La Nou­velle-Calé­do­nie est et doit res­ter fran­çaise

La Nou­velle-Calé­do­nie est et doit res­ter fran­çaise

Nous ne pou­vons que saluer la sagesse des Néo-Calé­do­niens qui ont choi­si la France, ce dimanche 4 novembre, après trente années d’incertitude quant à leur ave­nir. Si le sou­la­ge­ment l’emporte, on aurait tort de croire que leur ave­nir fran­çais est défi­ni­ti­ve­ment assu­ré.

Si nette soit la vic­toire des patriotes, elle n’est pas suf­fi­sam­ment mas­sive pour rendre sans objet l’espoir des indé­pen­dan­tistes d’une « Kana­kie » accé­dant à la pleine sou­ve­rai­ne­té : n’oublions pas que deux autres réfé­ren­dums, en 2020 et 2022, sont pré­vus par les accords de Mati­gnon. Ils sont assu­ré­ment facul­ta­tifs, mais seul un « non » mas­sif à l’indépendance aurait pu les rendre caduques.

Certes, la situa­tion géo­po­li­tique – la menace chi­noise dans la région – a cal­mé les ardeurs anti­fran­çaises des Aus­tra­liens et des Néo-Zélan­dais, naguère sou­tiens et finan­ceurs des indé­pen­dan­tistes. De même, la situa­tion inté­rieure a ren­du obso­lète le dis­cours anti­co­lo­nial. Les Néo-Calé­do­niens, quelle que soit leur ori­gine, sont des citoyens fran­çais à part entière et la Nou­velle-Calé­do­nie n’est pas une colo­nie. Ils savent tous, éga­le­ment, que l’indépendance serait pour l’archipel une catas­trophe non seule­ment géo­po­li­tique, mais éga­le­ment éco­no­mique, sociale, lais­sant libre-cours, de plus, à des frac­tures entre com­mu­nau­tés. Tou­te­fois, si rin­garde soit-elle dans les faits, l’idéologie anti­co­lo­niale agite encore les esprits, notam­ment ceux de la jeu­nesse canaque, qui a voté mas­si­ve­ment pour l’indépendance.

La Répu­blique est seule res­pon­sable de la per­pé­tua­tion des frac­tures iden­ti­taires par son dis­cours de repen­tance per­ma­nent qui délé­gi­time et rend incer­taine la pré­sence de la France sur le Caillou. Il convient donc de res­ter vigi­lant : la Nou­velle-Calé­do­nie est et doit res­ter fran­çaise.