Mali : la guerre est-elle perdue ?
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Mali : la guerre est-elle perdue ?

Jeu­di 18 avril, au Mali, sous la pres­sion des isla­mistes maîtres de la rue, le Pre­mier ministre Sou­mey­lou Bou­bèye Maï­ga a choi­si de démis­sion­ner avant d’être chas­sé par une motion de cen­sure et une mani­fes­ta­tion des­ti­née à faire pres­sion sur les dépu­tés. Dans cette crise télé­gui­dée par des notables isla­mistes ral­liés au wah­ha­bisme et qui pour­suivent des buts per­son­nels en alliance avec les jiha­distes de Iyad ag Gha­li, qui sera le pro­chain Pre­mier ministre ? Quoiqu’il en soit, l’incertitude gran­dit pour le pré­sident Ibra­him Bou­ba­car Kei­ta (IBK), de plus en plus fra­gi­li­sé poli­ti­que­ment et confron­té à une grève des ensei­gnants, à une forte grogne sociale et à une situa­tion sécu­ri­taire qui se dégrade très fortement.

Au milieu de ces luttes de pou­voir aux­quelles elle est tota­le­ment étran­gère, se trouve la force Bar­khane qui doit faire face à un cli­mat de plus en plus hos­tile. Ain­si, le ven­dre­di 5 avril, à Bama­ko, à l’appel de Mah­moud Dicko, imam wah­ha­bite dont le man­dat de pré­sident du Haut conseil isla­mique du Mali s’achève le 21 avril 2019, et du ché­rif de Nio­ro Moha­med Ould Bouyé, des dizaines de mil­liers de mani­fes­tants exi­gèrent le départ du pré­sident IBK. Ils étaient por­teurs de ban­de­roles sur les­quelles était ins­crit « Le seul pro­blème du Mali c’est la France » ou « Stop au géno­cide de la France au Mali ». Les sou­ve­nirs de la liesse accueillant les sol­dats de Ser­val sont bien oubliés…

Pour le moment, le pré­sident IBK est sou­te­nu par les diri­geants de la Ligue des imams et éru­dits pour la soli­da­ri­té isla­mique au Mali laquelle n’avait pas appe­lé à la mani­fes­ta­tion, et par le célèbre pré­di­ca­teur Che­rif Ous­mane Mada­ni Hai­da­ra par­ti­san de l’islam tra­di­tion­nel face au wah­ha­bisme impor­té par les pré­di­ca­teurs saoudiens.

La suite sur le blog offi­ciel de Ber­nard Lugan