Pour l’A­ca­dé­mie, l’é­cri­ture inclu­sive est un « péril mortel »
Ambiance sous la coupole de l'Académie française, lors de la cérémonie d'intronisation de l'écrivain Marc Lambron qui fait son entrée à l'Académie française et rejoint de ce fait l'illustre compagnie des immortels.

Pour l’A­ca­dé­mie, l’é­cri­ture inclu­sive est un « péril mortel »

« On voit mal quel est l’ob­jec­tif pour­sui­vi », s’in­ter­rogent les aca­dé­mi­ciens dans leur com­mu­ni­qué. Sébas­tien SORIANO/Le Figaro

Les immor­tels de l’A­ca­dé­mie fran­çaise se sont fen­dus ce jeu­di 26 octobre d’une décla­ra­tion au ton alar­miste condam­nant ver­te­ment l’é­cri­ture inclu­sive. Ils vont même jus­qu’à pré­dire un « péril mor­tel » pour l’a­ve­nir de la langue fran­çaise. Pour rap­pel, cette gra­phie consiste à inclure le fémi­nin, entre­cou­pé de points, dans les noms, comme dans « mes ami·e·s », pour le rendre « visible ». Le « point milieu », ce signe situé à mi-hau­teur des lettres, peut être uti­li­sé alter­na­ti­ve­ment en com­po­sant un mot comme « lycéen·ne » comme suit : racine du mot + suf­fixe mas­cu­lin + le point milieu + suf­fixe féminin.

Cette pra­tique défen­due par cer­taines mili­tantes fémi­nistes au pré­texte que la langue fran­çaise « invi­si­bi­li­se­rait les femmes » a beau­coup fait par­ler d’elle ces der­nières semaines alors qu’un manuel sco­laire, des­ti­né à des élèves de CE2, a été publié pour la pre­mière fois en écri­ture inclu­sive en mars 2017. On peut y lire que « grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche ». L’é­di­teur a expli­qué avoir choi­si d’ap­pli­quer les recom­man­da­tions du Haut Conseil à l’é­ga­li­té entre les femmes et les hommes datant de 2015.

Pre­nant acte de la dif­fu­sion de cette « écri­ture inclu­sive » qui « pré­tend s’im­po­ser comme norme », l’A­ca­dé­mie fran­çaise élève à l’u­na­ni­mi­té une solen­nelle mise en garde : « La démul­ti­pli­ca­tion des marques ortho­gra­phiques et syn­taxiques qu’elle induit abou­tit à une langue dés­unie, dis­pa­rate dans son expres­sion, créant une confu­sion qui confine à l’illi­si­bi­li­té. On voit mal quel est l’ob­jec­tif pour­sui­vi et com­ment il pour­rait sur­mon­ter les obs­tacles pra­tiques d’é­cri­ture, de lec­ture – visuelle ou à voix haute – et de pro­non­cia­tion. Cela alour­di­rait la tâche des péda­gogues. Cela com­pli­que­rait plus encore celle des lecteurs.

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