« Le popu­lisme est un retour du poli­tique au-delà des idéologies. »

« Le popu­lisme est un retour du poli­tique au-delà des idéologies. »

3 ques­tions à… Sté­phane Blan­chon­net, Pré­sident du comi­té direc­teur de l’Action fran­çaise, qui a pro­non­cé une confé­rence au Camp Maxime Real del Sarte 2017 sur le populisme

 

AF 2000. Com­ment défi­nis­sez-vous une notion aus­si nébu­leuse que le « populisme » ?

Sté­phane Blan­chon­net. Il y a trois façons de le défi­nir : his­to­ri­que­ment (en ren­voyant aux signi­fi­ca­tions pré­cé­dentes du mot, en réfé­rence aux expé­riences pas­sées en Rus­sie et aux États-Unis à la fin du XIXe siècle), par le sens polé­mique (le popu­lisme en tant qu’injure, syno­nyme de fas­cisme) ou comme une réac­tion à la mon­dia­li­sa­tion dont les mani­fes­ta­tions prin­ci­pales sont la demande de pro­tec­tion, la défense de l’identité et le rejet de cer­taines élites.

AF2000. Quelles sont actuel­le­ment les dif­fé­rentes lec­tures du phé­no­mène populiste ?

SB. La lec­ture néga­tive est domi­nante mais peu inté­res­sante. Elle cor­res­pond à l’injure poli­tique et à la dia­bo­li­sa­tion. Les lec­tures posi­tives le sont davan­tage. Elles cor­res­pondent à un retour du poli­tique au-delà des idéo­lo­gies et au-delà de la gou­ver­nance, telle qu’elle est pra­ti­quée par les par­tis dits de gou­ver­ne­ment, à une réponse morale face à la révolte des élites théo­ri­sée par Chris­to­pher Lasch et à un phé­no­mène de réac­tion iden­ti­taire (Cous­se­dière), le peuple vou­lant renouer avec son iden­ti­té afin de se protéger.

AF2000. Peut-on ima­gi­ner une lec­ture maur­ras­sienne du populisme ?

SB. La posi­tion maur­ras­sienne à l’égard du popu­lisme doit s’inspirer de la posi­tion de l’A.F. à l’égard du natio­na­lisme (à l’origine du mou­ve­ment) ou à l’égard du sou­ve­rai­nisme (dans une période plus récente). Il s’agit donc de s’appuyer sur cette force et sur ce phé­no­mène d’actualité pour conduire à nos propres conclu­sions, notam­ment monarchiques.