Art et Essai : Notre dame

Art et Essai : Notre dame

Par Guil­hem de Tarlé

Notre dame, un film de Valé­rie Don­zel­li, avec Valé­rie Don­zel­li (Maud Crayon, archi­tecte), Tho­mas Sci­me­ca (Mar­tial, son « ex »), Pierre Dela­don­champs (Bac­chus Renard, jour­na­liste), Isa­belle Can­de­lier (Mme le Maire de Paris), Phi­lippe Kate­rine (Mar­tin Guénaud).

« Les échecs, l’im­por­tant c’est de s’en remettre ».
Cette for­mule qui conclut pra­ti­que­ment le film montre que le maître d’œuvre ne s’illu­sion­nait pas sur son ouvrage ciné­ma­to­gra­phique et le… suc­cès qu’il rem­por­te­rait.
Et pour­tant ce scé­na­rio est moins ano­din qu’il n’y paraît.

Il est vrai  en effet  que  bien avant l’in­cen­die un rap­port sur le réamé­na­ge­ment du par­vis de Notre-Dame a été remis au Pré­sident de la Répu­blique par l’ar­chi­tecte Domi­nique Per­rault qui avait reçu dès 2015 une lettre de mis­sion de Fran­çois Hol­lande « en accord avec Mme Anne Hidalgo ».

Il est vrai aus­si qu’une pro­po­si­tion avant-gar­diste – Valé­rie Don­zel­li parle « d’apporter de la moder­ni­té » – allait faire débat, en l’oc­cur­rence une dalle trans­pa­rente…
Et quand le maire de Paris nous sert dans le film l’ar­gu­ment de la Tour Eif­fel… nous le connais­sons trop bien pour l’avoir enten­du jus­ti­fier les éoliennes dans nos campagnes.

Per­met­tez-moi d’i­ma­gi­ner qu’à l’o­ri­gine ce long-métrage était une com­mande pour contrer pré­ven­ti­ve­ment et col­ler une éti­quette à ceux qui s’op­po­se­raient à ce pro­jet de réamé­na­ge­ment…
Mais il y a eu l’in­cen­die… qui chan­geait la donne… Il a bien fal­lu que la réa­li­sa­trice « s’en remette » avec une réa­li­sa­tion dont la rai­son ďêtre n’é­tait plus la même.

Quand  Valé­rie Don­zel­li pré­tend que Notre-Dame est  « un peu la star de (son) film »… qu’elle a « fil­mé un monu­ment qu’(elle) aime »… de qui se moque-t-elle ?  A moins qu’elle n’ait cou­pé au mon­tage toutes les pho­tos du « monu­ment » pour faire une place à de l’exhibitionnisme ?
Quant au titre Notre dame lui-même, dont on remar­que­ra l’absence de majus­cule à Dame, il relève de l’op­por­tu­nisme blas­phé­ma­toire pour atti­rer le gogo qui s’i­ma­gine aller voir un docu­men­taire sur la cathédrale .

Dom­mage, il y avait quelques idées plai­santes, et peut-être même une cari­ca­ture en fili­grane de Mme Hidal­go, Notre Drame de Paris.