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Lire Charles Maur­ras en 2017

Le talon d’A­chille de nom­breux mou­ve­ments, revues et publi­ca­tions se vou­lant en dehors du dis­cours actuel est d’être encore beau­coup trop sen­sibles aux oukases idéo­lo­giques des arbitres des élé­gances poli­tiques. Tou­jours et encore, la plu­part en viennent à se jus­ti­fier mal­adroi­te­ment, à se défendre d’être réac­tion­naires ou pire aux yeux des don­neurs de leçons : 

hédo­niste ou anar de droite, et catho­lique, le pire pour eux (Nota Bene : je suis le tout et me fiche bien de l’a­na­thème des bour­geois pédagogues).

Comme si fina­le­ment toutes per­sonnes se pré­sen­tant comme esprits indé­pen­dants admet­taient encore la chape de plomb des idées bien pen­santes pesant sur eux. C’est aus­si que leur rai­son­ne­ment poli­tique n’est pas encore tota­le­ment abou­ti. Ils n’ont donc fina­le­ment que très peu de confiance dans leurs opi­nions encore par consé­quent trop fragiles.

Ils ont avec ce livre un outil leur per­met­tant de les conso­li­der, quitte pour cela à se culti­ver d’eux-mêmes par ailleurs sur tous les points les intéressant…

Éva­cuons tout de suite les reproches que l’on peut faire à Maurras :

son anti­sé­mi­tisme et sa concep­tion for­te­ment biai­sée du catho­li­cisme, très for­te­ment tein­tée de positivisme.

Même si selon sa réflexion per­son­nelle sa haine des juifs se jus­ti­fiait, qu’un auteur se récla­mant à ce point de la Rai­son s’y soit enfer­ré jus­qu’au bout est incom­pré­hen­sible. Il avait éga­le­ment une concep­tion très posi­ti­viste du catho­li­cisme, ins­tru­ment de main­tien de valeurs morales, un simple outil dans lequel il n’a jamais entre­vu aucune valeur spi­ri­tuelle. Il ne remet­tait pas du tout en ques­tion tout l’hé­ri­tage de la Révo­lu­tion fran­çaise, dans son « His­toire de France », Jacques Bain­ville sou­ligne d’ailleurs com­bien l’é­vo­lu­tion du pays dans les années 1790 ne fait que suivre des trans­for­ma­tions déjà ini­tiées par les rois.

Faut-il pour son anti­sé­mi­tisme s’abs­te­nir de le lire ou de s’in­té­res­ser à ce qu’il écri­vait ? Évi­dem­ment non. On res­pecte bien encore l’o­pi­nion et les dis­cours d’an­ciens maoïstes et, ou sta­li­niens. Maur­ras par l’Ac­tion Fran­çaise, grâce éga­le­ment aux hommes de talent dont il a su s’en­tou­rer créait dans ce pays un bouillon­ne­ment intel­lec­tuelle d’i­dées poli­tiques et esthé­tiques que l’on cher­che­rait vai­ne­ment aujourd’hui.

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