L’armée syrienne pour­suit son offen­sive et libère la ban­lieue d’Alep

L’armée syrienne pour­suit son offen­sive et libère la ban­lieue d’Alep

Par Antoine de Lacoste

Après les mul­tiples menaces turques et la libé­ra­tion de l’autoroute Damas-Alep, prin­ci­pal objec­tif à court terme, on pou­vait pen­ser que l’offensive de l’armée syrienne allait connaître une pause. Il n’en n’a rien été et les com­bats conti­nuent à faire rage entre isla­mistes et sol­dats syriens. 

Le front s’est tou­te­fois dépla­cé et c’est l’Ouest d’Alep qui a été recon­quis par l’armée syrienne. On se rap­pelle qu’Alep, qui fut long­temps le pou­mon éco­no­mique du pays, avait fait l’objet de com­bats achar­nés de 2012 à 2016. Une attaque mas­sive des isla­mistes leur avait per­mis de prendre l’Est de la ville mais ils n’avaient jamais pu aller plus loin dans une ville qui leur était hos­tile. C’est à ce moment que les souks d’Alep, les plus beaux d’Orient, furent détruits. 

La recon­quête fut dif­fi­cile et ce n’est que fin 2016 que les der­niers isla­mistes se ren­dirent et, confor­mé­ment aux accords pas­sés avec la Rus­sie, furent trans­por­tés plus à l’Ouest, dans la pro­vince d’Idlib. Cette der­nière était aux mains du Front al-Nos­ra depuis presque 2012 et ses com­bat­tants avaient même inves­ti une par­tie de la ban­lieue Ouest d’Alep et tous les vil­lages environnants. 

Depuis, presque tous les jours, des roquettes tom­baient sur les quar­tiers libé­rés fai­sant régu­liè­re­mentdes vic­times. On en par­lait peu dans les médias occi­den­taux car seules les vic­times du « régime » inté­ressent nos hon­nêtes journalistes. 

L’armée syrienne reprend main­te­nant tout ce ter­ri­toire et, après de durs com­bats de rue dans la ban­lieue Ouest, elle libère les vil­lages occu­pés les uns après les autres. Comme tou­jours, d’importants réseaux de tun­nels sont ensuite décou­verts, dont la sophis­ti­ca­tion est d’ailleurs assez remarquable. 

L’armée turque est fina­le­ment assez pas­sive alors que l’on pou­vait craindre qu’elle ne contre­carre plus sérieu­se­ment l’avancée syrienne. Nul doute que les dis­cus­sions entre res­pon­sables russes et turcs y soient pour quelque chose. 

Que peut-il se pas­ser main­te­nant ? L’armée syrienne peut reprendre le Sud de la pro­vince, rela­ti­ve­ment iso­lé main­te­nant, mais éga­le­ment pour­suivre vers l’Ouest en direc­tion de la fron­tière turc ce qui est diplo­ma­ti­que­ment assez périlleux. 

Il est cer­tain que la maî­trise des airs donne à Pou­tine un avan­tage déci­sif. Toute cette recon­quête n’estd’ailleurs pos­sible que grâce à l’appui mas­sif de l’aviation russe. Aucun avion turc ne peut voler sans auto­ri­sa­tion russe et cela change tout. D’ailleurs, lorsque les Syriens et les Turcs se sont échan­gés des tirs d’artillerie il y a quelques jours, les Turcs ont sol­li­ci­té l’autorisation d’envoyer un avion récu­pé­rer­leurs bles­sés. Elle fut refu­sée par les Russes et c’est par camion que furent rapa­triés les bles­sés turcs. 

Cette anec­dote, rap­por­tée par l’Orient Le Jour, en dit long. Pou­tine était aga­cé du ton menaçantd’Erdogan et il lui a rap­pe­lé qui avait les cartes en mains. 

En tout état de cause les affaires du Front al-Nos­ra sont mal enga­gées et on ne peut que s’en réjouir.