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La peur dicte la réac­tion dis­ci­pli­naire du minis­tère des armées

Par Ber­trand Soubelet

Nous repro­dui­sons  ici la réac­tion du Géné­ral Sou­blet sur les mesures dis­ci­pli­naires dépla­cées et ridi­cules  du minis­tère à l’encontre des géné­raux signa­taires de la tri­bune parue dans Valeurs Actuelles (NDLR)

Déci­dé­ment le ridi­cule ne décou­rage pas nos gouvernants.

Il y a quelques jours à peine la ministre des Armées a convo­qué en Conseil de dis­ci­pline plu­sieurs géné­raux en deuxième sec­tion, c’est à dire dans une posi­tion sta­tu­taire qui n’est pas celle de l’activité.

Motif : avoir signé la tri­bune publiée par Valeurs actuelles le 21 avril dernier

Objec­tif : les sanctionner.

Cette réac­tion poli­tique au mes­sage d’a­mour pour la France de tous ces mili­taires est véri­ta­ble­ment typique d’un petit monde pari­sien tota­le­ment décon­nec­té de la réalité.

On attend de nos diri­geants un peu de hau­teur de vues et la com­pré­hen­sion des enjeux aux­quels nous devons col­lec­ti­ve­ment faire face.

Au lieu de posi­ti­ver et de rebon­dir intel­li­gem­ment à cette inquié­tude mani­fes­tée dans la tri­bune et par­ta­gée par une majo­ri­té de Fran­çais voi­là une réponse bien étri­quée et comme on dit dans nos rangs : « garde à vous ! Je ne veux voir qu’une seule tête !

Appli­ca­tion de l’ar­ticle 1 : le chef a tou­jours raison »

Mais où est le chef ?

Je parle du chef des Armées qui est res­té bien silen­cieux depuis cet épisode.

Il a char­gé la ministre des Armées d’exé­cu­ter les basses œuvres.

Mais au fond qu’y a t‑il dans cette lettre de si particulier ?

Que des mili­taires de tous grades s’a­dressent col­lec­ti­ve­ment au Pré­sident de la Répu­blique et à l’en­semble de l’exé­cu­tif ? Quel affront ! Quelle outrecuidance !

Il se trouve que ces mili­taires et anciens mili­taires sont aus­si des citoyens.

Comme les autres. Avec des attentes, des inquié­tudes, une concep­tion de leur pays, de leur patrie.

Et tout cela est respectable.

En réa­li­té les signa­taires n’ont rien dit de plus que ce que j’a­vais décla­ré en 2013 devant une com­mis­sion d’in­for­ma­tion de l’As­sem­blée Natio­nale et écrit maintes fois depuis, rien de dif­fé­rent de ce qu’a­vait aus­si affir­mé Patrick Cal­var alors direc­teur géné­ral de la sécu­ri­té inté­rieure devant l’As­sem­blée Natio­nale en 2015 en évo­quant une crainte de guerre civile ; rien de dif­fé­rent non plus de la décla­ra­tion de Gérard Col­lomb sur les marches de Beau­vau par­lant de Fran­çais « ne vivant plus côte à côte mais face à face ».

Qu’est-ce que l’exé­cu­tif veut prou­ver en convo­quant en Conseil de dis­ci­pline ces ser­vi­teurs de l’E­tat qui pour la plu­part ont ris­qué leur vie pour notre pays ?

Faire un exemple ?

Pour à nou­veau mon­trer que les mili­taires sont des citoyens de seconde zone à qui on demande d’al­ler se faire trouer la peau et de la fermer ?

Aggra­ver les frac­tures dans notre pays ?

Car plus de 70% des Fran­çais approuvent le conte­nu de cette lettre et par­tagent ces inquiétudes.

Ou alors confir­mer l’au­tisme dont ils font preuve depuis des années devant la dégra­da­tion de la socié­té fran­çaise, mala­die par­ta­gée par l’en­semble de la caste politique.

Pire j’ai la convic­tion que c’est la peur qui dicte cette réac­tion dis­ci­pli­naire d’un autre âge, peur de celles et ceux qui placent au-des­sus de tout : les prin­cipes, la droi­ture, l’hon­neur et la défense de toutes les valeurs qui fondent notre pays et dont les poli­tiques ne sont plus repré­sen­ta­tifs depuis bien longtemps.

Réveillez-vous mon­sieur le Pré­sident, mes­dames et mes­sieurs les ministres nous ne sommes plus au XIXème siècle.

Les mili­taires ne sont pas un danger.

Ils n’ont qu’un seul défaut. Ils aiment la France.

Nous avons plus que jamais besoin de bien­veillance, de gran­deur et d’au­dace et hélas pour la France vous n’en faites pas preuve.

Les Fran­çais vous diront clai­re­ment ce qu’ils pensent de vous en 2022.