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Ce libé­ra­lisme sans frein qui écrase les pays et les producteurs.

Le libé­ra­lisme mon­dia­li­sé paraît aujourd’­hui si domi­na­teur que rien ne semble devoir l’é­bran­ler, et la cin­glante réplique de Mar­ga­ret That­cher aux par­ti­sans du key­né­sia­nisme, « There is no alter­na­tive », a désor­mais valeur d’i­déo­lo­gie offi­cielle à la tête de l’U­nion euro­péenne, si bien incar­née par la rigi­di­té tech­no­cra­tique d’un Pierre Mos­co­vi­ci qui s’en prend aujourd’­hui aux États espa­gnol et ita­lien parce que ceux-ci, après des années d’aus­té­ri­té, sou­haitent redis­tri­buer plus jus­te­ment (même si l’on peut dis­cu­ter des aspects de cette redis­tri­bu­tion) les fruits des efforts pré­cé­dents : après tout, il n’est pas injuste de vou­loir redon­ner un peu d’air à des popu­la­tions « de base » sur les­quelles ont long­temps repo­sé les poli­tiques de res­tric­tion bud­gé­taires tan­dis que les grandes socié­tés mul­ti­na­tio­nales locales, elles, se sont avé­rées par­fois fort géné­reuses avec leurs action­naires… Mais la Com­mis­sion euro­péenne ne l’en­tend pas de cette oreille, arguant que les dettes publiques de ces deux États sont trop éle­vées pour se per­mettre de faire des « cadeaux » aux contri­buables espa­gnols et ita­liens, et elle a même reje­té le bud­get de l’I­ta­lie ce mar­di. La France pour­rait bien, d’ailleurs, faire les frais de cette intran­si­geance euro­péenne, au risque d’ac­cen­tuer encore un mécon­ten­te­ment social et popu­laire qui ne se limite pas aux seuls retrai­tés. La « pro­messe de l’Eu­rope » semble bien s’être noyée dans les consi­dé­ra­tions comp­tables, celles-la mêmes que mépri­sait de Gaulle, non pour les nier mais pour les remettre à leur place qui ne doit pas être la première.

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