« Émeutes urbaines à Grenoble ou gilets jaunes : l’indignation politique à géométrie variable »

Dans le Mistral, en proie à des violences urbaines depuis dix jours, des pompiers interviennent sur l’incendie d’une voiture vendredi 8 mars. JEAN-PIERRE CLATOT/AFP

Anne-Sophie Chazaud dénonce le décalage entre la condamnation virulente des violences commises par les « gilets jaunes », et le relatif silence de l’exécutif sur les émeutes urbaines à Grenoble, qui font suite au décès accidentel de deux délinquants poursuivis par la police.

Selon un scénario désormais bien huilé, le quartier du Mistral à Grenoble est en proie à de violentes émeutes depuis une huitaine de jours. Le point de départ est, comme à l’accoutumée, la mort accidentelle de deux jeunes délinquants, Adam Soli et Fatih Karakuss, le samedi 2 mars. Ceux-ci, qui roulaient dangereusement à travers la ville en dégradant des véhicules et mettant en péril des piétons et usagers de la route, roulant notamment sur des trottoirs à vive allure, au volant d’un scooter de grosse cylindrée, volé, dépourvu de plaques d’immatriculation et sans casques, sont pris en chasse par la police qui souhaite assez logiquement les interpeller. Ils tentent comme de bien entendu d’échapper au contrôle et se retrouvent malencontreusement coincés par un autocar empli de footballeurs qui passait par là. L’accident leur sera hélas fatal, ce qui est tout à fait regrettable mais qui est un des risques que l’on prend lorsqu’on fait n’importe quoi sans protection au volant d’un puissant deux roues. Quels que soient le profil des individus et leur indéniable responsabilité dans ce tragique dénouement, on ne peut que compatir humainement à la tristesse et au deuil des familles.

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