L’éditorial de Fran­çois Mar­cil­hac dans la revue : « Le Bien Commun »

L’éditorial de Fran­çois Mar­cil­hac dans la revue : « Le Bien Commun »

PROTÉGER LES FRANÇAIS, LIBÉRER LES ÉNERGIES

« Le propre de la puis­sance est de pro­té­ger », rap­pelle Pas­cal en un de ses frag­ments. Il ne fai­sait que résu­mer la tra­di­tion capé­tienne, en ce qu’elle incarne de la manière la plus haute l’essence même du poli­tique. Car, oui, l’essence du poli­tique est bien de pro­té­ger les citoyens. D’abord contre les dif­fé­rents périls exté­rieurs (guerres, ingé­rences, influences occultes, migra­tions incon­trô­lées) — c’est ce que Maur­ras appe­lait « la poli­tique du rem­part ». Aus­si nos rois se pro­cla­maient-ils « empe­reurs en leur royaume », afin d’assurer l’indépendance de la nation contre les ambi­tions à la fois de l’empire et de la papau­té. Or aujourd’hui, com­ment ne pas voir qu’avec la com­pli­ci­té de nos gou­ver­nants suc­ces­sifs, l’Europe réunit en son sein les ambi­tions tant de l’empereur ger­ma­nique (la Com­mis­sion, le Par­le­ment euro­péen, voire Ber­lin direc­te­ment) que d’une papau­té judi­ciaire vou­lant impo­ser son idéo­lo­gie droit-de‑l’hommiste (la Cour euro­péenne des droits de l’homme et la Cour de jus­tice de l’Union euro­péenne, bras armé du Conseil de l’Europe), si bien que la Ve Répu­blique ne garan­tit plus la sou­ve­rai­ne­té de la nation. Plus exac­te­ment même, c’est elle, la pré­ten­due monar­chie répu­bli­caine, qui a com­mis cette double tra­hi­son suprême, finis­sant de liqui­der (Maas­tricht, Lis­bonne) ce qu’il pou­vait res­ter, même sous les pré­cé­dentes répu­bliques, d’héritage capé­tien, tout en encou­ra­geant une immi­gra­tion de peu­ple­ment, désor­mais incon­trô­lée, qui est source de dis­lo­ca­tion sociale et cultu­relle, voire de guerres intestines.

Car il est éga­le­ment de l’essence du poli­tique de pro­té­ger les Fran­çais des menaces inté­rieures, les­quelles sont de mul­tiples ordres : l’insécurité bien sûr (galo­pante aujourd’hui), puisque le pre­mier devoir de l’État est d’assurer aux citoyens la sécu­ri­té au moins phy­sique. Mais aus­si les droits abu­sifs que s’arrogent des oli­gar­chies de toute nature aux dépens tant de l’autorité réga­lienne que de la cohé­sion sociale. Comme le pro­cla­mait Louis-Phi­lippe : « Défendre son pays et ses ins­ti­tu­tions contre les attaques des fac­tions, est le pre­mier devoir d’un roi ». Car ce qui est en jeu, ce sont le Bien com­mun et les droits inalié­nables des Fran­çais et, d’abord, des plus faibles d’entre eux, puisqu’ils sont les moins à même de pou­voir se défendre. De ce point de vue, l’arrogance de l’oligarchie au pou­voir, qui consi­dère une par­tie de nos conci­toyens comme « n’étant rien », est à l’opposé du sou­ci capé­tien : de Phi­lippe Auguste qui, avant de mou­rir, conseillait à son fils, le futur Louis VIII, de « faire bonne jus­tice au peuple et sur­tout de pro­té­ger les pauvres et les petits contre l’insolence des orgueilleux », jusqu’à Phi­lippe VII assu­rant : « […La monar­chie] n’oubliera jamais que son pre­mier devoir est de pro­té­ger les faibles contre toute les oppres­sions ». Sans oublier, bien sûr, saint Louis. Or aujourd’hui, nous assis­tons au dépe­çage conti­nu notam­ment du patri­moine éco­no­mique natio­nal, le seul que pos­sèdent les Fran­çais les plus dému­nis, Macron étant tou­jours à la manœuvre. Ain­si, et la liste n’est pas exhaus­tive, après Alstom et Laté­coère, le cala­mi­teux pro­jet Her­cule visant à détruire EDF au pro­fit d’intérêt par­ti­cu­liers, le plus sou­vent étran­gers. Là aus­si, la Répu­blique finit de dis­soudre l’héritage capé­tien. C’est Phi­lippe VII qui rap­pe­lait encore que « la vraie liber­té […] est sur­tout la pro­tec­tion des faibles ».

Mais la Répu­blique détruit éga­le­ment l’héritage capé­tien en conci­liant le libé­ra­lisme le plus délé­tère et la bureau­cra­tie la plus liber­ti­cide, le tout en vio­lant chaque jour davan­tage nos liber­tés les plus fon­da­men­tales sacri­fiées sur le double autel de la lutte contre le ter­ro­risme et de celle contre la pan­dé­mie, tout en fai­sant peser une chape de plomb idéo­lo­gique sur notre liber­té d’expression, en vue de domes­ti­quer nos consciences… Or, s’il faut pro­té­ger les Fran­çais, c’est aus­si pour libé­rer les éner­gies. C’est Louis-Phi­lippe qui rap­pe­lait encore : « Le trône doit être le pro­tec­teur des liber­tés de tous, et c’est dans cette pro­tec­tion qu’il trouve sa soli­di­té. » Ren­dez-vous au mois prochain.

Fran­çois Marcilhac