Leur France idéale : petit por­trait de ce que serait le pays sans ces fâcheux qui irritent tant les « bien-pen­sants »
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Leur France idéale : petit por­trait de ce que serait le pays sans ces fâcheux qui irritent tant les « bien-pen­sants »

De Natha­lie Loi­seau uti­li­sant Ausch­witz pour délé­gi­ti­mer tous ceux qui ne par­tagent pas sa vision de l’Europe à l’analyse de Domi­nique Schnap­per sur ces Fran­çais qui détes­te­raient Emma­nuel Macron car il est trop brillant, les fan­tasmes d’une France débar­ras­sée de toutes ces dis­so­nances sont plus nom­breux que jamais.

Atlan­ti­co : En quoi les thé­ma­tiques sui­vantes sont-elles accu­sées ou ins­tru­men­ta­li­sées, dans une volon­té de rétré­cis­se­ment vers ce qui pour­rait être consi­dé­ré comme « une petite France idéale » ? 

En quoi le conser­va­tisme est-il deve­nu une cible pri­vi­lé­giée ?

Chris­tophe Bou­tin : Le conser­va­tisme est la cible pri­vi­lé­giée du « camp de la rai­son » parce que ce der­nier est celui du pro­gres­sisme et que le conser­va­tisme est son abso­lue anti­thèse. Le conser­va­tisme n’est en effet ni une réac­tion, qui vou­drait reve­nir à un pas­sé mythi­fié, un Âge d’or sur lequel fina­le­ment per­sonne n’est jamais vrai­ment d’accord, ni un fixisme, qui inter­di­rait toute évo­lu­tion de notre bel aujourd’hui. C’est une doc­trine qui pense l’homme dans un cadre d’appartenance, la Cité, sans lequel il ne serait, selon le mot célèbre du Sta­gy­rite, qu’« une bête ou un dieu », infra ou supra-humain donc, mais en tout cas aucu­ne­ment humain.

 Or cette Cité qui donne tant à l’homme ne s’est pas créée par la réunion autour d’une table de quelques tech­no­crates mêmes géniaux, et s’il y eut bien des théé­tètes, ces der­niers n’usèrent jamais que de l’existant pour aider à struc­tu­rer le corps social. On connaît la fameuse phrase de Joseph de Maistre sur la rédac­tion d’une consti­tu­tion qui doit, dit le cham­bé­rien, uni­que­ment répondre à ce pro­blème : « Étant don­nées la popu­la­tion, les mœurs, la reli­gion, la situa­tion géo­gra­phique, les rela­tions poli­tiques, les richesses, les bonnes et les mau­vaises qua­li­tés d’une cer­taine nation, trou­ver les lois qui lui conviennent ». « Étant don­né »… Il ne s’agit donc pas de créer un homme nou­veau, comme dans ces pen­sées uto­piques dont le pro­gres­sisme n’est qu’un nou­vel ava­tar, ren­du plus dan­ge­reux seule­ment parce que l’évolution des sciences et tech­niques lui per­met de croire appro­cher, par le « trans-huma­nisme », la liber­té infi­nie de celui qui se serait fait Dieu.

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