Jean-Michel Qua­tre­point : « La vente d’Al­stom était un scan­dale écrit d’avance »
(FILES) This file photo taken on August 11, 2011 shows two high-speed trains, a German railway Deutsche Bahn ICE (L) and a French railway SNCF TGV (R) being parked on a platform in the Paris Gare de l'Est railway station.

Jean-Michel Qua­tre­point : « La vente d’Al­stom était un scan­dale écrit d’avance »

JACQUES DEMARTHON/AFP

FIGAROVOX.- Après la vente des acti­vi­tés éner­gie d’Al­stom à Gene­ral Elec­tric, vous aviez dénon­cé cette opé­ra­tion, en 2015, dans nos colonnes, puis à tra­vers un livre, Alstom, un scan­dale d’E­tat. La fusion d’au­jourd’­hui entre les acti­vi­tés fer­ro­viaires d’Al­stom et celle de Sie­mens était-elle écrite ?

Jean-Michel QUATREPOINT.- Elle l’é­tait. Dès le mois de mars 2015, le patron de Sie­mens décla­rait que « dans le domaine du trans­port, une conso­li­da­tion entre entre­prises euro­péennes reste encore possible ».

À par­tir de ces pro­pos, j’é­cri­vais dans « Alstom, scan­dale d’É­tat » : « dans un an, dans cinq ans, c’est iné­luc­table, Alstom Trans­port devra ache­ter ou se faire rache­ter. Sie­mens sera peut-être de la par­tie. Alstom n’ayant pas les moyens finan­ciers, même avec le cash reçu de GE, de pro­cé­der à une grande acqui­si­tion, il lui en fau­dra pas­ser par une alliance qui res­sem­ble­ra fort à une vente. La boucle sera bouclée. »

Ce qu’il faut bien com­prendre, c’est que sur ces mar­chés mon­diaux, seuls les conglo­mé­rats ont pu, et peuvent s’en sor­tir. Il faut avoir plu­sieurs acti­vi­tés, afin d’op­ti­mi­ser les réseaux com­mer­ciaux, la ges­tion finan­cière, les rela­tions avec les don­neurs d’ordre. En se déman­te­lant peu à peu, Alca­tel Alstom était condam­née, un jour ou l’autre, à disparaître.

La suite