La Grèce face à l’in­jus­tice européenne.
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La Grèce face à l’in­jus­tice européenne.

La Grèce ne fait plus beau­coup par­ler d’elle, comme si, après sa red­di­tion d’il y a deux ans, elle était défi­ni­ti­ve­ment condam­née à tou­jours céder et obéir aux oukases de ses créan­ciers et de l’U­nion euro­péenne : sa résis­tance serait ain­si défi­ni­ti­ve­ment bri­sée et c’est la Gauche radi­cale, deve­nue social-démo­crate, qui est char­gée de la sale besogne dont elle s’ac­quitte avec une grande (sinon bonne) conscience et une belle constance. Reli­sez les dis­cours de M. Tsi­pras du début des années 2010 et, même, du début de l’é­té 2015, alors que le réfé­ren­dum grec fai­sait trem­bler tout l’é­di­fice mal construit de la zone euro-mon­naie unique qui ne s’a­vé­rait alors forte que de sa vio­lence sociale : dis­cours qui pou­vaient se qua­li­fier de « résis­tance » parce qu’ils sem­blaient vrai­ment l’in­car­ner face aux déci­sions des ban­quiers et de la troï­ka UE-BCE-FMI, bras armé de la fameuse « gou­ver­nance » en Europe des 28. C’é­tait un autre temps, révo­lu et déjà oublié…

Ain­si, après plus d’une dou­zaine d’é­pi­sodes de baisses des pen­sions de retraite et des salaires, en par­ti­cu­lier du public « cap­tif » des fonc­tion­naires, la Grèce reçoit quelques secours de l’Eu­ro­groupe sous la forme du déblo­cage de quelques mil­liards d’eu­ros qui, en défi­ni­tive, ne pro­fi­te­ront jamais aux Grecs ni à l’é­co­no­mie du pays, comme le recon­naît le quo­ti­dien libé­ral L’O­pi­nion dans son édi­tion du lun­di 10 juillet : « Le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té (MES), est (…) conve­nu ven­dre­di de déblo­quer ce lun­di une somme de 7,7 mil­liards d’eu­ros. Les Grecs ne gar­de­ront pas l’argent long­temps : 6,9 mil­liards sont, en effet, des­ti­nés au ser­vice de la dette, c’est-à-dire à rem­bour­ser les créan­ciers. Et 800 autres mil­lions à régler des arrié­rés de paie­ments. »

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