la police.

Selon un scé­na­rio désor­mais bien hui­lé, le quar­tier du Mis­tral à Gre­noble est en proie à de vio­lentes émeutes depuis une hui­taine de jours. Le point de départ est, comme à l’ac­cou­tu­mée, la mort acci­den­telle de deux jeunes délin­quants, Adam Soli et Fatih Kara­kuss, le same­di 2 mars. Ceux-ci, qui rou­laient dan­ge­reu­se­ment à tra­vers la ville en dégra­dant des véhi­cules et met­tant en péril des pié­tons et usa­gers de la route, rou­lant notam­ment sur des trot­toirs à vive allure, au volant d’un scoo­ter de grosse cylin­drée, volé, dépour­vu de plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion et sans casques, sont pris en chasse par la police qui sou­haite assez logi­que­ment les inter­pel­ler. Ils tentent comme de bien enten­du d’é­chap­per au contrôle et se retrouvent mal­en­con­treu­se­ment coin­cés par un auto­car empli de foot­bal­leurs qui pas­sait par là. L’ac­ci­dent leur sera hélas fatal, ce qui est tout à fait regret­table mais qui est un des risques que l’on prend lors­qu’on fait n’im­porte quoi sans pro­tec­tion au volant d’un puis­sant deux roues. Quels que soient le pro­fil des indi­vi­dus et leur indé­niable res­pon­sa­bi­li­té dans ce tra­gique dénoue­ment, on ne peut que com­pa­tir humai­ne­ment à la tris­tesse et au deuil des familles.

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