Impact sur la France de la Révo­lu­tion isla­miste de 1979

Impact sur la France de la Révo­lu­tion isla­miste de 1979

Par Ger­main Phi­lippe

La France, habi­le­ment pas­sée par les frères musul­mans du sta­tut de « pays de la Guerre » à « pays de la trêve », la Répu­blique laïque aurait dû dor­mir sur ses deux oreilles. C’est même ce que croyaient les nigauds du centre-droit sous le sep­ten­nat libé­ral de Gis­card d’Estaing (1973 – 1980). Voi­là pour­quoi, forts du sou­tien de Jean-Paul Sartre pas­sé au maoïsme, les appren­tis sor­ciers démo­crates pro­té­gèrent l’Iman Kho­mei­ny, guide poli­tique et reli­gieux des chiites d’Iran. Pro­fi­tons de l’occasion pour rap­pe­ler aux afi­cio­na­dos de l’explication du monde par la clé eth­nique, que l’Iran ( la Perse !) est un pays de souche indo-euro­péenne, tout comme les celtes. Enva­his par les arabes, les indo-euro­péens ira­niens adop­te­ront l’Islam, mais en le trans­for­mant.

Mais reve­nons au chiisme.

C’est une scis­sion des par­ti­sans d’Ali, récu­sant la légi­ti­mi­té du « cali­fat », c’est-à-dire la direc­tion poli­tique et spi­ri­tuelle des sun­nites. D’où « l’imanat » des chiites dans lequel l’Iman est le des­cen­dant d’Ali et le guide infaillible de la foi. Le chiisme est une reli­gion natio­nale qui a per­mis à l’Iran de sau­ver son iden­ti­té. C’est la reli­gion des pauvres, en révolte contre les exac­tions de leurs maitres arabes. Elle parle au cœur et prend des formes mys­tiques et cha­ris­ma­tiques plus sédui­sante que le juri­disme sun­nite.

Igno­rant super­be­ment l’Islam, en 1978, les démo­crates du pays légal jouèrent donc avec le feu. Leur reli­gion laïque ido­lâ­trant le Pro­grès sans limite, les pous­sa à sou­te­nir la contes­ta­tion pro­gres­siste du pro­lé­ta­riat intel­lec­tuel ira­nien. Celui-ci avait été crée par le Shah pour dif­fu­ser le règne des Lumières en Méso­po­ta­mie. Erreur, le Shah devint l’arroseur arro­sé. Conscient de ne pou­voir entrai­ner les masses popu­laires, les intel­lec­tuels ira­niens pro­gres­sistes s’allièrent contre le Shah avec le cler­gé chiite, seul capable de fédé­rer les mécon­tents, les pauvres et … les femmes ( et oui, et oui ! ). Bien enten­du les révo­lu­tion­naires pro­gres­sistes, une fois le Shah ren­ver­sé, enten­daient se débar­ras­ser de l’allié reli­gieux deve­nu inutile. Le génie de l’Iman Kho­mei­ny fut de ren­ver­ser le sché­ma habi­tuel des révo­lu­tions occi­den­tales. Contre le par­ti intel­lec­tuel et le libé­ra­lisme bour­geois, il prit la tête des pauvres et une fois réus­sie la Révo­lu­tion, mis en pri­son les gau­chistes et les libé­raux pour qui l’islam doit être dis­so­cié de la poli­tique. Tu parles, Kho­mei­ny lui, pen­sait tout le contraire car «  Si l’islam n’est pas poli­tique, il n’est rien ». Rete­nons bien, chers com­pa­triotes, l’islam est poli­tique ou n’est rien !

Bien enten­du les démo­crates fran­çais n’y com­prirent rien. Lorsqu’ils entendent Islam ils pensent islam et donc uni­que­ment reli­gion ; laï­ci­té répu­bli­caine quand tu nous tiens… De toute façon les démo­crates fran­çais pen­saient que les socié­tés musul­manes s’orientaient vers un pro­gres­sisme ins­pi­ré du kéma­lisme turc, du baa­sisme syrien et ira­kien, du nas­sé­risme égyp­tien, de l’américanisme du Shah d’Iran ou du socia­lisme algé­rien et voi­là qu’ils assis­taient hébé­tés à une incroyable renais­sance musul­mane. On ne leur avait pas ensei­gné une telle pos­si­bi­li­té sur les bancs répu­bli­cains de l’E.N.A. Mais pour apprendre la vraie vie, l’E.N.A. n’est pas la meilleure école. Alors, bètes comme leurs pieds, nos démo­crates éclai­rés pré­dirent l’effondrement éco­no­mique de l’Iran, un peu comme celui de la Grande-Bre­tagne suite au Brexit… En 2020 le régime ira­nien tient tou­jours !

Entre temps la Répu­blique ira­nienne ( grâce à un réfé­ren­dum, oui, oui, à 98%) a vic­to­rieu­se­ment lan­cé des enfants fana­ti­sés contre les blin­dés des sun­nites ira­kiens ( guerre : 1980 – 1988). La Répu­blique ira­nienne s’est même offerte une sucre­rie en humi­liant les États-Unis par le siège de leur ambas­sade (52 amé­ri­cains rete­nus en otages pen­dant 444 jours). L’U.R.S.S. a même du s’embourber dans le guê­pier afghan pour évi­ter qu’un régime com­mu­niste allié ne soit ren­ver­sé par les bandes kho­mey­nistes.

Devant de tels suc­cès l’Iman déci­da de trans­for­mer la « France – mai­son de la trêve » en base arrière pour la conquête du Magh­reb.

Il recru­ta dans les mos­quées et les centres cultu­rels musul­mans ins­tal­lés en France, les mili­tants des­ti­nés à chas­ser les « hypo­crites » qui gou­vernent à Tunis, Alger et Rabat. En trans­for­mant la France en sanc­tuaire ter­ro­riste, la Répu­blique ira­nienne a ain­si confir­mé la vieille loi de l’empirisme orga­ni­sa­teur comme quoi « la Répu­blique en France est le règne de l’étranger ».

Dans les années Mit­ter­rand, cette « stra­té­gie d’infiltration de l’immigration » mise au point par l’Iman Komé­nie était-elle cré­dible ? Nous ver­rons pro­chai­ne­ment que oui et quelles en sont en 2020 les consé­quences inat­ten­dues mais dra­ma­tiques pour les fran­çais.

Ger­main Phi­lippe

Pour lire les pré­cé­dentes rubriques de la série «  L’Islam enne­mi n° 1 bis », cli­quer sur les liens.

  1. France, mai­son de la guerre
  2. Mai­son de la treve et ter­ri­toires per­dus de la Repu­blique