Éco­lo­gie inté­grale et iden­ti­té : réponse à Gaul­tier Bès

Éco­lo­gie inté­grale et iden­ti­té : réponse à Gaul­tier Bès

  • Post category:A la Une

Le direc­teur adjoint de la revue Limite a publié dans Marianne une tri­bune, dans laquelle il réfute que l’écologie inté­grale soit liée à l’identité. Est-ce contra­dic­toire avec le titre-même de Limite qui induit la notion de fron­tière ? Droit de réponse par Axel Tisserand.

Comme Gaul­tier Bès de Berc [1], je n’aime guère, moi non plus, « la polé­mique, sur­tout à l’heure du numé­rique où la réac­tion pré­cède et rem­place bien sou­vent la réflexion ». Comme lui aus­si, je pense que « le mal­en­ten­du s’éclaircit aisé­ment pour­vu qu’on fasse un peu d’histoire des idées, de manière fac­tuelle et non biai­sée. » Gaul­tier Bès, direc­teur-adjoint de la revue Limite, est reve­nu dans Marianne sur le concept d’ « éco­lo­gie inté­grale », accu­sée récem­ment d’être une éco­lo­gie iden­ti­taire, notam­ment dans Libé­ra­tion [2]. Pire : « L’accusation la plus gros­sière (et récur­rente tant une cer­taine paro­die du jour­na­lisme se réduit à un copié-col­lé hâtif) concerne notre filia­tion sup­po­sée à Charles Maur­ras. » Aus­si, com­pre­nons-nous que Gaul­tier outra­gé, Gaul­tier bri­sé, Gaul­tier mar­ty­ri­sé veuille enfin se libé­rer d’une accu­sa­tion aus­si diffamatoire !

Il ne s’agit pas de repro­cher à Gaul­tier Bès de refu­ser une filia­tion maur­ras­sienne qui n’est sans doute pas la sienne, et c’est bien son droit !, mais, plu­tôt, et dans un copié-col­lé hâtif de tout ce qui traîne sur Maur­ras, de récu­ser cette filia­tion comme une souillure qui risque de deve­nir média­ti­que­ment indé­lé­bile si elle n’est pas dénon­cée aus­si­tôt avec la plus extrême fer­me­té. Et de se pla­cer, dans une autre filia­tion, celle de Mari­tain, qui, on le sait, après avoir été un com­pa­gnon de route de l’Action fran­çaise, notam­ment au sein de la Revue uni­ver­selle, en rai­son d’une « impar­don­nable légè­re­té », selon sa femme Raïs­sa, ce qui est tout de même une expli­ca­tion un peu courte, tour­na casaque, en 1927, après la mise à l’index de l’Action fran­çaise par le pape Pie XI à la toute fin de décembre 1926.

La suite