Charles Zem­mour et Eric Maurras

Charles Zem­mour et Eric Maurras

Eric Zem­mour en novembre 2015 au tri­bu­nal de grande ins­tance de Paris. Pho­to Ber­trand Guay. AFP

Le livre du polé­miste favo­ri de l’extrême droite se pré­sente comme une contre-his­toire. Il res­sus­cite en fait un récit natio­na­liste et auto­ri­taire, rem­pla­çant la haine des Juifs par la dénon­cia­tion de l’islam.

Cette fois la pen­sée de droite a fran­chi la ligne rouge. On le pres­sen­tait depuis que l’obsession de l’identité – que cer­tains, hélas, encou­ragent à l’extrême gauche – a conduit au pro­cès oblique de « l’idéologie des droits humains ». Avec Zem­mour c’est chose faite. Son Des­tin Fran­çais, der­nier opus du publi­ciste favo­ri de l’extrême droite, ne livre qu’un seul mes­sage : les liber­tés publiques sont désor­mais un obs­tacle au salut de la nation. Une phrase résume le livre (p. 191) : « Igno­rant les leçons du pas­sé et oubliant les ver­tus de son his­toire, la France saborde son état au nom des droits de l’homme et l’unité de son peuple au nom de l’universalisme. » La liber­té : voi­là l’ennemie.

Après une intro­duc­tion per­son­nelle, plu­tôt bien trous­sée, Zem­mour livre un essai chro­no­lo­gique, de Clo­vis à nos jours. Le livre se pré­sente comme une contre-his­toire qui dégonfle les mythes offi­ciels – ce qui se conçoit. Il déterre en fait l’histoire monar­chiste natio­na­liste telle qu’elle fut dif­fu­sée par Maur­ras, Bain­ville et quelques autres entre les deux guerres. Une his­toire cur­sive, soi­gneu­se­ment écrite, mais une his­toire à œillères, outra­geu­se­ment partisane.

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