Les véri­tables rai­sons de la mort d’Abdelmalek Drouk­dal
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Les véri­tables rai­sons de la mort d’Abdelmalek Drouk­dal

Par Ber­nard Lugan

Abdel­ma­lek Drouk­dal, le chef d’Al-Quaïda pour toute l’Afrique du Nord et pour la bande sahé­lienne, l’homme le plus recher­ché d’Algérie depuis deux décen­nies, a quit­té son sanc­tuaire de Kaby­lie avec son état-major pour rejoindre le nord du Mali où l’armée fran­çaise l’a abat­tu. Il a été « neu­tra­li­sé » dans la région de Tes­sa­lit, en ter­ri­toire toua­reg, ce qui  a son impor­tance.
Deux ques­tions se posent :1) Pour­quoi a‑t-il pris ce risque ?2) Pour­quoi était-il deve­nu gênant pour les Algé­riens qui ne pou­vaient pas ne pas savoir qu’il avait « bou­gé » ?
1) Depuis plu­sieurs semaines, des groupes jiha­distes aux obé­diences diverses et mou­vantes se com­battent dans la BSS (Bande sahé­lo-saha­rienne). Un conflit ouvert y a même écla­té entre l’EIGS (Etat isla­mique dans le Grand Saha­ra), rat­ta­ché à Daech, et les groupes se récla­mant de la mou­vance Al-Qaï­da, l’EIGS accu­sant ces der­niers de tra­hi­son. De fait, les deux prin­ci­paux chefs eth­no-régio­naux de la nébu­leuse Al-Qaï­da, à savoir le Toua­reg ifo­ra Iyad Ag Gha­li et le Peul Ahma­dou Kou­fa, chef de la Kati­ba Maci­na, négo­cient actuel­le­ment avec Bama­ko. 
2) L’Algérie est inquiète de voir que Daech se rap­proche dan­ge­reu­se­ment de ses fron­tières. Or, comme elle consi­dère le nord de la BSS comme son arrière-cour, elle y a donc tou­jours « par­rai­né » les accords de paix. Son homme sur zone est Iyad ag Gha­li dont la famille vit en Algé­rie où il a une mai­son. Poli­ti­que­ment il pré­sente quatre avan­tages :

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