Les nouveaux conservateurs
Le réveil des « nouveaux conservateurs »

Le retour de l’Action française

On croyait le mouvement fondé en 1899 par Henri Vaugeois et Maurice Pujo, incarné par son théoricien Charles Maurras, relégué aux catacombes. Depuis les Manifs pour tous, l’Action française (AF) opère un retour en force. Avec naturel, la journaliste de Valeurs actuelles Charlotte d’Ornellas confie avoir donné une conférence devant des militants royalistes et d’extrême droite : « C’était très informel, sur le mode ambiance canap’. J’y ai parlé de la Syrie », relate la jeune femme. En marge de la soirée de lancement de L’Incorrect [une revue lancée par des proches de Marion Maréchal-Le Pen], Jacques de Guillebon certifie aussi : « Tout le monde sort de l’Action française. » Dans les sessions de l’Institut de formation politique, qui forme beaucoup de jeunes à droite, nombreux sont ceux qui, dorénavant, se revendiquent comme des héritiers de Maurras. Au lycée privé Stanislas, situé au coeur de Saint-Germain-des-Prés à Paris, on voit apparaître des élèves qui militent pour le mouvement nationaliste et royaliste. Un professeur de l’établissement de relever : « Pour être un gentilhomme de droite antimoderne, il faut avoir lu Philippe Muray mais aussi Pierre Boutang. »

Le vieux monde est de retour (Stock) de Pascale Tournier ou les connexions entre cercles de droite et d’extrême droite. L’Express publie les bonnes feuilles en exclusivité.

Dans Le vieux monde est de retour(éditions Stock, 19€), la journaliste Pascale Tournier se penche sur l’univers bouillonnant et informel des nouveaux conservateurs. Qu’ils soient « anars de droite », « bioconservateurs », identitaires, catholiques, monarchistes, conservateurs au sens british du terme, « finkelkrautiens », les membres de toute une génération revendique une vision antimoderne du monde et de la France en particulier. De colloques en revues et de revues en think tanks, ils parlent de conservatisme le jour et rêvent d’union des droites la nuit. L’Express publie en exclusivité les bonnes feuilles de l’enquête.

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