Maur­ras aujourd’hui

Maur­ras aujourd’hui

Je suis deve­nu roya­liste au début des années quatre-vingt-dix en même temps que je fai­sais mes pre­mières armes de mili­tant poli­tique. J’ai été séduit par la figure de Maur­ras, écri­vain, chef de file d’une école de pen­sée pres­ti­gieuse, maître jusque dans sa phy­sio­no­mie, mais sur­tout par les réponses que sa doc­trine appor­tait à mes inter­ro­ga­tions de jeune patriote : qu’est-ce que la France ? Par qui a‑t-elle été faite ? Quelle est la for­mule de l’ordre qui lui appar­tient en propre ? Com­ment éta­blir un pou­voir fort sans tom­ber dans l’embrigadement des régimes tota­li­taires ? Qu’est-ce que la légitimité ?
À toutes ces ques­tions Maur­ras apporte une réponse : la France est le fruit de l’His­toire, prin­ci­pa­le­ment de l’ac­tion des Capé­tiens ; la for­mule de l’ordre qui lui cor­res­pond n’est pas un régime auto­ri­taire quel­conque mais la monar­chie tra­di­tion­nelle, héré­di­taire et décen­tra­li­sée ; sa consti­tu­tion natu­relle est un état réga­lien, cen­tré sur l’es­sen­tiel, dont le chef, n’é­tant pas la créa­ture de l’o­pi­nion, n’ayant pas à s’as­su­rer des consciences, peut exer­cer son auto­ri­té sans craindre face à lui l’exis­tence d’une socié­té héris­sée de liber­tés et de contre-pou­voirs ; la légi­ti­mi­té ne se crée pas ex nihi­lo mais pro­cède du pas­sé et s’ex­prime par des sym­boles forts, dont le roi est le plus riche.
Mais d’autres ques­tions ont atti­ré mon atten­tion. Des ques­tions qui ont ébran­lé de nom­breux maur­ras­siens de ma géné­ra­tion. Je vous pro­pose ici un par­cours à tra­vers les rai­sons de choi­sir Maur­ras comme maître, à tra­vers les rai­sons de mettre ce choix en ques­tion, de le pas­ser au crible d’une cri­tique sans conces­sion, et à tra­vers les rai­sons qui me font pen­ser que ce choix reste mal­gré tout le meilleur, celui qui peut, aujourd’­hui encore, ser­vir de règle à notre réflexion et à notre action pour la Cité.

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