Pan­dé­mie : A quand le retour du politique ?

Pan­dé­mie : A quand le retour du politique ?

Par Oli­vier Perceval

En cette période funeste de confi­ne­ment, les chaînes d’information conti­nues nous abreuvent de mes­sages sta­tis­tiques concoc­tés par Jérôme Salo­mon, désor­mais célèbre porte-parole médi­cal du gou­ver­ne­ment, lequel aug­mente chaque jour, gra­duel­le­ment, sur un ton com­pas­sé, le nombre des mau­vaises nouvelles.

La grande peur des bien-pen­sants, aujourd‘hui, est consti­tuée par ce qui pour­rait pour­tant être une heu­reuse nou­velle : Une embel­lie dans la moro­si­té, un peu d’espoir qui nous vient de Mar­seille. La fameuse « hydroxy­chlo­ro­quine » dont on nous expli­quait qu’elle ne pou­vait être pres­crite que dans les cas graves dans les condi­tions inverses de celles qui sont pré­co­ni­sées par son prin­ci­pal pro­mo­teur. Cette res­tric­tion fut levée le len­de­main ( !) mais encore sous contrôle à l’hôpital ; la méde­cine de ville est hors jeu !

Nous assis­tons là, me semble-t-il, à un nou­vel épi­sode des vieilles lour­deurs de l’académie de méde­cine, tou­jours en retard d’un com­bat et plus sou­cieuse de pré­ser­ver sa res­pec­ta­bi­li­té pro­té­gée par le dogme du pro­to­cole de la recherche que de jeter toutes ses forces dans la guerre pour­tant décla­rée par le pré­sident Macron.

Sou­ve­nons-nous d’un cer­tain Pas­teur, qui lui aus­si, en son temps eut à souf­frir de vio­lentes attaques des man­da­rins. Il n’é­tait pas du sérail. Pire, il n’é­tait pas méde­cin, même s’il obtint son diplôme de doc­teur en méde­cine à l’u­ni­ver­si­té de Bonn, en 1868, à l’âge de 46 ans. Cer­tains pontes médi­caux le lui rap­pe­laient en le trai­tant de « chi­miatre » ! Membre de l’A­ca­dé­mie des sciences depuis 1862, il n’a été élu à l’A­ca­dé­mie de méde­cine, en 1873, qu’à une voix de majo­ri­té. Mais son cas n’est pas iso­lé : Rap­pe­lons par exemple que, mal­gré son prix Nobel de méde­cine en 1965, le bio­lo­giste André Lwoff ne fut jamais élu à l’Académie…

Sur les pla­teaux, les jour­na­listes sont par­ta­gés, pour fina­le­ment conclure inva­ria­ble­ment qu’ils « ne sont pas méde­cins », invi­tant leurs contra­dic­teurs à conve­nir de la même chose dans un réflexe sté­ri­li­sant d’humilité suspecte.

C’est au nom de cette même humi­li­té qu’ils invitent l’un des plus grands viro­logues de la pla­nète à raser les murs, cause per­due d’avance compte-tenu de ce que l’on sait de son caractère !

Pour­tant, de plus en plus nom­breux sont les méde­cins, grands pontes ou simples pra­ti­ciens, à reven­di­quer un accès plus souple au Plaquenil.

Pour reve­nir à Pas­teur, c’est d’abord l’enthousiasme popu­laire pour ses décou­vertes, et une poli­tique volon­ta­riste de Napo­léon III, qui lui per­mit de faire valoir sa vision nova­trice face à la méde­cine offi­cielle et recon­nue, embour­bée dans les toges trop longues de ses man­da­rins. Certes, il prit un « risque » 

Pro­tes­tant, au cours d’une émis­sion, l’excellente Eli­sa­beth Lévy s’exclama : « Non à la médecinocratie… » 

En s’exprimant ain­si elle deman­dait au chef de l’État de sor­tir enfin de ses conseils pour prendre une déci­sion poli­tique, qui ne relève, à ce stade ultime, que de sa seule compétence.

On attend tou­jours l’acte « jupi­té­rien » et désintéressé.