La pla­nète brûle et nous regar­dons ailleurs »…

La pla­nète brûle et nous regar­dons ailleurs »…

Cette semaine était pla­cée sous le signe de l’écologie ou, du moins, du sou­ci envi­ron­ne­men­tal, mais l’échec du som­met de l’ONU sur le cli­mat et les annonces peu ras­su­rantes des scien­ti­fiques du GIEC sur l’état de san­té des océans n’en font pas vrai­ment une semaine heu­reuse. Cette dégra­da­tion de notre cadre pla­né­taire de vie, qui peut légi­ti­me­ment inquié­ter et, même, enco­lé­rer, avait été dénon­cée il y a déjà dix-sept ans par feu le pré­sident Jacques Chi­rac, dans son célèbre dis­cours de Johan­nes­burg, dis­cours qu’il n’est pas inutile de relire avec ce recul des années qui lui confère désor­mais un sta­tut de texte fon­da­teur dans l’histoire du sou­ci envi­ron­ne­men­tal des Etats. Mais sa lec­ture peut aus­si, a pos­te­rio­ri, nous inci­ter à une cer­taine indul­gence face à la fureur mal maî­tri­sée de cette jeune Sué­doise invi­tée à s’exprimer devant les membres de l’ONU en début de semaine, une fureur qui a peut-être des­ser­vi son mes­sage éco­lo­giste mais n’enlève rien à la per­ti­nence de l’alerte, déjà mille fois répé­tée mais si peu écou­tée et mal enten­due.   Sou­ve­nons-nous : en 2002, la Terre compte envi­ron 6 mil­liards d’habitants et le triomphe de la socié­té de consom­ma­tion semble total, en par­ti­cu­lier depuis la chute des der­niers régimes com­mu­nistes de l’Europe orien­tale et la fin et l’absence (toute appa­rente, en fait) de toute « alter­na­tive » visible et cré­dible à la mon­dia­li­sa­tion libé­rale capi­ta­liste. La fin de l’histoire, évo­quée par le néo­con­ser­va­teur états-unien Fran­cis Fukuya­ma au début des années 1990, semble se réa­li­ser par la glo­ba­li­sa­tion démo­cra­tique qui cache (mal) l’établissement d’une sorte de « glo­ba­li­ta­risme » mar­chand et mora­li­sa­teur ; les océans sont assaillis par des flottes de plus en plus nom­breuses, entre porte-conte­neurs char­gés de pro­duits fabri­qués ailleurs et loin, et navires-usines char­gés de tirer des mers toute vie éco­no­mi­que­ment négo­ciable et mon­nayable pour emplir les assiettes des consom­ma­teurs de plus en plus gour­mands ; les socié­tés dites du « Sud » veulent se fondre dans le grand Tout consu­mé­riste et com­mencent, en leurs classes moyennes, à imi­ter leurs aînées du « Nord », sui­vant le modèle éner­gi­vore et pol­luant qui a fon­dé, par exemple, les fameuses et mal nom­mées « Trente Glo­rieuses » en France ; l’empreinte éco­lo­gique des socié­tés humaines explose mal­gré les mises en garde des spé­cia­listes de la météo­ro­lo­gie et des milieux natu­rels…
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