Gilets jaunes : « Macron a les pieds et les poings liés par l’U­nion européenne »

Gilets jaunes : « Macron a les pieds et les poings liés par l’U­nion européenne »

« Ne res­tent aux gou­ver­nants natio­naux que deux outils dis­po­nibles : la fis­ca­li­té et le coût du tra­vail », affirme Cora­lie Delaume. LUDOVIC MARIN/AFP

Aug­men­ta­tion du SMIC et des retraites, taxa­tion des très grandes entre­prises, pro­tec­tion de l’in­dus­trie fran­çaise, fin de la poli­tique d’aus­té­ri­té et redé­ploie­ment des ser­vices publics : telles sont les reven­di­ca­tions des Gilets jaunes révé­lées la semaine der­nière dans la presse. Le réta­blis­se­ment d’une véri­table démo­cra­tie fait éga­le­ment par­tie des demandes récurrentes.

L’Eu­rope est en revanche absente des mots d’ordre et des slo­gans. Pour­tant, aucune des demandes for­ma­li­sées n’est réa­li­sable dans l’U­nion euro­péenne actuelle, dans le Mar­ché unique et dans l’Eu­ro, qui sont le cadre à l’in­té­rieur duquel prennent place les poli­tiques natio­nales. Les gou­ver­ne­ments natio­naux ne sont fina­le­ment que des relais consen­tants de l’UE, des fon­dés de pou­voir satis­faits de leur impuissance.

L’U­nion euro­péenne est plus qu’une simple orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale. Elle n’est pas inter­gou­ver­ne­men­tale mais supra­na­tio­nale. Les juristes disent que la Cour de jus­tice des com­mu­nau­tés a « consti­tu­tion­na­li­sé les trai­tés » via deux juris­pru­dences de 1963 et 1964. Autre­ment dit, la Cour a fait naître un ordre juri­dique inédit et posé les bases d’un pro­to-fédé­ra­lisme sans que les peuples soient consul­tés – ni même aver­tis – de la venue au monde d’une quasi-Constitution.

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