Littérature et roman national

Littérature et roman national

Stéphane BLANCHONNET

Article paru sur dans Le Bien Commun

La France entretient un rapport singulier à la littérature. Les étrangers ne s’y trompent pas en la considérant comme la patrie par excellence de la culture. «  France, mère des arts, des armes et des lois  » comme l’écrivait Joachim Du Bellay. Notre État, pendant toute sa longue histoire, – la plus longue de toutes –, s’est édifié par la volonté des rois capétiens et de l’Église bien sûr mais aussi avec le précieux concours des lettres.

C’est la France qui la première ressuscite à l’époque médiévale le vieux genre de l’épopée avec la merveilleuse Chanson de Roland qui fixe pour toujours l’image de la « douce France » et annexe la figure de Charlemagne au roman national. À la Renaissance, les poètes de la Pléiade proclament crânement que la langue française doit naturellement succéder au grec, au latin et à l’italien comme langue de la grande culture, au titre d’héritière de ces glorieuses devancières mais selon des modalités qui lui soient propres, l’imitation des Anciens ne devant jamais être servile.

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