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L’expression des mili­taires : au-delà des polémiques…

Par la rédac­tion de l’ASAF

Les vives polé­miques à pro­pos des deux tri­bunes, qui ont fait la « une » des médias il y a quelques semaines, ont natu­rel­le­ment entraî­né dans leur sillage de mul­tiples et diverses réac­tions et réflexions rela­tives à la ques­tion de l’expression des mili­taires, d’active, en « deuxième sec­tion » ou retrai­tés et dont le site de l’ASAF a pu se faire l’écho.

Limi­té de jure aux mili­taires d’active, voire aux offi­ciers géné­raux ayant quit­té le ser­vice, il est très pro­bable que ce sujet res­te­ra latent, mais tou­jours à la mer­ci de l’omniprésente média­ti­sa­tion, de l’emprise des réseaux sociaux et du risque d’instrumentalisation. Aus­si, dans un tel contexte, fau­dra-t-il conti­nuer d’y réflé­chir avec la pro­fon­deur, la gra­vi­té, le calme et un grain d’imagination que sa nature requiert et que les cir­cons­tances néces­sitent. Pour une part, il y va à la fois de la place des Armées dans la Nation, de leur cré­di­bi­li­té et de leur uni­té. Un tel enjeu est indis­so­ciable d’un constat qu’il faut avoir en tête pour poser cor­rec­te­ment les termes du pro­blème et qui peut se rame­ner à quatre points : 
- la rela­tion tou­jours com­plexe du Poli­tique et du Mili­taire, décrite en termes déci­sifs par le géné­ral (alors com­man­dant) de Gaulle dans Le Fil de l’Épée en 1932 et dont les lignes peuvent nous éclai­rer sur un vers de Cicé­ron sou­vent cité ces temps der­niers « Cedant arma togae »,  vers la plu­part du temps pris au sens lit­té­ral alors que dans l’esprit de son auteur il s’agissait cer­tai­ne­ment d’un vœu pieux, celui de voir un jour le temps des armes lais­ser place à celui des lois ; 
- l’étrangeté du mili­taire ; en effet, indi­vi­du voué au ser­vice de la com­mu­nau­té natio­nale de façon très par­ti­cu­lière, il baigne dans une anthro­po­lo­gie ambiante pri­vi­lé­giant les inté­rêts indi­vi­duels mais dont les consé­quences néga­tives sont de plus en plus visibles ; aus­si sa parole même peut être à la fois déran­geante et atten­due ; 
- la per­sis­tance du mythe de la« Grande Muette », lié à la période révo­lue, de 1872 à 1946, où les mili­taires ne dis­po­saient pas du droit de vote, que d’aucuns peuvent avoir ten­dance à mettre en avant pour inter­dire toute prise de parole de ces der­niers dans l’espace public ou par­fois pour leur inter­dire de réflé­chir ; 
- l’importance de la forme ; le terme « devoir de réserve » a été bien davan­tage com­men­té du point de vue de son conte­nu que de la forme de l’expression ; or l’on gagne­rait à réflé­chir éga­le­ment sur la défi­ni­tion de « réserve » que donne le Petit Robert et qui ren­voie notam­ment à la cir­cons­pec­tion, à la digni­té et à la prudence.

À condi­tion de don­ner leur plein sens à ces mots, la parole du mili­taire, en les pre­nant à son compte, a beau­coup à gagner en impact, en rayon­ne­ment et en fia­bi­li­té. En un temps de voyeu­risme et d’excès d’informations le ser­vi­teur loyal qu’est déjà le mili­taire ne peut que se gran­dir, lui et son Ins­ti­tu­tion, par une parole rare, oppor­tune, mesu­rée et ciblée. Son pres­tige même n’en sera qu’accru.

C’est d’ailleurs cette parole-là que l’on est en droit d’espérer dans la pers­pec­tive des élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives de 2022. Elle est indis­pen­sable pour sen­si­bi­li­ser nos com­pa­triotes aux grands enjeux et défis de sécu­ri­té aux­quels la France est et sera confron­tée. Elle l’est aus­si pour les faire adhé­rer vrai­ment, au-delà des péti­tions de prin­cipe, à la vie de nos armées et à leur déve­lop­pe­ment et alors que menace une crise finan­cière consé­cu­tive à la crise sanitaire.

La RÉDACTION de L’ASAF (Asso­cia­tion de Sou­tien à l’Armée Fran­çaise)
www.asafrance.fr