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Complotisme, une commission pour quoi faire ?

Par Olivier Perceval

Notre chroniqueuse Hildegarde rappelait dans une récente contribution sur le site AF.net « qu’en France, nous avons subi depuis des mois des mensonges, des décisions contradictoires, des annonces catastrophistes sans suite. Dernièrement encore, Madame Bouadma (réanimatrice !) du conseil scientifique, nous annonçait fin août : « 50 000 cas par jour à la rentrée scolaire… »* Nous avons appris récemment que, paradoxalement, plus de 5000 lits avaient été fermés en France. En raison du manque de sérieux de la parole publique, de son manque de prudence, les réseaux sociaux s’emparent bien évidemment de toutes les thèses les plus farfelues. Mais qui peut dire que dans le concours des farfelus les meilleurs se trouvent sur ces réseaux : Chacun se souvient de déclarations de Madame Buzin ou de Madame Sibeth Ndiaye… »

Devant ce constat, inquiétant, plutôt que de balayer devant sa porte, l’Elysée a demandé à Gérald Bronner sociologue, de prendre la tête d’une commission « d’experts » pour mettre fin aux propos « complotistes » notamment dans les réseaux sociaux.

L’affaire commence plutôt mal avec la nomination dans cette commission, de celui qu’on a surnommé “l’urologue des stars”, Guy Vallancien,présenté comme la caution médicale du groupe. Celui-ci n’est pas seulement un grand praticienreconnu, mais il est également (re)connu pour plusieurs affaires plutôt embarrassantes. En novembre 2019, le grand public le découvre lors du scandale du charnier à Paris-Descartes. Le chirurgien a été à la tête du « Centre de Don des Corps » (CDC) de 2004 à 2014 et a créé en 2001 l’École Européenne de Chirurgie, accusée dans une enquête de l’Express, publiée en février 2020, de monnayer ces corps. Par ailleurs, on retrouve son nom au milieu de l’énorme scandale du Médiator, lequel met à mal la crédibilité, aussi bien de l’agencenationale du médicament, de la pharmacovigilance et l’honnêteté des multiples réseaux vassalisés par « BigPharma ». La ficelle étant un peu grosse, il sera évidemment obligé de quitter la commission.

​Et ce n’est pas fini car Gérald Bronner lui-même, président de la dite commission, a attaqué les “esprits malveillants qui radiographient chacun des membres” de ce cercle d’experts chargés de faire des propositions dans les champs de l’éducation, de la régulation, de la lutte contre les « diffuseurs de haine » et de la désinformation, commissioncomposée de sept hommes et sept femmes, universitaires, politologues, historiens, journalistes,médecins, chercheurs. Il critique les journalistes et surtout tacle sournoisement la pneumologue Irène Frachon, la lanceuse d’alerte du Médiator. Mais qui est ce donneur de leçon ? Celui qui a fait une thèse sur les croyances après avoir lui-même été “très crédule”, croyant au chamanisme ou à l’astrologie, avait ainsi assuré dans un ouvrage en 2014 que l’utilisation d’eau de javel avait été délibérément retardée lors de l’épidémie à Haïti en 2010. Ce n’était pourtant qu’une rumeur, que l’auteur a été incapable d’étayer par des preuves concrètes, comme le révélait Le Monde

Bref, cette commission de sac et de corde voulue par le président Macron devait servir de « cache-sexe » au gouvernement, lequel depuis le début de la pandémie multiplie les « fake news » et les contradictions. Une raison supplémentaire de s’interroger sur le besoin irrépressible des responsables politiques de notre pays de montrer du doigt tous les opposants : scientifiques, journalistes, polémistes ou lanceurs d’alerte, en les classant parmi les infréquentables complotistes porteurs de haine, afin de les faire taire. Une commission pour quoi faire exactement ?  Pour proposer des solutions contre l’inflation complotiste ? Mais quelles seront ces solutions ? Eh bien peut-être de frapper de sanctions pénales les contrevenants, c’est-à-dire sans doute des hurluberlus qui voient partout le complot d’une secte internationale adoratrice de l’aubergine et au service d’extraterrestres inventeurs de la 5G, mais aussi, tous ceux qui expriment simplement, dans lepays dit de la liberté, une note discordante avec la doxa officielle.

A quelques mois de la campagne des présidentielles, il faudrait que le pouvoir ne véhicule pas, par des décisions fébriles révélant  son affolement, l’idée qu’il y a bien un complot contre les Français au plus haut niveau de l’Etat.