Les ins­ti­tu­tions en faillite

Les ins­ti­tu­tions en faillite

Alors que cer­taines pos­tures d’Emmanuel Macron avaient pu don­ner, dans les pre­miers mois du quin­quen­nat, l’illusion d’une res­tau­ra­tion de la ver­ti­ca­li­té du pou­voir et d’une incar­na­tion plus satis­fai­sante des ins­ti­tu­tions, la suc­ces­sion des petites phrases, des bévues, des sel­fies, et sur­tout la cala­mi­teuse affaire Benal­la, a rame­né l’homme à sa dimen­sion réelle, — c’est-à-dire déri­soire —, celle du bate­leur hys­té­rique de la cam­pagne élec­to­rale des présidentielles.

La faillite de la Macro­nie à laquelle nous assis­tons serait comique si elle n’emportait pas avec elle le pays vers le gouffre ! Mais au-delà du cas Macron, il convient de consi­dé­rer, en cette année du soixan­tième anni­ver­saire de la consti­tu­tion, la faillite des ins­ti­tu­tions elles-mêmes qui, à force d’être déna­tu­rées, ont per­du l’essentiel de leur ver­tu monarchique.

Comme le rap­pelle le prince Jean de France dans un récent article don­né au Figa­ro, le pas­sage au quin­quen­nat notam­ment, a joué un rôle déter­mi­nant dans cette dégra­da­tion : « Selon une logique impla­cable, le pré­sident de la Répu­blique a pris en charge toute la poli­tique de la nation au détri­ment du Pre­mier ministre en titre et le chef de l’É­tat est deve­nu, plus direc­te­ment que jamais, le chef du par­ti majo­ri­taire. La fonc­tion arbi­trale, qui se confond avec celle de chef de l’É­tat dans notre tra­di­tion mil­lé­naire, n’est plus assu­mée de manière effec­tive. Dès lors, il n’est pas éton­nant que les Fran­çais, atta­chés à la sym­bo­lique poli­tique, se pro­noncent à chaque élec­tion pré­si­den­tielle par des votes de rejet plus que d’adhésion. »

Mais le quin­quen­nat n’est pas le seul en cause. En effet, com­ment un régime, quelle que soit la valeur de sa consti­tu­tion, pour­rait-il ser­vir le Bien com­mun de la nation en étant asser­vi pour l’essentiel des déci­sions poli­tiques à des ins­tances supra­na­tio­nales et tech­no­cra­tiques dont la légi­ti­mi­té n’est plus recon­nue par les peuples, si elle l’avait jamais été ?

Fran­çois Marcilhac
Direc­teur poli­tique de l’Action française