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Vive Maur­ras !

La milice de la pen­sée aura donc eu rapi­de­ment gain de cause : Mme Nys­sen, ministre de la culture, n’écoutant que son cou­rage, a reti­ré Maur­ras du Livre des com­mé­mo­ra­tions natio­nales de 2018 à peine la polé­mique a‑t-elle com­men­cé à gon­fler. La France ne célé­bre­ra donc pas offi­ciel­le­ment un de ses plus grands écri­vains et phi­lo­sophes poli­tiques. Ne lui en déplaise, Mme Nys­sen vient au moins de confir­mer une thèse de Maur­ras : l’incapacité du pays légal à se réfor­mer en sor­tant de ses ornières. Par cette mesure, il cherche sim­ple­ment à pri­ver le pays réel de la redé­cou­verte d’un pen­seur et d’un acteur majeurs de la France du XXe siècle, que toute l’intelligence de l’époque a célé­bré : Proust, Apol­li­naire, Coc­teau, Kes­sel, Mal­raux, De Gaulle ou même Lacan.

Mais Mme Nys­sen a pré­fé­ré écou­ter les voix du poli­ti­que­ment cor­rect, de l’antiracisme sub­ven­tion­né et de la libre pen­sée plu­tôt que celle de la pen­sée libre. De l’ancien Pre­mier ministre Manuel Valls, allié pour ce mau­vais coup au dépu­té de la France I” « isla­mo-gau­chiste » Alexis Cor­bière, aux inévi­tables chiens de garde de SOS Racisme et de la LICRA ou à Fré­dé­ric Potier, Délé­gué inter­mi­nis­té­riel à la Lutte contre le racisme, l’an­ti­sé­mi­tisme et les haines anti-LGBT (cela ne s’in­vente pas), le chœur des pleu­reuses a obte­nu du Gou­ver­ne­ment une cen­sure qui n’a qu’un objec­tif : muti­ler la mémoire natio­nale de celui qui voyait dans le racisme son « plus vieil enne­mi intel­lec­tuel » ou décla­rait en 1934 : « Je le répète : il n’y a pas de plus grand dan­ger natio­nal que l’hitlérisme et le sovié­tisme. À éga­li­té ! Et ces égaux-là sont faits pour s’entendre. La carte le confirme. L’avenir le vérifiera. »

Parce qu’en macro­nie on ne fait pas les choses à moi­tié, Mme Nys­sen a éga­le­ment convo­qué, comme un magis­trat des pri­mo-délin­quants pour un rap­pel à la loi, les membres du Haut-comi­té qui a pré­si­dé au Livre des com­mé­mo­ra­tions, par­mi les­quels l’académicienne Danièle Sal­le­nave et les his­to­riens Jean-Noël Jean­ne­ney et Pas­cal Ory. Iront-ils à repentance ?

Qu’importe, au fond. Grâce aux cen­seurs, l’année Maur­ras est désor­mais lan­cée. Et l’Action fran­çaise peut d’ores et déjà annon­cer qu’entre réédi­tions chez de grands édi­teurs, publi­ca­tions et col­loques, elle sera riche.