A la télé : Secrets d’Histoire : Lucrèce Bor­gia

A la télé : Secrets d’Histoire : Lucrèce Bor­gia

Guil­hem de Tar­lé

Secrets d’Histoire : Lucrèce Bor­gia, une femme au Vati­can, une émis­sion et un DVD de Sté­phane Bern.

Les Bor­gia sont ori­gi­naires de Bor­ja, dans la pro­vince de Valence, en Espagne. Ils don­nèrent deux papes à l’Église : Calixte III (de 1455 à 1458) et son neveu Alexandre VI (de 1492 à 1503), alias Rodri­go Bor­gia.

En cet an de grâce 1492, le Génois Chris­tophe Colomb découvre l’Amérique au pro­fit des rois d’Espagne Fer­di­nand d’Aragon et Isa­belle de Cas­tille qui sont en train d’achever la Recon­quis­ta avec la prise de Gre­nade ; Cha­teau­briand rap­porte qu’à cette occa­sion la Sul­tane Aïcha ser­mon­na son fils, le der­nier roi maure de Gre­nade, avec une belle for­mule qu’elle ne pour­rait pour­tant pas répé­ter aujourd’hui : « Pleure comme une femme ce royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! ».
le nou­veau Pape décerne pour sa part aux sou­ve­rains espa­gnols le titre de « rois très catho­liques ».

« O tem­po­ra, O Mores »…  avant son élec­tion, le car­di­nal Rodri­go Bor­gia avait eu plu­sieurs enfants de plu­sieurs maî­tresses. César et Lucrèce sont res­tés dans l’Histoire. 
César, comme son pré­nom l’y pré­dis­po­sait sans doute, se dis­tin­gua par ses qua­li­tés de chef de guerre et d’administrateur… mais aus­si en trem­pant pro­ba­ble­ment dans l’assassinat de son frère Gio­van­ni, et en invi­tant dans son châ­teau ses prin­ci­paux enne­mis pour les faire exé­cu­ter. Il a ser­vi de modèle au Prince de Machia­vel.

Quant à Lucrèce…

« Au village, sans prétention, 
j’ai mauvaise réputation ».

On l’appela même « la p… du Vati­can », et dans sa pièce épo­nyme Vic­tor Hugo conti­nua à l’accuser. Son pre­mier mariage, à 12 ans, fut annu­lé par Alexandre VI au pré­texte que Gio­van­ni Sfor­za était impuis­sant ; en fait il s’agissait de la don­ner au fils du roi de Naples, Alphonse d’Aragon. Elle por­ta long­temps le deuil de ce second époux, assas­si­né en 1500 à l’instigation de son frère César Bor­gia, puis elle fut rema­riée à Alphonse d’Este, duc de Fer­rare. Elle est dépeinte alors comme une femme du monde esti­mée de tous par sa beau­té, sa gen­tillesse et sa pié­té, pro­tec­trice des artistes.

Ces Secrets d’Histoire de Sté­phane Bern nous intro­duisent dans des châ­teaux et des demeures magni­fiques plan­tés dans de très beaux pay­sages, en côtoyant des per­son­na­li­tés qui ont fait notre His­toire. Je regrette néan­moins que ces DVD, longs de 2 heures, ne soient pas sub­di­vi­sés en cha­pitres qui nous per­met­traient de reve­nir sur tel ou tel point du récit… 
Ici, l’histoire se ter­mine par l’évocation d’un cin­quième membre illustre de la famille, Saint Fran­çois Bor­gia, petit-fils du Pape Alexandre, un jésuite, comme le pape Fran­çois.