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Beau suc­cès mili­taire pour l’armée fran­çaise au Mali

Par Antoine de Lacoste

​Plu­sieurs dizaines de dji­ha­distes ont été mis « hors d’état de nuire » le 30 octobre der­nier, a annon­cé Flo­rence Par­ly, ministre des armées, au cours d’une confé­rence de presse.L’opération, qua­li­fié « d’opportunité » (autre­ment dit non pla­ni­fiée mais en réac­tion immé­diate à un ren­sei­gne­ment), a mobi­li­sé d’importants moyens : avions de chasse, drones (enfin uti­li­sés !), héli­co­ptères et com­man­dos au sol. 

​Tous les détails ne sont pas connus, comme d’habitude, mais on sait tout de même que les com­bats ont duré plu­sieurs heures et se sont dérou­lés au Mali, non loin de la fron­tière avec le Bur­ki­na Faso. C’est le groupe dji­ha­diste Ansar ul-Islam qui a fait les frais de l’opération et per­du ain­si une cin­quan­taine d’hommes dont quelques pri­son­niers. Ce groupe fait par­tie du Groupe de sou­tien à l’Islam et aux Musul­mans (GSIM), nébu­leuse affi­liée à al-Qaï­da. Il est en concur­rence vio­lente avec d’autres mou­ve­ments regrou­pés au sein de l’Etatislamique sous le nom de Etat Isla­mique dans le Grand Saha­ra (EIGS). Des com­bats san­glants ont oppo­sé les deux enti­tés­dont l’Etat isla­mique est sor­ti vain­cu et très affai­bli. En outre, plu­sieurs opé­ra­tions menées par la France au début de l’année, notam­ment par le 2è REP, ont éga­le­ment por­té des coups très durs à l’EIGS. Des com­man­dos fran­çais sont tou­jours pré­sents sur place (dans la zone dite des trois fron­tières) a récem­ment décla­ré le géné­ral Lecointre et conti­nuent la traque des quelques cen­taines d’hommes que compte encore l’EIGS.

​C’est donc aujourd’hui al-Qaï­da qui opère sur le ter­rain de façon très active et la des­truc­tion de ce groupe par l’armée fran­çaise inter­vient alors qu’il se pré­pa­rait à une attaque a pré­ci­sé la ministre, sans indi­quer quelle était la cible des islamistes.

​Flo­rence Par­ly a annon­cé tout cela depuis Bama­ko où elle est actuel­le­ment en dépla­ce­ment. Il est en effet néces­saire de s’assurer des inten­tions de la nou­velle équipe mili­taire au pou­voir depuis le putsch du mois d’août. C’est d’autant plu­surgent que Bama­ko a récem­ment libé­ré plus de 200 isla­mistes empri­son­nés en échange d’otages, dont la Fran­çaise Sophie Pétro­nin. C’est à cette occa­sion que l’on a appris la conver­sion à l’islam de notre com­pa­triote, ce qui a quelque peu cas­sé l’impact média­tique du retour triom­phal à Paris de la néo-musulmane.

​En tout état de cause, la remise en liber­té de 200 com­bat­tants isla­mistes fut un dénoue­ment pour le moins inat­ten­du et cette prime don­née aux pre­neurs d’otages isla­mistes laisse rêveur.

​Ce suc­cès mili­taire, incon­tes­table, vient à point nom­mé pour sou­li­gner la néces­si­té de cette opé­ra­tion Bar­khane tant décriée qui coû­te­rait beau­coup trop cher pour un résul­tat incer­tain. Cet argu­ment finan­cier est assez dis­trayant alors que l’Etat dila­pide quo­ti­dien­ne­ment des mil­liards pour com­pen­ser d’absurdes et liber­ti­cides fer­me­tures de com­merces dans le cadre d’un confi­ne­ment non moins absurde.

​Certes, les résul­tats mili­taires sont par nature incer­tains sur un ter­ri­toire aus­si vaste. La France aime­rait bien prendre un peu de champ et par­ta­ger le far­deau avec d’autres forces euro­péennes, mais elles ont dit non (à part l’Estonie qui a envoyé quelques com­man­dos). Voi­là un bel exemple de soli­da­ri­té européenne.

​Quant à lais­ser la main aux forces afri­caines, cha­cun sait que ce serait la porte ouverte à une inva­sion rapide du Mali. 

​Il n’y a donc pas le choix, l’armée fran­çaise doit res­ter si nous ne vou­lons pas demain nous réveiller avec al-Qaï­da au pou­voir au Mali ou au Burkina-Faso.